De la 1ere sélection de Corinne Diacre, très ouverte, on a tendance à dire qu’elle est revenue par la suite aux joueuses habituelles. Pas si évident. Elle a gardé une ossature faite de jeunes joueuses qu’elle a confirmé comme titulaires et de joueuses d’expérience qui seront certainement indéboulonnables. 

La composition éventuelle : Bouhaddi – Torrent, Tounkara, Renard, Karchaoui – Henry (cap), Bussaglia – D. Cascarino, Thiney, Majri – Katoto.

Remplaçantes : Durand, Payraud Magnin, Cascarino E., Cissoko, Debever, Bilbault, Clemaron, Geyoro, Asseyi, Gauvin, Sarr, Diani. (source La Voix du Nord).

Les joueuses Diacre

Dans les 14 joueuses qui ont été alignées face au Chili, Marion Torrent (Montpellier, 26 ans) et Ouleymata Sarr (Losc, 23 ans) avaient ouvert leurs compteurs internationaux avec la coach française quand Valérie Gauvin (Montpellier, 22 ans) retrouvait une 2e sélection après celle lointaine de 2015 face aux Pays-Bas. A quelques enjambées de l’ouverture de la Coupe du Monde, elles sont là, membres du groupe des 23.

De la même manière, Julie Debever (30 ans, EA guingamp) a eu le privilège récent de connaître sa première sélection en octobre 2018 pour faire partie, depuis de toutes les listes de Diacre quand Maeva Clemaron (Fleury 91, 2 sélections), apprentie architecte dans le civil, doit sa première cape à Corinne Diacre lors de la ShebelievesCup 2018.

Du côté des gardiennes, elle a incorporé Solène Durand (EA Guingamp, 24 ans) et Pauline Peyraud Magnin (27 ans, Arsenal FC) dont il reste à définir le poste de 2 et 3, sans sélection pour les deux. Au lieu et place de Karima Benameur et Laetitia Philippe, habituées aux convocations.

Dans ces joueuses Diacre, on trouve peu de titulaires. Marion Torrent, latérale droite ayant gagné une place de titulaire que personne ne lui aurait donné au préalable. Sauf la coach française qui aurait très bien pu la lui attribuer même sans la blessure de Jessica Houara d’Hommeaux. La Montpelliéraine étant la joueuse la plus utilisée par Corinne Diacre depuis son intronisation (16 fois sur 17). On peut y insérer Griedge MBock (24 ans, OL, 47 sélections) depuis que Laura Georges a annoncé sa retraite même si la lyonnaise avait été déjà appelée avec les deux sélectionneurs précédents, Philippe Bergerôo et Olivier Echouafni. 

Mais les véritables titulaires devraient être Delphine Cascarino (Ol, 22 ans, 7 sélections) qui met au challenge une excellente Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto (20 ans, Paris SG, 2 sélections), meilleure buteuse du championnat de France actuel (18 buts) devant Ada Hegerberg.

Pour que ces filles se fassent un nom et soient utiles à l’Equipe de France, il faut qu’elles marquent. En effet, les Bleues ont un gros problème offensif. En dehors d’Eugènie Le Sommer (73 buts), très peu de joueuses ont une marque supérieure à 4 buts dans cette équipe de France.

Il convient d’ajouter des joueuses mises sur une liste qu’on pourrait qualifier “de complémentaires”, à sortir en cas de pépins. On peut y mettre Hawa Cissoko (Soyaux, 1 sélection) entrée à la 85’ face à l’Espagne, tout juste ré-appelée pour ce stage. Charlotte Lorgeré (24 ans EA guingamp, 1 sélection) en fait aussi partie comme pour Estelle Cascarino (Paris FC, 22 ans, 1 sélection) appelée pour faire face à la blessure de Griedge MBock, sur cette rencontre.

Si elle a ouvert le compteur de certaines, elle en a réouvert pour d’autres.

Viviane Asseyi (Bordeaux, 25 ans ) dont l’essentiel des sélections s’était faite en 2014 et repartie dans l’aventure des Bleues depuis 2017, forte de 26 sélections maintenant, dont 10 sous les couleurs de Corinne Diacre avec 3 buts à la clé pour l’attaquante sur un total de 4. Aissatou Tounkara (23 ans, Atletico Madrid, 8 sélections) dite “la fesse gauche” de Griedge MBock sur leur contact en réseau social, qui a gagné sa place lors de la SheBelievesCup, en y laissant une jambe quand même.  Charlotte Bilbault (Paris FC 28 ans) est revenue dans le giron des sélections pour la seconde fois de suite, lancée d’abord par Philippe Bergerôo en 2015.

