Seule équipe à jouer ce soir, devant pas loin de 30 millions d’audience TV avec un maximum de 7 millions pour l’hexagone, les Bleues ont marqué cette ouverture du Mondial devant les 529 autres joueuses du 8e Mondial, devant leur écran sans aucun doute. Avec un résumé très simple. Si la Corée du Sud a été faible, les Bleues ont été puissantes et efficaces. Elles ont fait le job et (+). Le coeur bien remplie de bonnes énergies. 

La démonstration est totalement française dans cette ouverture et les Bleues ne se sont jamais posées la moindre question. Jouant pour une première, dans un Parc plein, propulsant comme attendu, le record de spectateurs à 45.261 au lieu des 25.000 du Roazhen Park, comme on joue à la maison. Concentrées et à l’affut des opportunités.

Si les buteuses sont à saluer pour leur performance individuelle, il faut trouver dans l’envie et le sérieux des Bleues, la force mentale qu’elles avaient préparé pour mettre un terme à cette réputation que les 1/4 des compétitions précédentes leur avaient donné. Elles ne tiennent pas à l’émotion.

L’enjeu était fort. L’ouverture d’un Mondial à la maison. Un stade plein, des chants. Une équipe qui attend ce moment depuis 23 mois. La France qui chante. Une médiatisation à la dimension du football masculin. 136 pays qui retransmettent la compétition. Un produit estampillé FIFA qui traverse la planète et en face des joueuses, ceux et celles qui les ont vu grandir, se former, s’arracher. La Famille.

Les Bleues, maîtres de leurs émotions.

Elles ont écrit une nouvelle page ce soir, à l’encre du coeur, face à la 14e équipe FIFA, inexistante dans ce match, et dont Corinne Diacre souligne en conférence de presse, “Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’écart. Je pense qu’à contrario de nous, elle a mis un petit peu de temps à entrer dans le match. Elle a moins bien géré le côté émotionnel. Je pense qu’elle va faire souffrir la Norvège et le Nigéria”.

La force collective française.

L’envie pouvait être si forte qu’un jeu décousue en découle. Le scénario des Bleues ce soir a été si parfait que les françaises ont pris graduellement le match en main, mais en mettant très rapidement la barre à un niveau où la Corée du Sud, avertie comme tout le monde d’une tempête, ne s’est pas demandée si elle ne s’était pas focalisée sur le Parc des Princes. Gaetane Thiney, en zone mixte précisait : On a été très forte dans les 20 premières minutes, mais physiquement on a donné énormément en pressant haut pour récupérer haut et les déborder.”

La joueuse du Paris FC touchera peu de ballons dans ce premier acte, volontairement il s’agit de se déplacer et de jouer sur les côtés. Le jeu se passe au-dessus avec une Kadidiatou Diani qui combine avec Eugènie Le Sommer pour une perforation plein centre, dans le carré magique (7′) ou sur les côtés, Marion Torrent, intenable sur la droite, fait descendre si bas son adversaire qu’elle la transforme en défenseur, spectateur des centres (5′, 6′, 8′) et présences des deux françaises, associée avec Delphine Cascarino.

C’est le milieu défensif français qui distribue le jeu. Au début avec Amandine Henry, ensuite seulement par Elise Bussaglia. Toutes les autres joueuses se plaçant dans les quarante mètres du Matin Calme, là, pas très calme, à se positionner pour faire mal et mettre ce but salvateur.

On attendra pas longtemps. L’envie et la différence étaient trop fortes. Une récupération haute d’Amandine Henry qui pénètre dans la surface pour glisser un centre en retrait et voire Eugènie Le Sommer fondre sur sa proie et la propulser sous la barre (9′, 1-0) quand la défense coréenne était encore sur ses appuis. Espérant intercepter ce ballon sans bouger. Le 75e but pour la lyonnaise, à six unités du record de Marinette Pichon. Pour l’instant, d’abord le but libérateur des Bleues.

