Il y a eu des 1/2 finales d’ennui en football féminin.

En 2016, Wolfsburg et l’Olympique Lyonnais sont passés sans coup férir. (13-0) pour les deux équipes sur l’aller et le retour. 2017 a été moins conséquent en buts mais les deux victoires à l’extérieur de l’OL (1-3) et du PSG (1-3) dès l’aller avait mis à mal le suspense, les deux clubs s’étaient retrouvés en finale.

En 2018, les deux représentants anglais – éliminés – ont mis un premier doigt dans le suspense avec Manchester City (0-0, 1-0) qui n’a craqué qu’à la faveur d’un but sur ses deux rencontres face à l’OL, quand Chelsea, en apprentissage, subissait de manière plus conséquente la force de Wolfsburg (1-3, 0-2).

2019 aura vu les deux équipes éliminées, livrer un vrai combat retour, à deux doigts de se qualifier.

FC Barcelone (1-0) Bayern de Munich.

Le Bayern de Munich après leur défaite à domicile contre le FC Barcelone (0-1) s’est très nettement racheté au MiniStadium des catalanes devant 12.764  spectateurs.

Un match perdu (1-0) sur un pénalty de Mariona Caldentey. avec un jeu axé sur la force de Kheira Hamraoui, en sentinelle, pour soulager une défense fragile qui n’a fait que subir les intentions allemandes, seconde en Bundesliga. Sara Dabritz (24 ans), future parisienne que les françaises verront au Mondial 2019, a un pied gauche déstabilisant mais surtout une présence forte dans le jeu allemand. Pour autant, il lui a manqué de l’efficacité sur une balle égalisatrice manquée à la 50′ et le poteau de Panos (71′) a refusé aux allemandes une seconde chance d’égalisation.

Un Bayern qui a manqué de patience dans les quinze dernières minutes avec une Rolfo, trop individualiste dans ses choix. Pourtant seule une superbe reprise de volée (64′) de la buteuse, Mariona Caldentey n’était à mettre au crédit des espagnoles.

Le FC Barcelone se qualifie pour la première fois de son histoire récente en finale de la Women’s Champions League, après des quarts et demi déjà atteints. Un moment qui a permis aux Présidents d’échanger. Une progression constante qui, pourtant,ne devrait pas inquiéter l’Olympique Lyonnais, faute d’avoir un système de jeu modulable dans la partie, d’autant que Kheira Hamraoui, dépositaire du jeu barcelonais, ne sera pas de la finale en raison de deux cartons jaunes récoltés ce dimanche.

Chelsea FC Ladies (1-1) Olympique Lyonnais

Il y a une erreur constante avec l’Olympique Lyonnais. Celle de croire que les victoires faciles en championnat sont autant de qualifications et finales européennes gagnées aisément. C’est loin d’être le cas et le rappel des trois derniers titres consécutifs suffit à le préciser (2016 et 2017 acquis aux tirs au but, 2018 en prolongation).

Dans cette demi-finale retour 2019, l’Olympique Lyonnais a eu la force de comprendre et d’accepter que l’initiative serait pour le Chelsea FC Ladies. Les onze sur le terrain ont fourni une prestation défensive de qualité avec une Eugènie Le Sommer, très présente pour empêcher la norvégienne Mjelde (buteuse en 1/4 au PSG) de monter, tout en ayant la force de marquer, sur une passe intelligente d’Ada Hegerberg, par un geste assuré (18′, 0-1).

Comme à l’aller, les anglaises ont utilisé ce but encaissé pour faire un match d’enfer et revenir au score sur un superbe coup franc de Ji So-yun (34′).

L’enjeu devient clair à ce moment du match. Il suffit d’un nouveau but anglais et les deux équipes sont à égalité sur les deux rencontres.

Les “fenottes” ont une qualité première : plus elles approchent du titre, plus elles sont combattantes. Bousculées par City l’an dernier (1-0 sur les deux matches), c’est dans l’enfer concocté par Emma Hayes, la coach de Chelsea, qu’elles ont livrées un combat où, à chaque moment, elles auraient pu être rejointes au score sur les deux matches (3-2) par les So-yun Ji (but 34′), Bachmann (56′), Kirby, Carney (59′, poteau), Cuthbert (65′, cafouillage) et Spence (81′).

Chelsea, excellente et incroyable de détermination, n’est pas encore au niveau de l’OL en n’ayant pas réussi à marquer ce 2e but égalisateur mais c’est certainement l’équipe, comme prévue avant l’aller, qui a le plus bousculé l’Olympique Lyonnais depuis son hégémonie européenne.

Après le match face au PSG, j’étais convaincu de leur force. Pour une fois, l’Ol a été dominé sur l’ensemble de ce match retour quand le PSG, vainqueur par deux fois du club du Rhône et le Turbine Potsdam allemand, ne l’avaient réussi qu’avec la formule du hold-up, plus connue pour les anciens sous le mot “catenaccio”.

A ce jeu de la défense dans ses trente mètres, Griedge M’Bock Nba a été d’un calme impérial pour ses vingt quatre printemps. Une référence à un tel niveau de pression. Lucy Bronze a joué un de ses matches européens les plus justes sur le plan défensif et Salma Bacha, présente sur ses quarante cinq minutes, a pu découvrir ce qu’est le niveau d’ambition de Corinne Diacre pour gagner la Coupe du Monde 2019 en France.

