LE PSG ne s’est pas mis au niveau européen

Dans ce quart de finale aller, le Paris Saint Germain à la renommée mondiale et internationale a semblé jouer un match de D1F, sans intérêt pour l’Europe quand Chelsea Ladies est sortie des 96 minutes consacrées par l’arbitre croate Ivana Martinčić (2-0) avec le sourire européen de la performance du challenger face au favori.

Il faut dire qu’avec (2-0) pour les Blues de Fran Kirby et Ramona Bachmann, l’anglaise nominée dans la liste des 15 joueuses du 1er Ballon d’Or France Football, les demi-finalistes de la saison dernière sont en voie très favorable pour se retrouver en 1/2 finale, même s’il faudra jouer ensuite les ogres du football européen : l’Olympique Lyonnais ou le Vfl Wolfsburg.

De son côté, le Paris Saint Germain qui retrouvait la Women’s Champions League après une finale européenne en 2017, laissant sa place à Montpellier HSC en 2018 n’a pas profité du voyage à Londres. Pourtant le club de Jean-Louis Saez avait subi les foudres des Blues en quart, ce qui a peut-être influencé le club parisien, finaliste déjà en 2015, à ne pas jouer -par erreur- comme un favori.

Dans ce dernier match des quarts aller, au Cherry Red Records Stadium de Kingston devant un peu plus de 2.300 spectateurs et quelques supporters anglais du PSG français. Les Ultras parisiens reconduits à la frontière pour cause de détention d’armes potentielles et de substances illicites quand le service presse du PSG parle “d’un couteau pour couper le saucisson” et d’une volonté continuelle de Chelsea de ne pas recevoir les supporters parisiens du club de la capitale.

Les statistiques de l’UEFA montrent que les joueuses d’Olivier Echouafni étaient venues pour ne pas prendre de buts – et mieux si affinités – avec 14 fautes parisiennes pour 6 anglaises avec 2 tirs offensifs parisiens. Une volonté quand même payante sur le premier acte avec un (0-0) qui ne promettait rien sinon du jeu placé des deux côtés, illuminés par quelques erreurs individuelles, comme la plupart des matches placés, permettant à Erin Cuthbert de s’essayer à un contre sur une mauvaise transmission d’Emma Berglund, revenue comme titulaire après une longue blessure.

Les Chelsea Ladies montent d’un cran quand le PSG subit au fil du temps.

La seconde mi-temps sera tout autre, montrant l’influence nouvelle des vestiaires et mi-temps, chapelle des remontadas fantasmées ou réelles. Le lieu de la rédemption qui fait renaître une équipe pour lui donner une nouvelle dynamique.

Wang Shuang, meilleure joueuse d’Asie 2018 et star des Roses d’Aciers chinoises entre sur le terrain au lieu et place d’une Aminata Diallo, blessée dans un contact (46′) quand Emma Hayes, la seule coach féminine qui reste sur un banc un mois avant son accouchement pour continuer son sacerdoce de coach, une année après la naissance de ses jumeaux, attend de jouer ses atouts sans se préoccuper d’autres choses que de la “gagne” de ses Blues, championnes depuis deux saisons (2017-2018), troisième actuellement et non-qualifiable pour l’Europe dans l’édition en cours. Sans autre possibilité que de lutter pour continuer l’aventure européenne, source essentielle d’attrait des grandes joueuses pour une équipe à choisir.

L’anglaise fait monter la mayonnaise de ses Bleues en faisant entrer, aux alentours de la 60′, Fran Kirby, 1m57 de dribbles courts et démarrages puissants en l’associant à l’expérimentée capitaine suisse, Rosana Bachmann, du même calibre physique. Deux réalités qui montrent la différence et l’intérêt du football féminin. Un jeu vif et rapide, spécifique aux filles et que les gars ne peuvent plus ou ne savent plus pratiquer.

Ces deux joueuses aux talents internationaux, se promèneront aux alentours de la surface parisienne, profitant d’une Formiga dépassée, sans impact défensif, capitaine expérimentée brésilienne (six coupes du monde et jeux olympiques de joués) et parisienne de 41 ans qui n’a pas su trouver la solution de la jeunesse, l’envie et de la vitesse anglaise. Sans bloqueur, le jeu court anglais trouvera des solutions devant la surface d’autant qu’Emma Berglund, défenseur centrale, ne saura jamais s’imposer physiquement à ses adversaires.

