France-Chine. Vendredi 31 mai. 21 heures. Stade Duvauchelle (Créteil). La Chine devrait exploser face à la France.

Le match face à la Thaïlande (34e FIFA) à Orléans (3-0) de Samedi dernier a montré une équipe de France nettement au-dessus de son adversaire, ce qui est loin d’être une surprise, ne butant que sur le dernier geste avec une ouverture tardive (61′, 1-0) quand les buts s’annonçaient pour s’enfiler comme des perles. Plus d’une trentaine d’occasions pour trois buts en fin de rencontre, dont quelqu’uns sur des fautes grossières des inexpérimentées thaïlandaises.

Un “12-0” aurait été envisageable, simple constat d’ailleurs de la différence entre des joueuses “professionnelles” telles que les Bleues et des thaïlandaises, amateurs qui s’entrainent de rares fois par semaine, avec un onze de titulaires qui oblige au premier remplacement, à aller quasiment chercher “la cuisinière” pour faire la seizième.

Un match au final correct des Bleues qui est en droit d’être une source d’interrogation sans être un doute. La préparation physique avait été forte, les jambes lourdes mais la tête était bien là. Le même match aux Etats-Unis par des américaines se serait écrit au son des clairons, chantant “Viva América”. Les américaines, Camille Abily et Amandine Henry nous le disent, voient toujours le résultat. Peu importe la manière.

Il reste que les Bleues sont les Bleues de France, tout justes sorties “d’un repas familial” à plus d’un milliard d’euros et où l’objectif fixé du Coq n’est de regarder qu’au niveau d’un titre. Là, Champion du Monde. En dessous, c’est devenu “petit bras”.

En conséquence, La France va exploser les Roses d’Aciers parce qu’elle en a besoin vu que c’est ce qui est demandé par l’environnement. Ce qui est moins le cas de ses adversaires chinoises.

Première raison ; Des Bleues lyonnaises, au repos samedi, titulaires sur le terrain à Créteil.

Face à la Thaïlande, les titulaires étaient sur le banc. Un constat qui n’est pas une injure mais une réalité. Même si une compétition se joue à vingt-trois, il y a des titulaires et des remplaçantes. Corinne Diacre parle, dans la dernière vidéo, de treize à quatorze joueuses qu’elle peut insérer comme titulaires.

Ces titulaires vont entrer. Même si l’objectif n’est pas de jouer le match d’ouverture avant le 7 juin, les lyonnaises vont entrer pour faire mal. Pour avoir vu la difficulté de Samedi dernier à marquer, les lyonnaises vont faire mal d’entrée.

D’abord, c’est un principe lyonnais. Ensuite, elles étaient sur le banc et on s’est aperçu, que les joueuses qui entrent avec Corinne Diacre, donnent la même qualité de jeu voire mieux.

C’est ainsi que Diani a réalisé un doublé, tout simplement en bénéficiant du travail de sape fait par ses coéquipières, mais aussi en voulant apporter le plus manquant, qu’elle n’a pu que ressentir sur le banc. Les Bleues manquant d’efficacité avec un premier but à la 61′ (1-0) d’Elise Bussaglia, … elle a été très efficace avec son doublé (78′, 86′) après son entrée (64′).

Deuxième raison : Passer le message de la force des Bleues. 

Dans le football féminin, le score passé aux autres est toujours une information. La première pierre à la victoire. Les adversaires sont impressionnées par plus fort. Combattantes elles se mettent immédiatement en position de challenger. Elles n’ont pas le même comportement que chez les hommes sachant bien mieux que les autres, qu’il n’y a pas assez d’homogénéité en terme de niveau.

Et passer de challenger à favori, c’est un véritable gouffre en 95 minutes. Lyon le pratique très bien et les deux ex-coaches lyonnais, Farid Benstiti et Patrice Lair, qui ont lancé le Paris Saint Germain le savent très bien. A chaque match, ils demandaient encore plus de buts. Toujours plus de buts, pour marquer les esprits des adversaires à venir.

Comme le dit Jean-Michel Aulas, “entre être près d’une Coupe et l’habitude de l’avoir, cela n’a rien à voir.” Les joueuses vont taper la Chine parce qu’elles veulent faire passer le message. Et là, Corinne Diacre qui fait bien attention à ce que les françaises ne jouent pas l’ouverture avant l’ouverture ne pourra pas grand chose. Cela se fera sur le terrain.

Troisième raison ; Une motivation extrinsèque forte. On a mis une dynamite aux Bleues. 

On a mis les Bleues dans un cadre de motivation exceptionnel. C’est de la dynamite qui a été insérée dans leurs esprits et dans leurs coeurs, indétectable au contrôle anti-dopage.

Les médias sont très nombreux. La fédération est très présente, pas loin d’avoir réservé les Champs ou du moins pensé à le faire. On a parlé pendant un temps de la visite du Président Macron. Les messages de la gagne touchent à l’obligation. Le message féminin s’impose dans les magasines nationaux. La Coupe du Monde en Russie devient l’indicateur : titre. Les télévisions parlent d’elles de plus en plus. Les journalistes qui les découvrent, dans la logique de 2018, ne finissent pas leurs phrases et arguments, autrement que Finale et titre. Comme en 1998, en 1984. Un monde où l’internet et l’Euro n’existaient pas. C’est oublier 2002, 2010, 2014 et la chance d’avoir eu Zinedine Zidane en 2006.

