La liste de Corinne Diacre va être enfin connue. La sélectionneuse, a démarré en Septembre 2017 pour brasser large, très large. Plus d’une cinquantaine de joueuses ont été appelées, soit 38% du championnat de D1F en 21 mois, pour un résultat de 15V, 3N et 3D.

Un début de mission difficile.

L’année 2017 et le début de 2018 ont été très interrogatifs (5V, 3N, 2D) pour des Bleues 3e FIFA, soit en contenu au début mais surtout en résultats lors d’une période difficile de 3 mois, débutée par une défaite (4-0) en novembre 2017 en Allemagne, suivie de 2 nuls contre la Suède (0-0) et l’Italie (1-1), pour se terminer à la SheBelievesCup 2018 (mars), sur une défaite lourde face à l’Angleterre (4-1), dans un tournoi qui a réuni les meilleures équipes mondiales.

L’inquiétude était grande. Les Bleues se cherchaient, où même une joueuse de D2F avait été appelée et avec l’objectif du Mondial pointant à l’horizon, lui donnant la couleur d’une curée potentielle avec peut-être un résultat inférieur au 1/4 dont l’Histoire des Bleues est friande (Euro 2013, Mondial 2015, JO 2016, Euro 2017).

Au crédit des Bleues pour ce premier match face à “l’ennemie anglais”, elles s’étaient envolées pour suivre un programme dingue dans tous les sens du terme, sillonnant les USA pour un voyage aérien “très route 66” de 10.000 kms, fait de clubs rencontrés (Portland) et du tournoi joué, comme tenante du titre d’ailleurs (2017).

Les Bleues ont démarré en mars 2018

Tout a redémarré pour les Bleues de Corinne Diacre avec le nul face aux USA (1-1). Match où Gaetane Thiney a gagné sa place de n°10, après une année sans sélection. Une des raisons pour laquelle la parisienne est titulaire dans le système de jeu des Bleues. Face aux meilleures mondiales, elle avait donné du sens à l’équipe de Diacre.

Puis dans la foulée, la leçon avait été donnée à l’Allemagne, en pleine crise (3-0) ce qui avait d’ailleurs couté sa place à sa sélectionneuse star, Steffi Jones.

Depuis le retour de ce tournoi, les Bleues, jouant exclusivement à domicile n’ont eu que des victoires dont le Canada (1-0), les USA en reprise de championnat (3-1), l’Australie (2-0), le Brésil (3-1) et le Japon qui venait d’atterrir (3-1) pour une seule défaite contre l’Allemagne (0-1).

Un ensemble plus que positif (10V, 0N, 1D) qui a permis à Corinne Diacre de resserrer son groupe dans une dynamique positive. Personne ne voudrait laisser sa place avec une équipe qui gagne pour un Mondial “At Home”.

Logiquement, la liste des 23 choisies par Corinne Diacre devraient faire partie des deux derniers rassemblements.

Un système défensif certain, un milieu d’expérience, la jeunesse devant.

JEUNESSE : La ligne offensive (6) : Eugènie Le Sommer (OL, 29 ans), Valerie Gauvin (Montpellier, 22 ans), Kadidiatou Diani (PSG, 24 ans), Delphine Cascarino (OL, 22 ans), Viviane Asseyi (Bordeaux, 25 ans) et/ou Marie-Antoinette Katoto (PSG, 20 ans) ou Kenza Dali (Dijon, 27 ans) ou Emelyne Laurent (EA Guingamp, 20 ans).

  • Seule Kenza Dali, blessée (27 ans), relancée en Septembre 2018, et qui vient juste de rejouer pourrait postuler à une place compte tenu des prestations de qualité fournies en Bleues. Bien que, jouant du côté droit, elle est en concurrence avec Kadidiatou Diani (24 ans) et Delphine Cascarino (22 ans) qui devraient y être, sans souci. Les deux joueuses produisant plus que de la sécurité, étant même parmi les forces des Bleues.
  • La dijonnaise pourrait entrer dans le groupe si Corinne Diacre crée une surprise incroyable en ne prenant pas Marie-Antoinette Katoto, meilleure buteuse actuelle du championnat (22 buts) mais plus en difficulté en Bleue car moins brillante. Ses prestations restant correctes mais Corinne Diacre a volontairement fait passer des messages, demandant plus. Certains lui reprochent son jeune âge (20 ans) qui justifierait de ces difficultés habituelles à réussir au niveau supérieur à cet âge. D’autres argumentent que la coach française aurait dû l’intégrer plus tôt, appelée seulement en 2019. Enfin, reste le bilan du Mondial U20 où elle a commencé en titulaire-capitaine pour terminer sur le banc.
  • Dans ces conditions, Diani viendrait en neuf, où elle offre avec Valérie Gauvin, une solution intéressante car complémentaire. Poste où elle a explosé face aux USA. Alors Kenza Dali serait en concurrence avec Emelyne Laurent (20 ans), intégrée dans la dernière sélection et qui a fourni une prestation de qualité mais dont le défaut pourrait être d’être trop proche de celui de Delphine Cascarino, n’offrant pas la complémentarité d’une liste qui doit oublier la notion de concurrence. Sans, de plus, avoir de garanties sur sa qualité défensive au très haut niveau. Un critère essentiel dans un mondial.

