Dans une rencontre où les anglaises ont été dominées dans le premier acte sans être inquiétées, le premier tir parisien ne survenant qu’à la 35′ par Kadidiatou Diani, les Ultras parisiens ont été à la hauteur de l’événement européen en démontrant qu’il est bien le meilleur public féminin d’Europe.

Des chants continuels qui auraient fait plaisir aux oreilles de Roxana Maracineanu, la nouvelle Ministre des Sports qui s’était insurgée sur le contenu homophobe des chants de supporters. Validé “à demi-mot” par la Présidente de la LFP.

La rencontre montre une nette domination parisienne avec un jeu en profondeur pour essayer de chercher Marie-Antoinette Katoto mais surtout s’installer dans le camp anglais, ce que les parisiennes arrivent à faire sans problème. A noter l’excellente prestation de l’américaine Cook, pour son second match avec le groupe, au lieu et place de la polonaise Paulina Dudek, blessée la veille.

Une domination sans problème aussi pour les Ladies de Chelsea, soumise à la pression parisienne mais avec assez d’expérience et de qualité pour la subir sans craquer et dont le plan de jeu est très clair. Ne pas prendre de buts et jouer les contres à fond.

On va assister à un nombre incalculable de bonnes intentions parisiennes, marquées par cinq corners dans les quinze premières minutes ainsi que des perforations d’ Ashley Lawrence, Kadidiatou Diani, Grace Geyoro (23′, 25′, 26′, 33′), malheureusement toutes défaillantes dans la dernière passe. Une situation qui devient encore plus frappante pour les 13.220 supporters parisiens dont Bruno Cheyrou, en charge du secteur féminin parisien, avait fort justement précisé la veille, qu’il s’agissait de billets vendus au bon prix, donnant ainsi une valeur au football féminin.

Dans ce premier acte à dimension tactique où Olivier Echouafni a positionné trois défenseuses de taille, la prise en tenaille parisienne de Chelsea est réussie mais le défaut de puissance dans les transmissions trouve un système défensif anglais bien rôdé. Avec un maximum de “jaunes anglaises” de la couleur extérieur du 1/2 finaliste européen de la saison dernière dans la surface, les balles repartent aussi vite qu’elles sont arrivées, comme dans les flippers des cafés d’un temps passé.

Le stade est dans l’attente de l’erreur anglaise, suspendue à chaque pénétration dans la surface adverse. Viendra, viendra pas. C’est en fait la jeune parisienne Marie-Antoinette Katoto qui aura la meilleure opportunité sur une passe longue de Cook qui l’amène sur son pied gauche qu’elle n’utilise pas .. pour se replacer sur un droit sécurisant, finissant extérieur dans les nuages (39′).

Au niveau européen de la rencontre, les quarante cinq premières minutes ne donnent rien.

Un sentiment d’inachevé nous cheville au corps. Autant dominer et rien à manger. Le doute s’installe pour certains, l’interrogation demeure pour tous. Comment faire en 45′ ce qui n’a pas été possible de faire en première mi-temp ? Il va falloir être confiant ! D’autant que dans l’autre quart, les lyonnaises, dominatrices du football européen et peut-être mondial mènent (0-2) à l’extérieur et finiront par vaincre (2-4) le double champion d’Europe Wolfsburg (2013 et 2014), son challenger européen.

De leur côté, les anglaises jouent à fond les quelques coups dont les Ladies disposent. Emma Hayes nous propose la même symphonie qu’à l’aller avec en profondeur de banc, Fran Kirby (dans la liste des 15 du Ballon d’Or féminin) et autres coéquipières. Toutes potentielles titulaires, alors que Romana Bachmann, fait feu de tout bois sur le “pitch”, très présente sur les accélérations et très bien servie par JI dans la surface parisienne (41′), mais butant sur l’excellente protection d’Irène Paredes suivie de la sortie efficace de Cristiana Endler (41′).