Les coréennes n’apparaissent qu’à deux occasions dans cette première mi-temps que les Bleues veulent totalement Bleue. Des contres joués sur la ligne, repris par Griedge M’Bock (16′) dont le souci au genou ne se manifestera pas, sauf à voir l’énorme … sur sa jambe gauche. Marion Torrent se battra pour empêcher le second, à sa manière si athlétique qu’on ne peut que se souvenir de ce docu sur ses entraînements avec son compagnon, joueur de football américain. Il y aura quatre mains sur cette Coupe du Monde si la montpelliéraine la soulève. C’est vrai que  la performance et la préparation physique a une grand place dans ma vie. C’est mon prochain travail et c’est ce qui me permet de performer de jour en jour.”

Contre tout cela, les joueuses en Blanc, adversaires des Bleues d’un soir, n’ont plus qu’à attendre que le match se termine. Il y a des jours comme cela. Devant elles et contre Elles, il y a une force supplémentaire qui les dépassent. Le savent-elles ? Elles qui en zone mixte, baisseront la tête. Assommées. La tête dans le sac.

La tête de Wendie Renard

Wendie est grande. 1m87. Elle a un slogan qui lui va bien dans ce football : “je veux être forte dans les deux surfaces”. Capitaine lyonnaise et leadeur de l’équipe de France, reconnue par toutes, notamment par la nouvelle Maeva Clemaron, architecte qui n’a complété avec un grand sourire que les fondations des Bleues étaient “en béton armé” après avoir glissé que la grande Elle peut apporter à l’équipe son gabarit, sa taille, son envie. C’est un cadre dans le groupe. Un leader, elle le montre à chaque fois qu’elle met un pied sur le terrain. Elle est indispensable à l’équipe et au groupe comme on a pu le voir ce soir.”

Il faut dire que la défenseur centrale a marqué un grand coup avec deux buts sur corner (36′, 45+2), de la tête servie par Gaetane Thiney pour l’un, Amel Majri pour l’autre. En conférence de presse, elle résumait les choses ainsi pour ses 21 et 22e but en Bleues : C’est très rare, en plus en Coupe du Monde je n’ai jamais marqué. Cela fait vraiment du bien sur le plan personnel. Collectivement, ce sont des buts très importants puisqu’ils sont juste avant la mi-temps. Cela aide pour la confiance.”

Ce serait oublier l’incroyable corner des Bleues que la VAR a puni de la pire des injustices. Un orteil pour lui donner une réalité. Un corner d’école avec Gaetane Thiney pour Amel Majri, qui donne la balle à Eugènie Le Sommer. La meilleure buteuse des Bleues en activité dépose la balle sur la tête de Wendie qui la remet à Griedge MBock. Second retourné de la jeune lyonnaises et but des Bleues qui a cinq passeuses décisives (28′). Refusé.

Griedge, en zone mixte, avait les yeux qui brillaient. c’est pas de chance. Il faut vite switcher. On avait encore beaucoup de temps devant nous pour marquer. C’est ce qu’on fait.” Une réponse collective pour un but collectif.

La puissance d’Amandine Henry

Amandine Henry, avait mal au dos. Bon, heureusement qu’on l’a su parce que on ne l’a pas vu. Inaccessible en zone mixte pour cause de contrôle anti-dopage, la capitaine des Bleues a donné encore plus que les autres en allant chercher des ballons si haut qu’elle a eu la première occasion des Bleues, dès la 2′, d’un intérieur qui lui revient dans la surface, extérieur. Le second elle l’offre à Eugènie Le Sommer. Et le troisième, elle se l’assure part un intérieur puissant tiré hors de la surface (4-0, 85′).

Un match rêvé joué comme un rêve.

Les Bleues ont joué un match de rêve. Si l’écart est vrai entre les deux nations, les Bleues se sont rendues le match facile grâce à un superbe mental, transformant la pression de cette ouverture en carburant d’envies de gagner à la maison. Une grande maison de 45.261 spectateurs et de plusieurs millions de spectateurs (7 en France), une trentaine de millions.

