Six décisions prises par la VAR que l’arbitrage n’aurait pas pris, huit avec celui du pénalty italien, retiré à la demande de la VAR. Très souvent sollicité lors de la retransmissions des matches, la VAR n’aura changé que 8 fois le cours des 18 premières rencontres de la 8e Coupe du Monde qui en compte 52.

Après une présence en fanfare donnant d’ailleurs à la France le premier but de la finale du Mondial 2018 contre la Croatie, comment allez se comporter cet outil tant discuté dans la compétition féminine ?

C’est une nouveauté dans le football féminin. Annoncée par surprise, sous l’angle de l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes, faisant quasiment oublier la guerre du football synthétique du Mondial 2015 tombée dans les oubliettes des recherches internet de google.

Même le pénalty de l’Italie, arrêté par Shneider, demandé par la VAR une première fois et redemandé une seconde fois n’a pas fait bouger un cil aux filles. Seul, un carton jaune pour la gardienne pour avoir dit 3 mots quand chez les hommes, l’arbitre serait monté à 180 pulsations minutes.

La VAR a un bilan globalement positif dû à plusieurs facteurs.

La non-contestation des décisions arbitrales par les féminines.

Un outil que les féminines comprennent d’autant mieux qu’elles n’ont pas l’habitude d’aller contre les décisions arbitrales. Pas une Griedge MBock qui court vers l’arbitre pour l’impressionner après le refus de son but au Parc des princes, à la maison. On cherche encore le “gri-gri” que l’infortunée Nothando VILAKAZI de l’Afrique du Sud aurait déposé devant le vestiaire de l’arbitre chilienne Maria CARVAJAL pour l’avoir sanctionné d’une faute et d’un second carton jaune contre l’Espagne. Que dire des mains frôlés involontairement qui ont fait basculer le score de la rencontre.

A l’image du rugby qui prend sur lui quand une décision est prise, l’éducation sportive des féminines aide à la bonne utilisation de cet outil.

Il en est de même pour les coaches et les joueuses.

J’en veux pour preuve la réaction, Mercredi soir, du coach norvégien Martin Sjogren, en conférence de presse après la défaite de son équipe (2-1) contre la France dans son second match de poule. “Je ne sais pas s’il y avait pénalty ou pas, c’est une décision de l’arbitre et il faut l’accepter”. La joueuse avait terminé son geste sur le genou de Marion Torrent, qui pour une fois, s’était roulée à terre. Un pénalty discutable qui pour moi, n’y était pas. La plupart des journalistes parlaient d’une jurisprudence espagnole avec le geste de Nothando VILAKAZI qui s’était terminé dans le bas-ventre, sur le mouvement. Que je n’aurais pas plus sanctionné d’un pénalty.

Les norvégiennes sont passées en zone mixte. Sans un mot de particulier et la joueuse concernée n’était pas dans la colère. Elles étaient toutes dans leur match perdu, tout simplement. Pourtant sur le terrain, ce coup du sort leur avait donné un coup de fouet.

Griedge M’Bock, directement concernée avec son but refusé lors du match d’ouverture, réfléchissait à cette double émotion en zone mixte. Un but refusé pour elle, un pénalty accordé pour son équipe. Confirmant, la proposition que je lui avais faite “La Var, plutôt un outil juste”.

Même Vadao, le coach brésilien y va de son “soutien”.

Pourtant, la position n’est pas si facile pour avoir pris le dernier but (csc) après intervention de la VAR alors que l’arbitre de ligne avait signalé un hors jeu de Sam Kerr. Le match se terminant sur une défaite brésilienne (3-2) les condamnant à un bon résultat contre l’Italie.

Il reconnait “que la VAR aide à minimiser les erreurs d’arbitrage car le football est un jeu rapide et dynamique dont les détails peuvent échapper sur l’instant à l’arbitre“. Elle n’exonère pas d’erreurs potentielles qui peuvent causer des dégâts mais au final, “c’est bien l’arbitre qui garde la décision finale.”

Quels sont les pays qui ont été favorisés par les décisions de la VAR ou au contraire, pénalisés. 

L’Espagne pourra ouvrir un saint siège à la VAR. Etant menée (0-1) par l’Afrique du Sud, très loin dans le classement FIFA, la Roja aura bénéficié de deux pénaltys et d’une exclusion grâce à l’arbitrage vidéo.

Un saint-Siège que l’Italie lui aura donné sans problème. Les italiennes se sont vues retirés deux buts dans le même match avec la VAR !

L’Angleterre (2-1) et la Corée du Sud (0-4) sont les autres gagnants même si pour l’équipe asiatique, cela n’a pas eu d’effets. Quant à la France, le bilan est équilibré alors que la Norvège et le Brésil ont vraiment perdu leurs matches suite à l’intervention de la VAR.

William Commegrain Lesfeminines.fr

Bilan des décisions significatives de la VAR avec lien vidéo.