A l’évidence, Chelsea peut marquer.

Le premier acte se terminera donc sur ce double constat. Du potentiel anglais et des bonnes intentions parisiennes entachées d’un manque d’occasions alors que le score à l’aller se prononce encore plus comme un obstacle. L’objectif est haut. (3-0) à remonter en 45′ pour se qualifier.

Le PSG met le feu en seconde mi-temps 

Cela démarre dès le retour des vestiaires, confirmant que les vestiaires ont un vrai sens dans le football féminin.

Enfin, le PSG joue vite vers l’avant ne laissant pas la possibilité aux anglaises de se replacer. 80% des vingt premières minutes sont parisiennes, qui se mettent à jouer à la mode lyonnaise ! Les anglaises sont là, mais n’ont jamais le ballon. Paris se crée une émotion de rêve avec son public. Prêt à croire à l’exploit.

Sur une profondeur, la canadienne Ashley Lawrence garde les cinquante centimètres d’avance pour placer un centre à terre que Kadidiatou Diani reprend en se jetant du bout du pied (46′, 1-0). La délivrance est là. Le public s’enflamme. L’exploit est possible. Tous ces sentiments nous habitent. A partir de ce moment là, nous ne regarderons plus ce match de la même manière. Les parisiennes vont mettre les anglaises aux portes de l’Enfer. Les cris des enfants supporters, le chant des parisiens, l’écho de Jean Bouin, tout est  fait pour rêver.

Et l’exploit viendra d’un corner de Wang Shuang qui provoque une erreur incroyable de Berger, sur une faute de mains, mettant les deux équipes à égalité ! (2-0, 56′).

On passe dans la dimension supérieure. Le stade explose, Wang Shuang court partout pour tomber dans les bras d’Olivier Echouafni, déjà dans le terrain ! On sent qu’il y a de la folie sur ce “pitch” féminin. Après coup, on imagine la force et la certitude parisienne. Nul ne sait si Paris va se qualifier à ce moment, mais ce qui est certain, c’est que les féminines se créent une Histoire avec le coeur parisien !

Paris joue avec nos coeurs et nos émotions. Le stade se remplit à chaque crampon parisien dans la surface anglaise. Un coup d’oeil sur Emma Hayes, la coach féminin nous montre qu’elle ne peut que constater les coups subis par son équipe. Comme un entraîneur dans le coin d’un boxeur. A souhaiter, “pourvu que cela tienne”.

En même temps, elle joue ses cartes. Offensives avec Kirby, défensive avec Bright. Une joueuse centrale qui a tout d’un trois quart de rugby féminin. Un domaine où les féminines anglaises excelle. Et la jeune femme va faire du bien à son équipe. De la tête, du pied, elle est là, au centre de l’attaque. A juguler la pression parisienne.

Une pression parisienne qui est descendu d’un cran. Le cran de trop. Chelsea, moins fort que l’OL qu’elles rencontreront en 1/2 finale sait subir. Les coups sont pris mais la tête est là. Encore présente, prête à mordre.

Et le pire arriva. Au moment où quand tu joues, tu penses à récupérer pour la prolongation qui s’annonce. Au moment où tu te places pour tenir 30′ de plus. A ce moment précis où tu gères ta performance, surgit de la nuit, une norvégienne à l’expérience longue comme un véritable CV d’HEC, soumise à la bagarre en défense et qui profite d’une mésentente entre Ashley Lawrence et Cristiana Endler – sortie à tort -, pour placer un plat du pied de défenseur dans les filets parisiens, à la dernière minute du temps de jeu.

Le dur constat du football sera de voir la norvégienne Mjelde réduire le score à la 91′ sur un centre lointain qui trouvera les filets d’Endler ! (2-1). Une explosion de joie en jaune. Un essaim d’abeilles ! La condamnation de Paris tombe. Paris est condamné à marquer deux buts, en deux minutes.