La capitaine Wendie Renard, pas loin d’un record de participations européennes (81) a mis le bleu de chauffe face à ces “abeilles” anglaises qui n’auraient jamais laissé les lyonnaises marquer un but compensateur si elles avaient eu à mettre la balle dans les filets, à cause d’une joueuse lyonnaise blessée. Elles ont mis tellement d’intensité dans cette rencontre et Emma Hayes, n’est pas El Loco de Marcelo Bielsa, assez éloignée de la distinction anglaise quand il faut jouer une qualification pour une finale européenne face à l’OL.

Cette coach nous a véritablement montré une voie internationale. En football féminin, on peut réfléchir quand on connaît son groupe. Comment expliquer autrement d’avoir laissé Andersson qui avait déjà mangé la pelouse à l’aller contre Delphine Cascarino, titulaire au même poste pour une autre raison que celle d’inviter le jeu de l’OL à droite et que la jeune internationale transforme ce couloir en autoroute, épuisant toutes ses forces, bien plus redoutables si elles auraient eu à s’exprimer en deuxième mi-temps, à des moments où la défense anglaise est déjà bien fatiguée.

Sauf qu’il a fallu qu’elle reconnaisse une chose. L’Olympique Lyonnais est une excellente équipe qui sait défendre et s’oublier pour le collectif à l’image d’Ada Hegerberg, forte personnalité qui a mis le bleu de l’OL sur son coeur.

Une rencontre qui a eu le goût du Mondial 2019, avec cinq cartons du côté lyonnais dont Jess Fishlock, entrée à la 46′ qui a montré ce qu’empêcher une adversaire voulait signifier ! Tout cela a donné une bien meilleure assise défensive et permis à Amandine Henry d’être présente, en défense mais aussi à la relance du jeu de son équipe.

Les lyonnaises ont mérité leur qualification. (1-1) sur la rencontre, (3-2) sur l’ensemble des deux matches. Pour une quatrième finale européenne de rang. Le FC Barcelone, sans Kheira Hamraoui, paraît trop juste et sans qualité significative au niveau de l’OL pour les empêcher d’écrire une 4e fois à Budapest (18 Mai), leurs noms au palmarès.

Un palmarès européen qui a, rappelons-le, le vrai goût de la performance. Bataillé pour l’avoir.

William Commegrain Lesfeminines.fr

PS : après le Paris FC (0-1) Montpellier, maintenant Chelsea Fc Ladies (1-1) OL. Les filles semblent prêtes pour l’intensité du Mondial. Cela laisse présager beaucoup d’émotions.

Compositions : source footofeminin.fr

Chelsea (1-1) Olympique Lyonnais.

Chelsea : 30-Ann-Kathrin Berger ; 18-Maren Mjelde, 4-Millie Bright, 16-Magdalena Ericsson, 20-Jonna Andersson (3-Hannah Blundell 57′) ; 22-Erin Cuthbert, 5-Sophie Ingle (24-Drew Spence 77′), 10-Ji So-yun, 8-Karen Carney (cap.) ; 23-Ramona Bachmann (15-Bethany England 62′), 14-Francesca Kirby. Entr.: Emma Hayes
Non utilisées : 1-Hedvig Lindahl, 2-Maria Thorisdottir, 7-Jessica Carter, 17-Adelina Engman

Lyon : 16-Sarah Bouhaddi ; 2-Lucia Bronze, 29-Griedge Mbock Bathy Nka, 3-Wendie Renard (cap.), 4-Selma Bacha (24-Jessica Fishlock 46′) ; 10-Dzsenifer Marozsan, 6-Amandine Henry (5-Saki Kumagai 83′), 7-Amel Majri ; 20-Delphine Cascarino (11-Shanice van de Sanden 69′), 14-Ada Hegerberg, 9-Eugénie Le Sommer. Entr.: Reynald Pedros
Non utilisées : 1-Lisa Weiss, 21-Kadeisha Buchanan, 25-Florencia Soledad Jaimes, 26-Carolin Simon

BARCELONE (1-0) BAYERN de MUNICH

Barcelone : 1-Sandra Paños ; 17-Andrea Pereira, 8-Marta Torrejon, 4-María León, 15-Leila Ouahabi ; 18-Kheira Hamraoui, 6-Vicky Losada (cap.), 11-Alexia Putellas ; 9-Mariona Caldentey (10-Andressa Alves 83′) ; 22-Lieke Martens (14-Aitana Bonmati 87′), 16-Toni Duggan (20-Asisat Oshoala 71′). Entr.: LLuis Cortes
Non utilisées : 25-Gemma Font, 3-Stephanie van der Gragt, 5-Melanie Serrano, 23-Candela Andújar

Bayern : 1-Laura Benkarth ; 19-Carina Wenninger, 17-Kathrin-Julia Hendrich, 18-Dominika Škorvánková (4-Kristin Demann 78′) ; 22-Verena Schweers, 16-Lina Magull (10-Jill Roord 59′), 8-Melanie Leupolz (cap.), 14-Fridolina Rolfö, 2-Gina Lewandowski ; 9-Jovana Damnjanović (23-Mandy Islacker 71′), 33-Sara Däbritz. Entr.: Thomas Wörle
Non utilisées : 31-Manuela Zinsberger, 11-Lucie Voňková, 12-Sydney Lohmann, 20-Leonie Maier