La continuité pour certaines

On a vu la confirmation parmi les jeunes pousses françaises de Grace Geyoro au milieu (Paris SG, 21 ans) qui va passer de 8 à 17 sélections et de Sakina Karchaoui (Montpellier, 23 ans, 21 sélections), toutes les deux potentiellement titulaires.

Celle qui s’est le plus révélée est sans contexte Kadidiatou Diani (PSG) forte de ses deux buts face aux USA, qui tranquillement, prend un statut de cadre offensif avec ses 43 sélections à 23 ans. Elle pourrait frapper un grand coup si elle devait marquer contre l’Allemagne. Buteuse face au 1ere et face à la 2e équipe mondiale ! Une belle marque sur un CV.

Amel Majri, (25 ans, 43 sélections), meilleure joueuse lyonnaise 2018 devant les garçons, est juste montée d’un cran. De latérale à milieu dans le couloir gauche. Un peu comme à l’Olympique Lyonnais où Reynald Pedros l’a repositionné.

L’expérience lyonnaise pour encadrer

Le groupe est encadré par les expérimentées lyonnaises Sarah Bouhaddi (32 ans, 135 sélections), Wendie Renard (28 ans, 105 sélections), Amel Majri (25 ans, 43 sélections), et la nouvelle capitaine Amandine Henry (29 ans, 79 sélections). Elise Bussaglia (33 ans, 185 sélections) aux maillots de multiples couleurs (Ol, Juvisy, Paris SG, Montpellier, Wolfsburg, Barcelone et maintenant Dijon) vient compléter cette armada lyonnaise d’expériences.

Eugénie Le Sommer (29 ans, 154 sélections), buteuse des Bleues à quelques longueurs du record de Marinette Pichon (81), ne sera pas de la partie. Gaetane Thiney (33 ans, Paris FC, 151 sélections) est venue en cours de route, pour un trajet qui semblait prévu. Laissant à la sélectionneuse le temps de faire des tests.

L’expérience semble indéboulonnable et ces joueuses devraient faire partie des onze titulaires, à moins d’un repos nécessaire.

Les événements Corinne Diacre

Les Bleues ont connu une période difficile avec un changement de capitanat forcé qui a mis le feu aux poudres des émotions face au pouvoir. Wendie Renard a vu son brassard, acquit depuis Philippe Bergerôo (2013) lui échapper pour chercher un nouveau propriétaire, attribué au final à Amandine Henry.

Il y a eu la période Gaetane Thiney (Paris FC, 33 ans, 151 sélections) où la joueuse parisienne, revenue en 2017 dans la sélection commandée par Echouafni, après un conflit avec Philippe Bergerôo, n’a pas été prise dans les premières listes de Corinne Diacre alors qu’elle confirmait qu’elle avait le niveau international. Bien lui en a pris de l’emmener aux USA en mars 2018, car il est évident que sa présence dans le jeu face aux américaines a évité un fiasco qui aurait pu entrainer sa perte, après la défaite très lourde face à l’Angleterre.

Enfin, il y a les choix du sélectionneur. A ce jeu, Claire Lavogez (Bordeaux, 3e du championnat), Kheira Hamraoui (FC Barcelone, quart de finale WCL), Aurélie Kaci (Atletico Madrid, championne d’Espagne, finale Coupe d’Espagne), Selma Bacha (Ol, vainqueur de la Ligue des Champions et du championnat deFrance) sont en droit d’avoir des états d’âmes, faisant des prestations convaincantes avec leurs clubs.

Des Bleues un jour et pas toujours !

Sur ces premières listes, Méline Gérard (Montpellier, 12 sélections), Sandie Toletti (13 sélections, Montpellier), Théa Gréboval (Paris FC) et Ali Nadjim Nadjima (Fleury), 24 ans, 1 sélection toutes les deux, Léa Le Garrec (25 ans, 4 sélections, EA Guingamp) et Camille Catala (Paris FC29 sélections) ne semblent plus dans le groupe pour le Mondial 2019 comme Aminata Diallo (Paris SG, 23 ans, 7 sélections) bien qu’elles aient été relancées par Corinne Diacre, avec Kenza Dali (22 sélections, Dijon, 27 ans).

Voila les Bleues face à la 2e équipe mondiale. Un adversaire du Top 3 pour un challenge à domicile et une place de seconde mondiale qui se dessinerait à l’horizon.

William Commegrain lesfeminines.fr