Un adversaire sans match.

La France a remporté un match facile face à un adversaire qui a très peu joué dans les cinq dernières années. Septembre 2014 a été la date de la dernière victoire uruguayenne et quasiment son dernier match, …. si en 2018, l’année n’avait pas été pléthorique, avec six nouveaux matches donnant – sans surprise – cinq défaites et un nul.

Le football féminin n’est pas le même sur la planète football. Une évidence. Notamment en Amérique du Sud où les pays possèdent une Histoire incroyable avec le ballon rond quand les mêmes féminines sont aux antipodes d’exister. Une mouche dans un système masculin. Quatre ans sans qu’une équipe nationale ne joue ! Un fait si grossier qu’il doit interroger la FIFA si elle désire réellement mettre en place une équité sportive.

Dans ce contexte, cela serait une erreur que de voir dans le résultat des Bleues (3e mondial), une performance avec ce score large de (6-0) acquis devant 11.019 spectateurs au stade de la Vallée du Cher à Tours. A l’inverse, il serait illogique de ne tirer aucun plaisir à cette rencontre qui a montré une volonté du banc à s’insérer dans un onze de titulaires et surtout dans la liste des 23 à venir pour début Mai.

“On a vu des choses intéressantes jusqu’au bout. Il y a des enseignements à tirer.” C’est ainsi que s’exprimera Corinne Diacre, en conférence d’après match.

Cinq joueuses comme titulaires pour un ticket dans la liste des 23.

Corinne Diacre avait fait le choix d’aligner pas moins de cinq nouvelles joueuses en comparaison de l’équipe choisie face à l’Allemagne (défaite 0-1). Des choix pas spécialement faits au motif d’une sanction mais pour tester des équilibres différents et certainement, activer le mot “concurrence” pour une liste “qui devrait être sans surprise” souffle-t-elle au micro de W9, tout juste en fin de rencontre.

Son argument était le même, en conférence d’après match. “J’ai mis une équipe de France compétitive. Aujourd’hui on n’est plus à l’heure des essais, mais des confirmations, des automatismes et du travail.”

Pour les spécialistes, la jeune parisienne Katoto était remplacée par Valérie Gauvin (Montpellier), Grace Geyoro (PSG) s’essayait au rôle de meneuse de jeu au lieu et place de Gaetane Thiney. Viviane Asseyi (Bordeaux) prenait le rôle de Kadidiatou Diani (PSG) à la place habituelle d’Eugènie Le Sommer, blessée. Charlotte Bilbault (Paris FC) se tenait comme titulaire au côté de la capitaine Amandine Henry, laissant Elise Bussaglia (Dijon) sur le banc et Amel Majri (OL) s’installait flanc gauche à la place de Sakina Karchaoui (Montpellier).

Objectif atteint pour les joueuses et Corinne Diacre.

Tant pour les joueuses que pour la sélectionneuse française. Le sort et la détermination des nouvelles titulaires à marquer leurs volontés à s’insérer dans le groupe des 23 qui semble plus que dessiné, ont fait le résultat des Bleues ce soir.

Une Valérie Gauvin, pleine d’initiatives positives, a réalisé un match plein sur le devant de la scène en obtenant – certes -un premier but heureux en toute fin de période (45’+1, 3-0) sur un centre bien ajusté de sa coéquipière de club, Marion Torrent mais surtout, en étant très concentrée sur le second, pour mettre une tête renversée excellemment maitrisée sur une balle surprise de Wendie Renard (67′, 5-0).

Un doublé qui est venu s’insérer dans une suite logique débutée par la vive Viviane Asseyi, partie sur les chapeaux de roue des trente mètres pour suivre la perforation de Delphine Cascarino et recevoir, au second poteau, le ballon à mettre au fond des filets (21′, 1-0). Un premier but libérateur pour une Equipe de France supérieure mais qui ne trouvait pas la domination que la différence de niveau pouvait laisser supposer. Tout le crédit en venait à une équipe uruguayenne très faible mais déterminée à défaut d’être déterminante.

Il faudra un superbe tir de Charlotte Bilbault, pleine lucarne, pour libérer le score des Bleues (2-0, 36′) et donner confiance à cette nouvelle équipe qui ensuite a déroulé avec un esprit de titulaire. C’est ainsi que Grace Geyoro, nouvelle en meneuse de jeu, certainement remontée dans les vestiaires pour se positionner dans la surface et non pas en dehors, marqua son premier but international en allant cherche un ballon repoussé par le poteau sur un tir en pivot d’Amandine Henry (48′, 4-0).

Soixante dix minutes s’étaient passées et le tableau d’affichage tourangeau indiquait (5-0) montrant à toutes les Bleues présentes que les tickets se prenaient maintenant. Information qui a été bien sentie par Maeva Clemaron, architecte, choisie par Corinne Diacre pour tenter, elle aussi sa chance.

