Les filles étaient amateurs en 2011.

L’aventure des Bleues dans le coeur des français a commencé en 2011, au lendemain de Krisnah et de la grève de l’entrainement des hommes pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud.

Pour les joueuses, tout a débuté lors du quart de finale gagné aux tirs au but face à l’Angleterre. Après avoir été menées 1-0, elles égalisent dans les dernières minutes de la fin de la rencontre par Elise Bussaglia et éliminent dans la foulée l’Angleterre pour bondir en 1/2 finale face aux USA. Un exploit incroyable pour une équipe de France qui en était à son deuxième mondial, après celui de 2003.

Les médias se sont reportés sur elles. Une demi-finale mondiale et un jeu attractif. Le tout confirmé avec les jeux Olympiques de Londres en 2012, l’année suivante, pour une autre demi, perdue contre le Japon.

Avec le début de l’Olympique Lyonnais qui confirmait sa main mise sur le football des clubs européens, dans la lignée d’une finale de la Women’s Champions League perdu aux tirs au but en 2010, gagnée en 2011 et 2012 face aux clubs allemands, leaders européens.

Le football féminin français prenait le “LA” sur le football allemand. Le meilleur de l’Europe.

A cette époque, le football féminin était amateur. Seul l’Olympique Lyonnais demandait à ses joueuses d’être totalement consacrées au football professionnel. Les autres étaient en études, travail et s’entraînaient le soir.

Nous sommes en 2019 et la quasi-totalité des clubs de l’élite (D1F) demandent à leurs joueuses d’être exclusivement tournées vers le professionnalisme. C’est à dire d’être salariées de leurs clubs.

D’un football de passion exercée par les joueuses, on est donc sur un football professionnel, payées par leurs clubs, indemnisées à 48.000 euros pour représenter la France, avec des obligations contractuelles.

Les Bleues. Le football professionnel de 2019

Le grand changement entre ces deux mondiaux est bien là. Les joueuses sont toutes sous contrat et exercent en priorité, le métier de footballeuse, même si certaines ont une activité à mi-temps.

Qu’elles soient au PSG, OL, Montpellier, Guingamp, Bordeaux, Paris FC, les moyens en staff et en suivi comme dans l’analyse des phases de travail et de récupération sont réfléchies, organisées et structurées. Elles ont des obligations contractuelles qu’elles doivent à leurs sponsors quand elles en ont, partenaires ou clubs. Dans le respect des règles comme dans les obligations de représentation.

Elles savent précisément qui elles sont, mentalement, physiquement, techniquement et tactiquement et ce qu’on leur demande de faire. Elles l’entendent et le comprennent. On est passé à un autre niveau de production qui pourrait se résumer ainsi : “c’est leur travail !”.

Payées pour cela.

D’un “football passion” on est passé à un “football travail”.

Pour quel(s) résultat(s) ?

Un résultat positif pour les clubs avec une homogénéité dans les 2/3 d’un championnat à 12. Des têtes des clubs de D2F qui pourraient être en D1F mais toujours cette différence entre ce ventre mou et la tête de championnat qui s’est creusée, avec l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint Germain.

Le système de la professionnalisation a crée des inégalités de moyens évidents.

Un résultat insuffisant pour l’Equipe de France 

Pour les Bleues, la professionnalisation n’a pas généré de résultats positifs, même plus. Un recul.

De deux demi-finales consécutives (2011 et 2012) les Bleues professionnelles sont passées en 1/4 avec l’Euro 2013, le Mondial 2015, les JO 2016 et l’Euro 2017.

En conclusion, pour l’instant, si tout a bougé dans le football féminin, la Fédération a besoin d’y retrouver ses petits. Elle devient exigeante sur l’objectif. Certains envisagent la création d’une Ligue de Football Professionnelle.

Professionnalisation, rémunération entraînent obligations.

D’où peut-être l’objectif fixé d’une finale mondiale.

William Commegrain Lesfeminines.fr