Sarah Bouhaddi, spectatrice du match, jamais inquiétée, s’exprima en zone mixte : Voir les équipes coéquipières marquer des buts c’est agréable. Tout en restant concentrée. Si je peux vivre tous les matches de la Coupe du Monde ainsi, cela me va très bien.” 

N’oubliant pas de préciser, comme cadre de cette équipe : “Mais demain il fait se remettre au travail car il y des choses à corriger aussi !” Dans la lignée d’une autre joueuse expérimentée, Gaetane Thiney : Je pense qu’il y a beaucoup de maturité à cette équipe et en même temps beaucoup de jeunesse à certains postes. Cela fait un bon mélange. II y a pleine choses à améliorer. On est des sportives de haut niveau et on aime cela. On va progresser.

Elles ont frappé un grand coup. Seule équipe à jouer. Pas loin de 30 millions de personnes ont dû voir ce match et surtout toutes les joueuses du mondial.

Je terminerais mon résumé avec Corinne Diacre : “C’est difficile à dire. Je pense que les autres nations nous positionnent en favori de la compétition car on est le pays hôte. Maintenant, si on peut faire peur à ces équipes, pourvu que cela dure !”

William Commegrain Lesfeminines.fr

France – Corée du Sud- MONDIAL – 45.261 spectateurs. Parc des Princes, Paris – Match d’ouverture – 7 Juin 2019. 21 heures. Arbitres : Claudia Umperriez (URU), Luciana MASCARANA (URU), Monica AMBOYA (ECU). 4e arbitre Melissa BORJAS (Hon).

Arbitre VAR Maura Vigliano. Arbitre VAR HJ : Felisha Mariscal

But :

  • Eugènie Le Sommer sur centre d’Amandine Henry (1-0, 9’)
  • Wendie Renard sur corner de gaetane Thiney (2-0, 36’)
  • Wendie Renard sur corner d’Amel Majri (3-0, 45’+2)
  • Amandine henry sur passe d’Eugènie Le Sommer (4-0, 85’)

France : Sarah Bouhaddi – Marion Torrent, Griedge M’Bock Nba, Wendie Renard, Amel Majri (74’, Eve Perisset) – Amandine Henry (cap), Elise Bussaglia -, Delphine Cascarino (74’ Valérie Gauvin), Gaetane Thiney (86′, Grace Geyoro), Eugènie Le Sommer -. Kadidiatou Diani

Coach : Corinne Diacre. 

Banc :

  • 70 ‘(IN) Valérie Gauvin (OUT) Delphine Cascarino
  • 74′ (IN) Eve Perisset (OUT) Amel Majri
  • 86′ (IN) Grace Geyoro (OUT) Gaetane Thiney

Non utilisées : Solène Durand (KG), Pauline Peyraud-Magnin, Aissatou Tounkara, Julie Debever, Sakina Karchoui, Charlotte Bilbault, Maeva Clemaron, Viviane Asseyi, Emelyne Laurent. 

Corée du Sud : Kim MinJung (18) – Selgi Jang (16), Doyeon KIM (5, Boram HWANG (4), Hyeri KIM (20) – So Hyun SO (8), Youngju LEE (15) – Gummin LEE (17), Soyun JI (10), Yumi KANG (12) (52’)- Seolbin JUNG (11) (86, YEO Minji Coach : Dukeyo YOON. 

Banc :

  • 52′ (IN) KANG Chaerim (23) (OUT) Yumi KANG
  • 69’ (IN) (OUT) LEE Youngju
  • 86′ (IN) YEO Minji (OUT) Seolbin JUNG

Non utilisées : KANG Gaae (1), LEE Eunmi (2), JEONG Yeonga (3), LIM Seonjoo (6), LIM Min A (7), MOON Mira (9), (13), SHIN Damyeong (14), LEE Sodam (19), JUNG Boram (21),, KIM Minjung (18).