Si le quart de finale doit se jouer entre les USA et la France, cela ne sera pas sur une défaillance technique ou physique. Cela se jouera sur le schéma tactique, le banc et la force mentale des deux équipes.

Une cohésion de groupe forte mais nouvelle pour la France

Sur le choix tactique, la France a décidé de rester sur le même principe et avec les mêmes joueuses. Corinne Diacre a pris 23 joueuses pour vivre cette Coupe du Monde. Si toutes ont joué dans les matches de préparation, toutes n’ont pas joué en compétition.

Aissatou Tounkara, Emelyne Laurent, Julie Debever, Maeva Clemaron, Pauline Peyraud Magnin et Solène Durand les gardiennes n’ont pas eu une minute de jeu. On peut ajouter Sakina Karchaoui (2′), Grace geyoro (5′) à ce décompte. Soit 8 joueuses sur le banc. Qui pourtant n’ont pas bougé une oreille, un mot, un état d’âme. Toutes sont concentrées sur la réussite du groupe. Aissatou le confirme en conférence de presse. Julie Debever, pleine d’expérience mais jeune internationale, l’a dit. “Nous sommes des joueuses de compléments et heureuses de l’être.”

Corinne Diacre tourne à 15 pour ses choix tactiques avec Eve Perisset pour faire reposer Marion Torrent, Charlotte Bilbault pour faire souffler Elise Bussaglia. Les seules questions sont simples. Elles s’appellent Delphine Cascarino et Viviane Asseyi. Deux attaquantes. Titulaires ou sur le banc ?

Les choix tactiques de Corinne Diacre sont donc très simples. Cela limite beaucoup les possibilités de commentaires des observateurs.

Cel aurait pu créer une dissension au sein du groupe. Bien que les Bleues de 2011, 2015 étaient aussi connues à l’avance. Sauf que là, il y a une différence. La France sait qu’elle n’a pas le talent pour être certaine de vaincre comme dans les périodes passées. Il lui fait autre chose, et ce quelque chose, les Bleues ont choisi l’unité et le mental.

Tous ceux qui ont suivi depuis des années les Bleues savent que l’unité n’était pas la première de leurs qualités.

Le mental des Bleues, leur nouvelle arme.

Le mental des Bleues a été testé plus d’une fois dans ce Mondial 2019. D’abord la dimension médiatique et émotionnelle contre la Corée du Sud, ensuite le match contre la Norvège (2-1) où elles n’ont aspiré qu’à la victoire. Puis le Nigéria, encore plus difficile car gagné à la limite (1-0). Puis ce 1/8e contre le Brésil (2-1).

Bougées, ballotées mais finalement vainqueurs car plus fortes sur le fil face à leurs adversaires.

Trois matches sur quatre où elles auraient pu exploser. Et où elles ont gagnée. Les françaises ont un mental supérieur aux américaines. Fort contre la Thaïlande, moins fort contre le Chili, bousculé contre la Suède. Très défaillant contre l’Espagne en 1/8e.

Tourné vers le Moi, mon initiative, sans capacité d’adaptation à la performance de l’autre.

Le management participatif de Corinne Diacre.

Après la victoire contre le Nigéria, bousculée par cette dernière (0-1), un match dans la continuité de la difficulté contre la Norvège Corinne Diacre avait dit : “Il était très important qu’elles s’expriment car ce sont elles qui s’expriment sur le terrain. Ce sont Elles qui savent ce qu’elles peuvent faire ou ne pas faire en fonction du projet de jeu qu’on a mis en place”.

Pas de doute, il y a tous les principes du management participatif dans ces propos. A chacun son job, le manager de définir le projet et la stratégie. Les joueuses de trouver les moyens de les appliquer et de réussir.

On vous avait dit l’apport important de Richard Ouvrard dans la gestion mentale de leur performance. Adepte de l’autonomie et de la prise de responsabilité des joueuses. Les deux se sont entendus et rencontrés. Visiblement, les choses sont plutôt positives sur ce plan. Les filles sont bien actrices du projet.

Pourquoi veulent-elles plus la Coupe du Monde que les américaines ? 

C’est à Elles d’y répondre, mais la victoire se jouera certainement là, Vendredi soir dans un Parc des Princes plein et un bon 15 de millions de spectateurs devant leur écran.

On peut proposer :

  • Elles sont plus fortes en tant qu’équipe.
  • Elles ont déjà gagné les américaines.
  • Certaines joueuses veulent flamber avec une telle audience potentielle.
  • Elles veulent gagner car elles le méritent
  • Elles veulent gagner pour leurs familles.
  • Elles veulent gagner car elles sont plus fortes individuellement qu’elles.
  • Elles ont faim d’une Coupe du Monde qu’elles n’ont jamais gouté
  • Elles ne veulent pas partir sans rien.
  • Elles ne veulent pas s’abonner aux cours d’anglais du football féminin
  • Elles ne veulent pas que les lumières s’éteignent.
  • Elles ne veulent pas mourir pour renaître, petite, dans un championnat avec rien comme souvenirs.

Elles veulent vivre encore et toujours le bonheur de l’émotion d’un Mondial quand tu peux partir et que, toi, tu restes. Un sourire qui vous illumine à jamais.

William Commegrain Lesfeminines.fr