Les allemandes ne sont plus championnes d’Europe (huit fois), les Pays-bas l’ont pris en 2017. Elles ne sont plus championne du Monde (2003 et 2007). Elles sont juste médaille d’Or aux derniers JO (2016), pour la première fois de leur histoire. Une compétition qui leur échappait. Jamais sur le podium depuis ses six éditions. Comme un bouton sur le visage pour la Mannschaft, seconde mondiale depuis que le classement FIFA a été mis en place. Jamais troisième, six mois première.

Par contre là. A l’image du féminisme qui est entré par la grande porte dans le monde du football, poussant à droite et à gauche et réussissant à faire dire aux plus machistes, que si t’es homophobe, creuse ta tombe dans le cimetière de l’oubli et va chercher immédiatement, la compagne de ta fille ou le compagnon de ton fils que, misérable, croyant suivre la croyance de tous, tu as jeté prestement à la porte. Histoire de dire, pas chez toi et pourquoi pas chez les autres.

Le mot d’ordre des femmes du football, au plus haut niveau, pour cette 8e Coupe du Monde, a été de dire : “bougeons les choses. On va jouer féminin et surtout pas football !”. Toutes les sélections s’y sont mises. Un petit peu salé pour certaines. De sucré pour d’autres.

Là, c’est la Commerzbank, sponsor de l’équipe féminine de football.

Un sponsor qui a décidé de pimenter. Voilà le texte traduit de leur clip.

  • Alexandra Popp : Weißt du eigentlich, wie ich heiße? – Est-ce que tu sais quel est mon nom? |
  • Melanie Leupolz : Und ich?- Et moi? |
  • Marozsan : Mmmh Genau – Mmmh Exactement ?
  • Wir spielen für eine Nation, die unsere Namen nicht kennt – Nous jouons pour une nation qui ne connaît pas nos noms. |
  • Aber, dass wir drei mal Europameisterinnen waren, weißt du schon? Nicht? – Mais que nous avons été Championnes d’Europe trois fois, tu le sais? Non?
  • |Stimmt, es war ja auch acht Mal. – Et oui, c’est vrai, c’était huit fois. |
  • Beim ersten Titel gab es dafür ein Kaffeeservice. – Pour le premier titre il y avait un service à café. [comme récompense] |
  • Seit es uns gibt, treten wir nicht nur gegen Gegner an, sondern vor allem gegen Vorurteile. – Depuis que nous existons nous affrontons des adversaires, mais surtout des préjugés. |
  • Frauen sind zum Kinderkriegen da. – Les femmes sont là pour avoir des enfants |
  • Gehören in die Waschküche – leur place est dans la buanderie |
  • Wie Amateurfußball nur in Zeitlupe – Comme le foot amateur au ralenti |
  • Aber weißt du was? Wir brauchen keine Eier, wir, wir haben Pferdeschwänze. – Tu sais quelque chose. Nous n’avons pas besoin de couilles, nous, nous avons des queues de cheval. |
  • Wie bitte? – Comment? ….. |
  • Wir sind die mit Schminke im Gesicht – Nous sommes celles avec du maquillage au visage |
  • die gern Stöckelschuhe tragen – qui aiment porter des talons hauts |
  • und Overknees Oh ja! – Et des overknees et oui! |
  • wir tanzen gern – nous aimons danser |
  • Wir stehen auf Typen, die wissen, was sie wollen – nous craquons pour des types qui savent ce qu’ils veulent |
  • Unsere Vorbilder, die sind wir längst selbst – Nos modèles, depuis longtemps nous le sommes nous-même |
  • Es ist OK, du musst dir unsere Gesichter nicht merken – C’est OK, tu ne dois pas retenir nos visages |
  • Nur, was wir wollen – Seulement ce que nous, nous voulons |
  • Spielen … unser Spiel – Jouer … notre jeu |
  • Unser beat – Notre beat |

Seit 10 Jahren superstolzer Partner der Frauen-Nationalmannschaft – Depuis dix ans super-fier partenaire de la Frauen-Nationalmannschaft Commerzbank, die Bank an eurer Seite –  Commerzbank, la banque à votre côté

Le football est-il féministe ? Question inutile.

Vous voyez du football là-dedans ? Une promesse de titre ? Non. L’idée est ailleurs. Le football est féminin, il devient féministe.

Qui a empêché les filles de jouer ? Personne ? Qui a des préjugés pour empêcher une fille de jouer au foot ? Plus personne, super rare. On est en 2020 et pas en 1990. Aujourd’hui, comme hier, personne n’a rien contre les hauts talons, les overknees, le fait de danser et d’aller taper un ballon ou autre chose. Encore moins d’aimer des types ou surtout, des filles qui ont du caractère.

Les gens aiment ou n’aiment pas le football féminin. C’est à lui de se faire aimer dans le jeu. Les stades seront correctement remplis. Les TV sont là. La FIFA et l’UEFA développent le football féminin.

Non, l’idée est ailleurs. Utiliser le féminisme et le mettre à la sauce football.

Pourquoi pas. Mais soyons clair. Il faut être onze pour faire une équipe. Il faut beaucoup se déplacer pour faire un championnat. Il faut des parents qui suivent. Il faut beaucoup de choses pour construire du volume dans le football et le foot est loin d’être le seul sport qui développe des valeurs de qualité quand on voit ce qu’il est pour les hommes. Racisme. Egocentrisme. Surmédiatisation. Violence des messages dans les stades. Voilà des défauts bien prononcés, chez les gars.

Utiliser le marketing de masse en 2020 quand la tendance actuelle est de jouer Valeur et Local. C’est très risqué.

Prendre le football en otage du féminisme aussi. La course au volume n’est pas nécessairement la course à la qualité ni à l’identité.

Les spécialistes du marketing s’en foutent. Avec de la masse, même en triant, il restera toujours de la masse. Sauf que si tu demandes à des 15-20 ans si le football féminin les intéresse. Elles s’en foutent. C’est exactement la tranche d’âge ou, tu continues le sport ou tu découvres autre chose.

Pari risqué. Jouer le conflit quand le monde devient partage.

Sauf qu’il y a peut-être conflit. Alors, c’est à chacun d’entre-nous de changer ! Quand est-ce qu’on parle football ?

William Commegrain Lesfeminines.fr. Traduction Gerd Weidemann pour Lesféminines.fr