Corinne Diacre nous fait entrer dans le petit groupe de la sélection en avançant ses pions, sereinement. C’est bien le mot “sérénité” qui parait le mieux correspondre au moment chez les Bleues. Même lorsque la question du niveau actuel de la Mannschaft, en reconstruction avec l’arrivée de la nouvelle sélectionneur, se pose.

C’est avec un sourire que la sélectionneur des Bleues, 3e FIFA, pose un regard sur la 2e nation mondiale : “L’Allemagne, cela reste l’Allemagne !” Gilles Eyquem m’avait répondu la même chose à Clairefontaine en préparation du Mondial U20. Il faudra attendre longtemps pour qu’aucun cil d’un sélectionneur ne bouge quand on évoquera une opposition face à la Grande Allemagne. Il y a du Séville 82 dans tout cela mais pas que ! La force de l’Allemagne dépasse son football. Elle est culturelle comme, à la France, on associe le talent.

Ce qui permet à la coach française, multiple adversaire des allemandes au moment de leur domination européenne et mondiale, de sourire quand elle rappelle la victoire française à la SheBelievesCup de mars dernier (3-0) qui avait couté sa place à Steffi Jones : “je pense qu’elles vont l’avoir en travers de la gorge. En tout cas, à leur place, je l’aurais très mauvaise !”

Habituée à avoir très souvent perdu contre la Mannschaft, elle devait aussi se rappeler du (4-0) subi en Allemagne, très près de sa prise de fonction (Novembre 2017) qui avait eu du mal à passer. Colérique après ce match, heureuse du tour joué aux Etats-Unis, quelques mois plus tard.

Les matches France-Allemagne ont un parfum spécial.

Une Allemagne redoutée, pour autant, la coach française est sereine. “Je sais que je vais donner du temps de jeu jeudi à des joueuses qui en ont eu un peu moins avec moi. Cela va me permettre de bien jauger leur niveau par rapport à une belle équipe d’Allemagne.” Elle ne se départit pas de son plan de projet. Monter graduellement avec des certitudes, même si, en face, elle ne doit pas être dupe des compositions d’équipe proposées. Assez loin de leur meilleure niveau.

Pour les Bleues,  l’objectif est de maintenir les victoires mais de ne pas oublier qu’il est surtout ailleurs. En Juin 2019. Fixant à son groupe “Des détails à travailler” et anticipant des problèmes éventuels, “avec peut-être encore des essais parce que avec mon staff, même si on s’adapte par rapport aux absences et aux blessures, on doit anticiper les blessures potentielles.” Olivier Echouafni a certainement en travers de la gorge l’absence sur blessure d’Amel Majri. Un poumon qui lui avait manqué dans cet Euro 2017.

Jeudi, avec ce France Allemagne, les supporters verront un match qui a un sens présent pour les Bleues et qui déterminera, pour la Mannschaft, la dose de travail à réaliser pour les derniers vainqueurs des JO 2016 mais qui, au fil du temps, commencent à sortir des compétitions avant les finales.

1/4 de finale Euro 2017, 1/4 de finale Mondial U20 2018, 1/2 finale U19 2016 et 2017. Seule éclaircie récente, la finale de l’Euro 2018 U19.

A mon sens, la véritable difficulté n’est pas l’adversaire. Elle se situe dans trois matches à élimination directe, à compter des 1/8e de finale. A ce jeu, la France n’a encore jamais passé l’obstacle. C’est tout le travail de Corinne Diacre et ce sera la base de son succès en cas d’option favorable.

William Commegrain lesfeminines.fr