Inévitablement, les Blues marqueront par deux fois. La première avec sa latérale droite, Hannah Blundell (24 ans), transformée en milieu de terrain, rodant dans la surface et auteure d’un superbe lob qui surprendra Cristiana Endler sans lui en faire porter la responsabilité (1-0, 73′) et la difficulté arriva avec le second but des Bleues, sur une promenade de Fran Kirby, mal défendue par Emma Berglund, qui trouvera Cuthbert (2-0, 88′) isolée.

Un manque d’ambition offensive à ne pas renouveler à Paris.

Les parisiennes se consoleront en se disant qu’elles n’ont craqué que sur la fin. On leur opposera qu’avec un seul tir cadré d’Ashley Lawrence, la seule au niveau de l’enjeu mental et physique de ce quart européen, elles ne se sont jamais données les moyens de la performance.

Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto ne trouvant pas le feu de la performance individuelle que leur talent de vitesse et d’anticipation auraient dû donner. Un PSG appliqué mais sans leadeur qui a vu son influence se dégrader au fil du temps. Loin d’un objectif européen qui devrait être celui du PSG féminine, au vue de sa marque et surtout de son budget (7.000.000 euros). Déjà certain d’être présent l’an prochain, second affirmé du championnat de France de D1F.

Chelsea viendra à Paris avec l’idée qu’un but les garantiraient de la qualification, après un parcours européen actuel sans but encaissé (20-0). Les anglaises ont montré qu’elles savent être patientes.

Les féminines du PSG devront jouer un match de Coupe d’Europe, après avoir encaissé leur deux premiers buts en WCL, tourné vers le positif et l’offensif en marquant 3 buts. Autrement, elles sont -au score- éliminé. Un réel gâchis à ce stade de la compétition, qui est le premier réel stade de la sélection. Les précédents adversaires européens féminins étant d’un niveau bien inférieurs.

William Commegrain lesfeminines.fr

UEFA Womens Champions League – Quart de finale aller
Jeudi 21 mars 2019 – 19h05 locales (20h05 françaises)
CHELSEA FC – PARIS SAINT-GERMAIN : 2-0 (0-0)
Kingston (Cherry Red Records Stadium)
Temps légèrement couvert (14°C) – Terrain excellent
Spectateurs : 2 616
Arbitres : Ivana Martinčić (Croatie) assistée de Sanja Rodjak-Karšić (Croatie) et Maja Petravić (Croatie). 4e arbitr : Vesna Budimir (Croatie)

Buts :
1-0 Hannah BLUNDELL 73′ (Spence côté droit glisse le ballon vers Blundell à l’entrée de la surface côté droit qui pivote pour enrouler une frappe du gauche de 15 m dans la lucarne droite d’Endler)
2-0 Erin CUTHBERT 88′ (Remontée du ballon depuis le milieu dans l’axe de Bachmann puis Kirby qui décale dans la course de Cuthbert côté gauche qui entre dans la surface et place une frappe croisée du gauche à ras de terre à l’angle des 5,5 m)

Avertissements : Erin Cuthbert 90+1′ pour Chelsea ; Irene Paredes 4′ pour le PSG

Chelsea : 30-Ann-Kathrin Berger ; 3-Hannah Blundell, 18-Maren Mjelde, 16-Magdalena Ericsson, 20-Jonna Andersson ; 5-Sophie Ingle, 24-Drew Spence (7-Jessica Carter 89′), 10-Ji So-Yun (14-Francesca Kirby 52′) ; 15-Bethany England (23-Romana Bachmann 59′), 22-Erin Cuthbert, 8-Karen Carney (cap.). Entr.: Emma Hayes
Non utilisées : 1-Hedvig Lindahl, 11-Ali Riley, 17-Adelina Engman, 21-Deanna Cooper

PSG : 16-Christiane Endler ; 17-Eve Périsset, 14-Irene Paredes, 15-Emma Berglund, 20-Perle Morroni ; 7-Aminata Diallo (28-Shuang Wang 46′), 24-Miraildes Maciel Mota Formiga (cap.), 8-Onema Grace Geyoro ; 11-Kadidiatou Diani (22-Signe Bruun 79′), 9-Marie-Antoinette Katoto, 12-Ashley Lawrence (21-Sandy Baltimore 90′). Entr.: Olivier Echouafni
Non utilisées : 1-Katarzyna Kiedrzynek, 2-Hanna Glas, 5-Alanna Cook, 19-Annahita Zamanian