En direct Sur France 4 et Eurosport (19 heures). Le football féminin a RDV avec l’Histoire. Suivant le résultat de la finale de Coupe de France entre l’Olympique Lyonnais et le Losc lillois ce soir (19h00), on pourra dire que cette pratique a basculé ou non, dans une nouvelle dimension.

La D1F est-elle un abîme de différences ou enfin, est-elle arrivée à l’homogénéité ? 

Est-ce la gloire perpétuelle lyonnaise (13 titres consécutifs, 9 Coupes de France, 5 Coupes d’Europe) qui nous donne RDV toutes les fins de saison, comme un RDV sectaire réservée aux passionnées féminines et féministes, répétant inlassablement, “on est les meilleurs” ou allons nous trouver l’exploit de la compétition nous démontrant qu’un club relégué en D2F lors de la dernière journée, va donner du fil à retordre, au meilleur club européen ?

C’est que Lille est une équipe qui sait jouer les gros du championnat (voir résultats ci-dessous). 1 victoire contre le Paris Fc, 3 nuls contre le PSG, Paris Fc et Montpellier. Six défaites sur des scores serrés à l’exception de la 1ère journée, avec notamment un (1-0) contre Lyon. Aucun doute, si Lille descend, il faut chercher les raisons du côté des adversaires au maintien mais pas auprès des cadors du championnat.

Deux années en D1F ne leur ont pas donné la pratique de cette division. Perdre même lourdement contre le Top 5 et surtout gagner les matches face à ses adversaires pour le maintien. Sur ce point, la sanction est tombée. La descente en D2F.

Lille, as-tu du coeur ? 

Il reste que le caractère et la jeunesse lilloise sont eux, toujours là. La sanction simple d’un match en 90′ sans prolongation ouvre les portes à l’exploit. Le PSG l’a fait en 2018, stoppant la série de six coupes consécutives lyonnaises. Grenoble (D2F) a tenu le (0-0) pendant 94′ en 1/2 finale 2019. Lyon avait les plus grandes difficultés pour gagner la Coupe de France avant 2012. Lille est une équipe qui sait jouer le Top 5 du championnat de France. Rachel Saïdi, qui vient juste de quitter le terrain, est proche de ses joueuses. Ses mots sont simples et justes.

Les lilloises peuvent y croire, d’autant qu’elles ont pratiqué le scénario en éliminant le Paris FC des 1/2 finales.

Pour des raisons bien simples. Un niveau athlétique qui a réduit les différences, une capacité technique qui permet des contres et surtout, une confiance en soi qui, là, ne devra pas être ébranlée par la réputation lyonnaise trouvant de quoi rêver avec cette remontada anglaise de Liverpool sur Barcelone, la veille.

Lille au Nord, est bien plus anglaise que Lyon, dominateur au centre de la France.

A l’inverse d’une Coupe du Monde qui va passer comme un éclair conjoncturel, si le Losc lillois de la jeune Lina Boussaha (19 ans, prêtée par le PSG) qui a le talent d’être placée au bon endroit et de faire le geste qu’il faut pour que cela entre ; Ouleye Sarr (23 ans, prêtée par le PSG), membre des 23 de Corinne Diacre en 2018, oubliée en 2019 par la concurrence et les blessures ; Marine Dafeur (24 ans) au jeu qui propose le carton et qui valide un caractère nordiste ; Julie Dufour (17 ans, 21 matches au compteur) ; Elisa Launey à qui il ne manque que la taille pour ne pas avoir fait partie des trois gardiennes françaises ; si ces joueuses et les autres bousculent l’OL, alors structurellement, le football féminin français sera monté d’un cran voire de plusieurs.

Le football féminin sera passé du stade des victoires certaines à l’inconnue de la compétition. Il passera de l’adulation de certaines et certaines à l’émotion pour tous.

Il justifiera de ses galons de sport médiatique. Les lilloises auront la reconnaissance de ceux qui admirent les combattantes de l’impossible, dans une région où le combat pour vivre a un sens. le “Never Walk Alone” s’écrira en “chti”. Chacun aura de bonnes raisons, autres que celles d’être cousins et cousines, pour s’asseoir sur un stade, et s’identifier à ces amazones du combat, vibrer à la victoire comme à la défaite, dans l’attente d’un nouveau combat et d’une nouvelle histoire.

A Châteauroux, 19h00, le Losc de Lille, condamné à la D2F, va avoir le privilège de mettre son coeur à l’ouvrage pour imposer un combat aux nantis de l’Olympique Lyonnais. L’univers nordiste face à la bourgeoisie lyonnaise. Le tempérament face au pouvoir suprême. L’humain contre la performance inhumaine. La génération du Rap contre celle de Beyoncé.

En cette première semaine du Ramadan, en cette journée de la victoire des Alliés contre le nazisme, en cette veille de la Journée de l’Europe (9 mai). Dans un stade plein, Lille, tout de rouge sang vêtu, va mettre son coeur à l’ouvrage.

William Commegrain Lesfeminines.fr

Les performances lilloises 2018-2019 face au Top 5 du championnat :

  • . 26 Août. Lille – Lyon (0-8)
  • . 15 Septembre Paris FC – Lille (0-0)
  • . 30 septembre PSG – Lille (1-1)
  • . 27 Octobre Lille – Montpellier (1-1)
  • . 17 Novembre : Lille Bordeaux (0-2)
  • . 1er décembre Lille – Paris FC (2-1)
  • . 13 Janvier 2019 : Lille – Paris SG (1-3)
  • . 16 février Lyon – Lille (1-0)
  • . 14 Avril 2019 : Bordeaux – Lille (2-1)
  • . 4 Mai 2019 : Montpellier – Lille (3-2)