L’ex-coach de Juvisy, toujours présent dans le football féminin, demi-finaliste de la Women’s Champions League en 2013, une des seules à avoir titillé l’Olympique Lyonnais avec une équipe amateur, avait envie de parler d’Amel Majri quand je lui ai laissé libre choix sur la joueuse qu’elle voulait mettre en valeur lors de FRANCE – COREE du SUD.

Cela aurait pu être Amandine Henry, Wendy Renard double buteuse voire Gaetane Thiney ou Kadidiatou Diani qu’elle avait vu débuter sous ses ordres en 2013 et mettre l’unique but des essonniennes en 1/2 finale retour de la WCL contre l’OL (1-6).

Déjà les premiers mots sur le match. “Une bonne rentrée en matière. Une bonne première mi-temps dans le sens où on a réussi à se procurer beaucoup d’occasions et après la difficulté de jouer contre des bloc bas avec l’obligation de mettre de la vitesse dans les transmissions, à une touche de balle. Là, ce qui est important face à un bloc bas, ce sont les coups de pieds arrêtés qui nous permettent de prendre le large. En plus, peu mises en difficulté, à part les petites erreurs d’Elise et de Wendie. Il faut dire une Corée faible dont l’objectif était de ne pas se prendre trop de buts. Ce qu’elles n’ont pas réussi.”

J’ai voulu parler d’Amel Majri car je voulais savoir comment elle allait réagir après ses petits soucis musculaires et la charge de la Champion’s League.

Pour moi, Amel est une des plus constantes depuis longtemps. Que ce soit en Club comme en Equipe de France. C’est ce que j’apprécie chez elle. Une arrière latérale qui prend des initiatives offensives et qui sait faire aussi les efforts défensifs. Elle s’entend bien avec Eugènie. L’entrée intérieur d’Eugènie et Amel qui défend, c’est un scénario qu’on a vu plusieurs fois. On sent qu’elle veut apporter dans ce domaine et qu’elle possède le coffre pour le faire. 

Mais ce que j’aime en plus, c’est la qualité de ses centres. Elle peyt encore s’améliorer si elle pouvait utiliser un peu plus son pied droit. Et en plus, elle est pas maladroite devant le but. Elle en a marqué des buts. 

Même sur un match comme celui de Vendredi, c’est compliqué de briller puisque le bloc est bas, donc la profondeur tu ne l’as possède plus trop. C’est vraiment un atout pour l’Equipe de France, cet apport offensif. 

Sur le match, Coco l’a fait sortir et c’est une bonne chose car je l’ai vu avoir une ou deux fois une petite douleur (elle le précisera dans la conférence de presse d’avant-match en disant qu’elle avait senti des crampes à la 60′). Je pense qu’elle va apporter encore plus pour les matches à venir, il y en a encore derrière. Il va falloir qu’elle se gère suivant les matches. Ce match était là pour qu’elle reprenne un peu (CFP, Amel Majri confirme qu’elle n’a pas fait les deux derniers matches de préparation pour se reposer).

On ne peut pas dire qu’elle a ébloui le jeu mais elle a fait correctement son match. Ce qui est sûr c’est que tu ne peux pas te permettre de ne pas faire jouer une joueuse comme cela.

Elle devait avoir pour consigne de faire attention ? D’ailleurs quand elle est remplacée, elle l’est par Eve Perisset qui n’est pas une grande attaquante et surtout droitière quand Amel évolue à gauche. Elle tient un rôle de défenseuse et Corinne Diacre l’a dit lors de la Conférence de presse qui a suivi son annonce des 23 à TF1. Elle veut une défense qui ne prenne aucun risque. 

Amel Majri, je l’avais vu en finale du championnat U19 à Clermont (2013). Elle avait ébloui la rencontre, devant mais c’est Faustine Robert qui avait dansé en prenant le titre (1-0) alors à Montpellier. La joueuse a été élue meilleure joueuse de la région Rhône Alpes en 2018, devant Nabil Fekir. Le Lion d’Or. Pas mal.

Sandrine Mathivet pour Lesfeminines.fr avec William Commegrain (en gras).