A souhaiter que personne ne les ait interrogé sur les européennes et l’émergence du parti animalier, voire plus facilement, de celui écologique.

Du jamais vu. Si une fois, Marie-José Pérec a vécu la même chose.

Les journalistes professionnels des grands médias ne peuvent pas entendre cela, eux habitués à ce Barnum du spectacle. Ils associent le football professionnel des filles au monde professionnel masculin. Le mot professionnel est commun. Une erreur de communication des stratèges de la fédération, élément de langage qu’elles ont sur-utilisées pour demander une égalité et qui maintenant met la barre très haute. Dans la réalité, on en est très loin.

Les féminines jouent habituellement devant 300 à 500 personnes, familles et chiens compris. Il y a foule avec 1000 personnes. Pour l’équipe de France, on est plus près des 8.000 en dehors des licenciés au stade que des 48.000 qui vont occuper le Parc des Princes, du 7 juin 2019. Loin d’être des licenciés.

Seules les lyonnaises ont joué devant un tel nombre de personnes. C’était en 2012 en Allemagne, mais il y a longtemps comme certaines de 2015 et 2016. Le tout à l’étranger, dans l’anonymat de la préparation d’avant-match. Là, je me demande si les filles ont réussi à ne jamais croiser une caméra, un journaliste, une exposition dans une demi-journée ?

J’imagine la motivation que le repas partagé avec les champions du Monde a dû donner. Elle, comme des “petites filles” devant des gars qui se l’ont joué “très star”. Conviviaux mais au-dessus. Les patrons. Formalisés au plus haut niveau dans la récupération des chambres du Château. Aucun doute que les proprios se sont eux. Même pour un match amical.

A elles d’être championnes du monde et on en reparlera.

Rien n’est habituel. Tout est exceptionnel, et traité de manière normale, habituelle. Rien pour l’expulser réellement. Tout reste à l’intérieur. A chacune de le digérer.

Tout cela crée un niveau d’exigence jamais vu pour les Bleues que le match face à la Thaïlande n’a pas rempli. Trop de déchets offensifs.

Et que celui de Créteil va remplir. Cela ne peut que faire mal pour les Roses d’Aciers.

Il est impossible d’envisager autre chose que des Bleues à hauteur de l’ambition fixée par l’environnement. Même si Duvauchelle a reçu son seul match de football féminin en 2011 avec un match nul entre le Paris Saint Germain et l’Olympique Lyonnais (0-0).

Les Roses d’Aciers ont un groupe “de la mort”

Farid Benstiti, coach qui a pris les deux derniers titres nationaux chinois, nous a précisé dans son interview récente que le championnat chinois était de qualité.

Elles sont dans un groupe difficile, et doivent prendre une 2e place, pour passer ce tour de qualification comme au Canada et à Rio, sous la houlette de Bruno Bini.

En 2015, au Mondial canadien, elles avaient joué le match d’ouverture et tenu tête aux futurs 1/4 de finaliste en ne cédant que sur pénalty, à la toute fin de la rencontre (1-0). En 2016, sous la houlette de Bruno Bini, le Canada les avaient joué à Charlety juste avant leur départ. Un match perdu face à 100 personnes au maximum mais un quart de finale olympique au bout pour les troupes du frenchman avec une défaite serrée (1-0) contre l’Allemagne, future médaillée d’Or.

Les “Roses d’Aciers”, 16e FIFA, ont besoin de garder de l’énergie pour être présente contre l’Allemagne (2e FIFA) et l’Espagne (13e) pour une Coupe du Monde qui arrive quasiment demain, notamment en s’opposant à l’Allemagne (2e FIFA), dès le lendemain de l’ouverture, et qui veut réécrire son histoire. Remarquez une belle histoire avec deux titres (2003 et 2007) et l’Or à Rio (2016).

L’Espagne est une nation montante (13e Fifa) qui peut aller dans le dernier carré, avec le Fc Barcelone en finale européenne mais surtout les titres et finales européennes des U19 comme le titre de vice-championne du monde des U20 obtenu en France l’année dernière.

De sacrés adversaires. Les chinoises sont différentes en amical et en compétition. Elles ne joueront pas la Coupe du Monde avant de la commencer, parce que ce n’est pas du tout leur intérêt.

16e équipe FIFA face à la 4e française. S’il y a la même motivation, la même envie, il y a une différence de niveau entre les deux équipes même si Wuang Shuang, meilleure joueuse d’Asie 2018, nous a montré l’étendue de sa finesse avec son année réussie au Paris Saint Germain.

Compte tenu de tout cela, entre une gestion chinoise et le besoin français, je vois un gros score des Bleues, pas loin d’une manita (5-0) même si Eugènie Le Sommer, doit toujours se reposer et Amel Majri, être aussi mise de côté, par sécurité. Le contraire poserait des problèmes.

William Commegrain Lesfeminines.fr

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