EXPERIENCE : La ligne milieu (5 ou 7) : Amandine Henry, la capitaine de l’EDF (OL, 29 ans), Elise Bussaglia (Dijon, 33 ans), Gaetane Thiney (Paris FC, 33 ans), Grace Geyoro (PSG, 21 ans), Maeva Clemaron (Fleury 91, 26 ans) et Charlotte Bilbault (Paris FC, 27 ans) ou Kheira Hamraoui (FC Barcelone, 29 ans).

  • La barcelonaise (29 ans), brillante dans les entraînements de l’EDF lorsqu’elle a été appelée en dernier ressort pose un souci dans l’équilibre du jeu que souhaite Corinne Diacre. Adepte de l’unité sans excès, sinon elle aurait appelé Claire Lavogez. Comme à Clermont, elle est adepte d’un jeu huilé. Il suffit de voir un match du FC Barcelone pour se rendre compte que tous les ballons passent par cette numéro six qui prend le jeu à son compte. Un tempérament dans le jeu et dont le carton rouge lors de la 1/2 finale retour pourrait être l’argument de la sélectionneuse française pour ne pas prendre le risque d’une joueuse essentielle candidate au rouge. Au détriment de l’attente du public, qui adore le style de la joueuse.
  • Certains la mettent en concurrence avec Maeva Clemaron (26 ans). La jeune architecte au double projet n’entre pas dans le même style de jeu. Elle pourrait avoir pris une place car elle a la qualité d’être performante lorsqu’elle entre dans le jeu. Je ne serais pas surpris qu’elle ait compris la place que pourrait lui offrir la sélectionneuse et qu’elle a produit le niveau qui convenait. Je pense qu’elle fera partie du voyage.
  • Pour moi Kheira Hamraoui est en concurrence avec Charlotte Bilbault du Paris FC (28 ans). Même style. Deux joueuses qui, lorsqu’elles sont sur un terrain, produisent un jeu physique et déterminant. La parisienne ayant l’avantage d’être moins influente, tout en ayant réussi quelques performances. Elle présente néanmoins le risque du rouge.

SANS CONCURRENCE (7 ou 8) : la ligne défensive : Sakina Karchaoui (Montpellier), Amel Majri (OL), Wendie Renard (OL), Griedge M’Bock (OL), Marion Torrent (Montpellier), Aissatou Tounkara (Atletico Madrid), Julie Debever (EA Guingamp) et/ou Eve Perisset (PSG).

  • Si Corinne Diacre décide d’emmener sept milieux (Maeva Clemaron, Kheira Hamraoui, Charlotte Bilbault), je pense que cela coûtera sa place à la parisienne Eve Perisset compte tenu que Corinne Diacre a essayé Aissatou Tounkara à droite, et qu’elle vient comme remplaçante au centre. Sinon, c’est Eve Perisset qui prendra la place à droite, en substitution de Marion Torrent, titulaire sur quasiment tous les matches de la sélectionneurs des Bleues. Julie Debever présentant l’intérêt d’être une joueuse de taille.
  • C’est une ligne où toutes les places sont quasiment acquises.

GARDIENNES (3) : Sarah Bouhaddi (OL), Pauline Peyraud Magnin (Arsenal FC), Solène Durand (EA Guingamp.

  • Avec Pauline Peyraud Magnin, Corinne Diacre ne cache pas qu’elle a certainement là, choisie la future numéro 1 de l’Equipe de France. Une place qui s’est gagnée dans les derniers regroupements. Solène Durand vient en numéro 3. Un poste qui pose un seule problème. Les gardiennes numéro 2 et 3 n’ont aucune sélection avec l’Equipe de France. Cela peut poser un problème, comme l’histoire l’a montré avec des difficultés pour les premières de gardienne.
  • Sarah Bouhaddi est incontestable d’autant qu’elle se donne énormément dans les entrainements. Lieu privilégié pour prendre une place avec la coach française. Seule une contreperformance répétée pourrait changer l’ordre des gardiennes.

Une sélection sans surprise, expliquée pour en connaître les détails.

William Commegrain Lesfeminines.fr