LA VAR et la règle. Corinne Diacre donnera l’information lors de la conférence de presse d’après match. Si la FIFA a décidé d’offrir aux féminines un nouvel outil, la VAR, elle a rajouté un règlement qui n’existait pas au Mondial 2018 en Russie. L’obligation pour la gardienne d’avoir au moins l’un des deux pieds sur la ligne pour valider un pénalty.

On imagine le scandale, voire la révolution qui serait intervenue si la règle avait été mise en place en 2018. Là, la coach française, comme Gaetane Thiney le précisait en zone mixte : “il y a eu des formations sur le sujet, on était au courant”. Il ne fallait pas chercher chez les françaises des Bleues qui trouvent la décision “unfair”.

Même la gardienne nigériane en pleurs, ne disait pas autre chose. Sauf qu’elle avait la sensation d’être restée sur sa ligne. Sauf que le pénalty s’était terminé poteau sortant. D’où l’utilité de la sanction pour la gardienne ? Sauf que la règle avait été fixé le 1er Juin pour un tournoi démarrant le 7, les françaises averties le 4.

La règle est la règle. Dans un monde de femmes, cela ne se discute pas.

Un public féminin, champion du Monde.

28.267 spectateurs avaient envahi le Roazhen Park. La note positive de ce match, les français ne souhaitant qu’une seule chose, voir les Bleues l’emporter. Peu importe la manière et le contenu. Victoire, il y a. bretons heureux seront là. Un public qui chante, souffle, accompagne toutes les actions des Bleues dans le camp adverse quand l’EDF masculine aurait eu “bonca” sur “bronca” devant le peu de tirs cadrés, et la pauvreté offensive de la première mi-temps.

La zone mixte et la conférence de presse. On allait voir les joueuses et les Bleues pour leur authenticité. A la sortie de la zone mixte et de la conférence de presse, est-il souhaitable de se poser la question de la diplomatie des réponses ? Les journalistes sportifs parlent de “langue de bois”. Il est à espérer que les propos en internes soient différents des réponses officielles.

C’est cependant difficile à estimer. S’il y a une unanimité dans les tribunes pour s’inquiéter du contenu, visiblement les interrogations du dessus ne sont pas celles du terrain. Il convient alors de se poser la question “avons-nous bien vu ?” ou “avons-nous bien traduit les réponses diplomatiques données ?”. Tout cela nous amène au football et nous éloigne du football féminin. Une trajectoire modifiée de manière bien trop anticipée.

Le match : sil la France voulait sortir du concert des favoris, elle a réussi son challenge. 

Dans un groupe A qui a joué un 3e match sans saveur, les Bleues ont fourni un prestation faite de passes approximatives, sans déplacements ou mouvements offensifs et avec une “progression défensive”, au dire de Corinne Diacre. Effectivement, Griedge MBock a bien pris Asisat Oshoala (20′), en-dedans de ses capacités habituelles, qui n’a jamais pu déborder la défenseuse française, nettement à la hauteur.

Mais Corinne Diacre parlait d’un jeu défensif collectif défaillant face à la Norvège et là, bien présent pour elle. Pourquoi pas, faut-il encore que le Nigéria est fourni une prestation “fortissimo”. Cela n’a pas été le cas. On a vu un Nigéria correct mais sans plus.

Un jeu minimaliste où les Bleues ne sont présents que sur coup de pied arrêtés. 

Reste que normalement, on gagne en marquant des buts. Et à cet égard, la production des Bleues a été inexistante.

Ne cherchez pas un seul mouvement significatif. Une production française d’écolière, le jour de l’ouverture du baccalauréat. Bien propre, les titres soulignés, mais l’énergie oubliée. Ce n’est pas que les nigérianes soient flamboyantes, poussant la France à la réserve. C’est que les Bleues n’ont rien de “l’énergie” tant saluée par Jill Ellis de son équipe d’hier soir.

Cinq coups de pied arrêtés. Un corner de gaetane Thiney qui donne une belle volée d’Henry (17′). Un coup d’Amel Majri sur Thiney (29′) qui finit extérieur. Amel Majri et Gaetane Thiney qui se cherchent sur un corner (34′) et un coup franc dans la foulée (38′). Qui le tire ? Qui fera quoi ? Rien ne marche, et les Bleues semblent marcher plutôt que proposer à l’exception d’Amel Majri qui propose et Amandine Henry qui récupère.

Un moment d’espoir avec un double contact de Delphine Cascarino (41) qui fait lever le public, prêt à tout pour vibrer.

Le moteur français a des ratés. On craint même qu’il ne se noie.

Une seconde mi-temps animée mais sans efficacité.

le véritable souci n’est pas tant dans l’animation offensive de meilleure qualité que lors du premier acte ; c’est que les Bleues 2019 ont produit un jeu qu’ont connait depuis 2015, pour les observateurs. Des mouvements, des possibilités mais rien au fond. D’où le sentiment distinct entre la presse et le terrain.

Un air de déjà vu a été joué qui n’a pu que décevoir la presse, au stade pour s’enchanter tout en enchantant le public. Un public venu pour espérer et qui a espéré.

L’espoir tue-t-il l’espoir ? 

C’est une question philosophique. A trop faire espérer, les Bleues ne vont-elles pas perdre leur public et les médias ? C’est une question qui n’est pas loin d’être factuelle. Personne ne le souhaite mais une lumière s’est allumée qu’il faudra éteindre le dimanche 23 Juin au Havre pour les 1/8e à venir.

En sachant que les adversaires mettront, au minimum, le même impact que les adversaires de ce soir. Il faudra alors que Delphine Cascarino (50′) cadre sa frappe puissante au bout d’une action à trois. Que Gaetane Thiney mette dans le cadre son gauche qui sort extérieur (59′). Que Charlotte Bilbault sorte moins de passes directes. Trois d’un coup. Que Gaetane Thiney  finisse mieux une belle action Perisset, Henry, Asseyi (66′). Il faudra beaucoup plus d’efficacité.

Le fait du match !!! La VAR et les nouvelles règles, règle de riches ?!

La VAR intervient sur une faute d’Ebere qui descend Asseyi. Passé inaperçu dans un premier temps par l’arbitre, rappelée à l’ordre par la VAR. Direction l’écran puis le geste habituel maintenant. Rectangle, coup de sifflet et pénalty. S’ensuit pour la joueuse concernée un second carton jaune et une exclusion.

Ne demandez pas aux nigérianes de comprendre l’utilisation de la VAR. L’égalité n’est pas de ce monde. Comment voulez-vous que des joueuses intégrent dans leur jeu une règle qui demande des outils qu’elles n’utiliseront jamais au quotidien. En économie, on appelle cela instaurer des barrières non-tarifaires pour empêcher les pays africains d’exporter dans les pays développés. Là, on est face à un outil, limite “discriminant”. Pour ne pas être sanctionné, encore fait-il avoir les moyens de s’entraîner.

Puis, second justice FIFA et injustice sportive. Aucun pied ne touche la ligne. Le pénalty est à retirer. Wendie Renard, fautive sur le premier, frappe le second et marque le seul but de la rencontre (0-1, 80′).

Les équipes parlent de progression dans le tournoi. Sur ce match, même si Corinne Diacre pense que les Bleues ont progressé défensivement, l’avis général était plutôt une régression.

A voir pour le match des 1/8e à venir au Havre.

William Commegrain Lesfeminines.fr

La tendance en zone mixte était très simple :

Gaetane Thiney : Q. Les feminines. Peux tu me résumer en 3 mots le match ? “3 points, 9 points, Qualifiée en 1/8e”

Tout le reste sera de la diplomatie.