Une France puissante offensivement

Impressionnant le travail rendu par l’Equipe de France devant les 15.379 spectateurs de l’Abbé Deschamps, plutôt sevrés de matches internationaux de qualité, avec une 15e place en Ligue 2. Bien éloignés des performances passées des auxerrois. Les Bleues de Corinne Diacre ont, à l’évidence, donné envie à ces spectateurs de suivre leur aventure prochaine en Coupe du Monde et tout autant aux 1,13 million de fans de ballon rond (5,2% de PDA 4+ et 3,1% de PDA FRDA-50) qui ont suivi le match sur W9.

Il y avait longtemps que les Tricolores n’avaient pas fourni une prestation offensive d’une telle qualité, avec un jeu tourné vers l’avant dès les premières récupérations qui a fait courir les Nadeshiko, quand même Championne d’Asie 2018, et nous faire oublier leur Titre Mondial 2011 et l’Argent 2015.

Pauline Peyraud Magnin en titulaire

C’est bien simple, les japonaises ont dû avoir deux temps de possession dans la moitié de terrain française et nous ont montré trois à quatre contres dont un seul a abouti à la 24′, en bénéficiant d’un fait de jeu favorable avec la sortie de la surprenante Pauline Peyraud Magnin (Arsenal FC), titulaire dans le onze de départ au poste de gardienne, mettant Sarah Bouhaddi sur le banc. Pour une place de numéro 1 alors que Corinne Diacre avait annoncé la lyonnaise championne d’Europe titulaire du poste ? Ou pour une place de n°2 à choisir avec Solène Durand ?

Ce sera le fait du match avec une blessure surprenante de la joueuse d’Arsenal sur un dégagement au pied qui a touché sa rotule gauche, la tordant de douleur. Une sortie sur civière toujours inquiétante bien que la joueuse semblait avoir dominé la douleur et la confirmation sympathique de Corinne Diacre, en fin de match, avec les mots qu’il faut : “Visiblement cela ne l’empêchera pas pour la Coupe du Monde, tant mieux pour Elle et tant mieux pour nous”

Le match incroyables des Bleues en récupération

Le second fait de match sera la qualité de la récupération française avec deux demi-défensifs, Amandine Henry et Elise Bussaglia, qui ont fait un match incroyable, bloquant toutes les initiatives japonaises dès le troisième ballon et agissant comme des moteurs à énergie renouvelable. Chaque seconde passée semblant leur donner une nouvelle puissance. Un match moins surprenant pour la capitaine française mais plus surprenant pour la dijonnaise, avec un dernier match qui demandait mieux. L’arrivée de Kheira Hamraoui dans le groupe pouvant avoir été une belle source de motivation.

Deux joueuses seules, ne peuvent bloquer une équipe japonaise, 6e nation mondiale. La récupération a été incroyable car le système défensif a tenu dès la position de Valérie Gauvin (avant-centre) pour se continuer avec Kadidiatou Diani, Eugènie Le Sommer et Gaetane Thiney. Trois joueuses qui ont joué un rôle défensif essentiel sans perdre de l’importance offensive puisque les trois buts français ont été marqués par Valerie gauvin (4′), Eugènie le Sommer (33′) et kadidiatou Diani (82′) alors que Gaetane Thiney trouvait une superbe transversale sur un tir puissant, inattendu et cadré qui surprendra une excellente gardienne niponne.

Des buts qui font du bien dans une nuée d’occasions tricolores

Les esprits chagrins noteront que les occasions françaises ont été nombreuses -trop ?- alors que les réalisations se sont faites sur des tirs contrés et un premier but dont on ne sait si la balle a totalement franchie la ligne japonaise. Sauf que le contenu a été d’une telle qualité en possession comme en mouvements que la seule réponse qu’il convient de faire est la suivante : il reste deux mois et une certitude, la France est au niveau physique et mental d’un prochain mondial à jouer en France, aiguisant l’appétit du Président de la Fédération, Noël Le Graet, qui d’une demi-finale, monte d’un cran pour attendre” une finale mondiale” (source le Monde Sport).

Cette sélection des occasions montrent la maitrise du jeu par les Tricolores “Un centre-tir de Le Sommer était dévié de justesse par la gardienne en corner (27e). Sur ce dernier, Diani avait l’opportunité de faire une superbe reprise de volée que Kumagai déviait du cadre (28e). Thiney d’une tête, Elise Bussaglia d’un tir trop enlevé, juste avant la pause, les Bleues auraient même pu bénéficier d’un avance plus confortable mais la reprise de l’angle de la surface de Thiney s’écrasait sur la barre (41e). Des tentatives cadrées de Diani (49e), Le Sommer (64e) qui obligeait Yamashita à une belle claquette.” Du côté, japonais, elles n’ont jamais eu l’occasion de mettre à défaut Sarah Bouhaddi par un tir, hormis le but encaissé.