Impossible ? Les joueuses parisiennes sont tellement certaines de leurs faits qu’elles repartent à l’attaque. Comme un KO subi dans l’ultime minute, puis vous vous relevez, groggy, mais encore debout. Plein encore de la force passée, juste la tête ballotée du moment présent. Ca va passer. Cela ne peut que passer.

La tribune de presse est sous le choc. Groggy. Pourtant, les joueuses repartent à l’assaut et Signe Bruun, entrée à la dernière minute aura une balle de (3-1) dans les pieds. Que se serait-il passé si elle l’avait mis ? Tout aurait été possible. La jeune danoise baissera la tête au coup de sifflet final. Se mordra les lèvres. Un sentiment personnel. Quand tu rates une balle. Là, la balle de l’espoir.

Paris aura été éliminée en laissant trop de domination dans le match, et pourra se reprocher de ne pas avoir insisté encore plus fort dans la continuité des deux buts marqués. Trop de domination. Trop et pourtant, si près de passer. Une émotion terrible se dégage du terrain. L’amertume de la déception parisienne à qui il a manqué si peu. Très peu.

William Commegrain lesfeminines.fr

Chelsea rencontrera l’Olympique Lyonnais, vainqueur (2-4) en 1/2 finale de la Women’s Champions League 2019 pour en course un 6e titre européen.

UEFA Womens Champions League – Quart de finale retour
Mercredi 27 mars 2019 – 19h00
PARIS SAINT-GERMAIN – CHELSEA FC (ANG) : 2-1 (0-0) (cumul : 2-3)
Paris (Stade Jean Bouin)
Spectateurs : 13 220
Arbitres : Sandra Braz Bastos (Portugal) assistée de Chrysoula Kourompylla (Grèce) et Olga Almeida (Portugal). 4e arbitre : Diana Henriques (Portugal)

Buts :
1-0 Kadidiatou DIANI 47′ (Lawrence est lancée côté gauche en profondeur par Paredes, elle déborde et prend la défense de vitesse, puis centre pour Diani qui pousse le ballon du droit au fond des filets)
2-0 Ann-Kathrin BERGER 56′ c.s.c. (Sur un corner tiré côté droit par Wang, Berger attrape le ballon dans les airs au deuxième poteau, mais le relâche sur son genou et laisse filer le ballon dans son but en tombant)
2-1 Maren MJELDE 90+1′ (Excentrée à gauche devant la surface, Carney adresse un centre rentrant au deuxième poteau pour Mjelde, qui reprend du droit de volée aux 6 m et trompe Endler)

Avertissements : Hannah Blundell 45+3′, Sophie Ingle 77′ pour Chelsea

Paris-Saint-Germain : 16-Christine Endler ; 17-Eve Perisset (2-Hanna Glas 75′), 15-Emma Berglund, 14-Irene Paredes, 5-Alanna Cook (22-Signe Bruun 90+3′) ; 24-Formiga Miraildes Maciel Mota (cap.), 28-Shuang Wang, 8-Onema Grace Geyoro ; 11-Kadidiatou Diani, 9-Marie-Antoinette Katoto, 12-Ashley Lawrence. Entr.: Olivier Echouafni
Non utilisées : 1-Katarzyna Kiedrzynek, 7-Aminata Diallo, 19-Annahita Zamanian, 20-Perle Morroni, 21-Sandy Baltimore]i
Chelsea : 30-Ann-Kathrin Berger ; 3-Hannah Blundell (7-Jessica Carter 74′), 18-Maren Mjelde, 16-Magdalena Eriksson, 20-Jonna Andersson ; 24-Drew Spence, 5-Sophie Ingle, 10-Ji So-Yun ; 23-Ramona Bachmann (14-Francesca Kirby 60′), 15-Bethany England (4-Millie Bright 60′), 8-Karen Carney. Entr.: Emma Hayes
Non utilisées : 1-Hedvig Lindahl, 11-Ali Riley, 17-Adelina Engman, 21-Deanna Cooper