Entrée à la 72′, elle se met rapidement en mouvement. S’imposant physiquement sur des duels quand, souvent, il est difficile d’apparaître à ce moment du match dès lors que vous n’êtes pas une titulaire du groupe, servie avec confiance par les autres. Elle fera fi de cette situation et continuera son “bonhomme de chemin”, en respectant les règles mais en montant graduellement en pression. C’est avec ce double sentiment perçu de l’extérieur qu’elle sera récompensée par un but plein d’intelligence, glissant à l’avance au second poteau, certaine de la sortie favorable d’un dribble de Viviane Asseyi pour, d’un geste totalement maitrisée, mettre la balle croisée au fond des filets de Sofia Olivera (6-0, 83′).

Cinq remplaçantes, six buts. L’Histoire est belle pour ces joueuses. Toutes pressenties sans être indiscutables et là, buteuses et joueuses dans l’esprit souhaité par Corinne Diacre. Un match dont elles se souviendront si elles apparaissent sur la liste des 23 du Mondial.

Emmenez-nous au Mondial 2019 !

Les cinq buteuses ont toutes glissées ce message à Corinne Diacre : “Emmenez-nous au Mondial 2019 !”. Elles ont montré l’état d’esprit pour, mais elles peuvent remercier -avec un sourire- le calendrier qui leur a proposé un adversaire très faible pour mieux pouvoir briller.

Prochains match et prochaine liste en avril 2019 face au Japon et Danemark.

William Commegrain lesfeminines.fr

Lundi 4 mars 2019 – 21h00
FRANCE – URUGUAY : 6-0 (3-0)
Tours (Stade de la Vallée du Cher)
Temps humide (8°C) – Terrain bon
Spectateurs : 11 019
Arbitres : Monika Mularczyk (Pologne) assistée de Aleksandra Ulanowska (Pologne) et Kinga Seniuk-Mikulska (Pologne). 4e arbitre : Jennifer Maubacq (France)

Buts
1-0 Viviane ASSEYI 21′ (Cascarino réalise une accélération côté droit et laisse son adversaire du place puis centre en retrait pour Asseyi qui reprend du droit à l’entrée des 5,5m)
2-0 Charlotte BILBAULT 36′ (Bilbault n’est pas attaquée à 25 m du but plein axe, elle arme une frappe puissante du droit qui va se loger dans la lucarne gauche de la gardienne)
3-0 Valérie GAUVIN 45+1′ (Torrent sur le côté droit adresse un long ballon vers la surface que Gauvin effleure à l’angle des 5,5m et surprend la gardienne)
4-0 Onema Grace GEYORO 48′ (Henry à 20 m, pivote et place une frappe déviée par la gardienne sur son poteau droit, le ballon revient devant le but et Geyoro se jette pour le pousser du droit au fond)
5-0 Valérie GAUVIN 67′ (Touche d’Henry à gauche qui trouve Asseyi qui centre au cordeau vers la tête de Renard au point de penalty, Gauvin vient dévier juste devant le but et surprendre la gardienne pris à revers)
6-0 Maeva CLEMARON 83′ (Bon travail d’Asseyi sur le couloir droit qui élimine Suárez et adresse un centre au second poteau pour Clemaron qui reprend de l’extérieur du droit pour redresser le ballon vers le but)

Avertissements : Viviane Asseyi 27′ pour la France ; Jemina Rolfo 64′, Lorena Graña 77′ pour l’Uruguay

France : 16-Sarah Bouhaddi ; 4-Marion Torrent, 12-Aïssatou Tounkara, 3-Wendie Renard, 7-Amel Majri ; 6-Amandine Henry (cap.) (10-Maéva Clemaron 72′), 14-Charlotte Bilbault ; 8-Delphine Cascarino (11-Marie-Antoinette Katoto 64′), 23-Onema Grace Geyoro, 18-Viviane Asseyi ; 13-Valérie Gauvin. Entr.: Corinne Diacre
Non utilisées : 1-Solène Durand, 21-Pauline Peyraud-Magnin, 2-Hawa Cissoko, 5-Julie Debever, 9-Ouleymata Sarr, 15-Elise Bussaglia, 17-Gaëtane Thiney, 19-Estelle Cascarino, 20-Kadidiatou Diani, 22-Sakina Karchaoui

Uruguay : 12-Sofía Olivera ; 6-Lorena González (17-Jemina Rolfo 16′), 2-Yannel Correa (3-Daiana Farías 56′), 16-Rafaela Medina, 20-Lorena Graña ; 4-Carina Felipe, 8-Ximena Velazco (cap.), 9-Pamela González, 19-Giovanna Yun (21-Esperanza Pizarro 60′) ; 11-Federica Silvera (18-Stefany Suárez 74′), 10-Carolina Birizamberri. Entr.: Ariel Longo
Non utilisées : 1-Catia Gómez, 5-Sabrina Soravilla, 7-María González, 13-Adriana Castillo, 14-Valeria Comán, 15-Antonella Ferradans