Au bilan, les japonaises n’ont rien montré et sont donc dans l’attente d’une meilleure production à venir. A part leur gardienne Yamashita que j’ai trouvé très vive sur sa ligne avec l’excellente partie de Saki Kumagai qui a sauvé plus d’une fois son équipe. Un point à retenir dans les matches serrés et certainement une carte pour continuer loin dans la compétition, à condition d’analyser leur adversaire pour essayer de les contrer car elles ne possèdent pas un jeu assez fort pour actuellement imposer leur jeu de passes.

Un match qui ne peut qu’avoir donné l’envie de les suivre

Pour les Bleues, il faut remonter très loin pour voir un contenu d’une telle qualité offensive. Est-ce suffisant pour leur donner le titre ? A voir en fonction de leurs capacités à lutter contre les tactiques adverses qui seront mis en place pour leur poser des problèmes. EN attendant, c’est très sufissant pour donner envie aux gens de les voir jouer, remplir les stades et rêver à un double inédit : la France, championne du Monde masculin 2018 et championne du Monde féminin 2019.

Et cela, c’est déjà pas mal pour un football féminin qui commençait à devenir ennuyeux.

Prochain match contre le Danemark, Lundi Soir, 21 heures, W9.

William Commegrain lesfeminines.fr

(source footofeminin) Match de préparation à la Coupe du Monde 2019
Jeudi 8 avril 2019 – 21h00
FRANCE – JAPON : 3-1 (2-1)
Auxerre (Stade de l’Abbé Deschamps)
Temps dégagé (7°C) – Terrain excellent
Spectateurs : 15 379
Arbitres : Sara Persson (Suède) assistée de Julia Magnusson (Suède) et Josefin Aronsson (Suède). 4e arbitre : Victoria Beyer (France) 

Buts :
1-0 Valérie GAUVIN 3′ (Torrent servie sur le côté droit adresse un centre au second poteau repris de la tête par Gauvin qui prend le dessus sur Kumagai. Yamashita tente de repousser le ballon en se jetant. L’arbitre après avoir consulté son assistante valide le but)
1-1 Rikako KOBAYASHI 24′ (Action collective japonaise partie du côté gauche avec Miura, Yokoyama qui décale sur la droite, Kobayashi laisse passer le ballon qui arrive à Nakajima qui reprend de l’entrée de la surface. Bouhaddi repousse le ballon dans l’axe où Kobayashi reprend du droit à 7 m pour conclure. Mbock tente d’intervenir mais ne peut empêcher le but)
2-1 Eugénie LE SOMMER 33’* (Corner de Thiney de la gauche vers la droite, Renard dévie vers le second poteau où Henry remet un centre vers l’axe. Kumagai renvoie dans l’axe vers Le Sommer à 15 m qui reprend du droit. La frappe déviée par Miura surprend sa gardienne et le ballon termine dans l’axe)
3-1 Kadidiatou DIANI 82′ (Cascarino récupère au milieu de terrain, et accélère côté droit pour s’avance dans la surface et déclencher une frappe que Yamashita repousse dans l’axe. Diani assure un plat du pied droit à 10 m dévié par Kumagai qui élève le ballon au dessus de sa gardienne) 
France :
 21-Pauline Peyraud-Magnin (16-Sarah Bouhaddi 23′) ; 4-Marion Torrent, 19-Griedge Mbock Bathy, 3-Wendie Renard, 7-Amel Majri ; 6-Amandine Henry (cap.), 15-Elise Bussaglia (10-Kheira Hamraoui 83′) ; 20-Kadidiatou Diani (18-Viviane Asseyi 88′), 17-Gaëtane Thiney, 9-Eugénie Le Sommer ; 13-Valérie Gauvin (8-Delphine Cascarino 62′). Entr.: Corinne Diacre
Non utilisées : 1-Solène Durand, 2-Eve Périsset, 5-Julie Debever, 11-Emelyne Laurent, 12-Aïssatou Tounkara, 14-Charlotte Bilbault, 22-Sakina Karchaoui, 23-Onema Grace Geyoro

Japon : 18-Ayaka Yamashita ; 22-Risa Shimizu (24-Asato Miyagawa 61′), 4-Saki Kumagai (cap.), 23-Moeka Minami, 3-Aya Sameshima ; 7-Emi Nakajima (12-Hinata Miyazawa 79′), 17-Narumi Miura, 6-Hina Sugita, 14-Yui Hasegawa (13-Riko Ueki 87′) ; 11-Rikako Kobayashi, 20-Kumi Yokoyama (9-Yuika Sugasawa 62′). Entr.: Asako Takakura
Non utilisées : 1-Sakiko Ikeda, 21-Chika Hirao, 2-Risako Oga, 5-Shiori Miyake, 8-Hikaru Naomoto, 16-Arisa Matsubara, 19-Jun Endo