Par Théodore Genoux. En ce premier week end de janvier, c’était l’entrée en lice des équipes de D1F dans les 16ème de finale de Coupe de France. Comme habituellement, globalement la hiérarchie a été respectée, sauf deux exceptions.

Des rencontres face à des “plus petits” sans but de l’adversaire.

Les deux candidats au titre et derniers finalistes de l’épreuve, l’OL et le tenant du titre, le PSG se sont imposés sans difficulté face à Rodez D1 (6-0) et Rennes D2 (8-0). Dijon, Fleury et Lille ont fait largement ce qu’ils devaient faire en s’imposant face à Portets D2 (11-0) Rouen R1 (4-0) et FC Nantes R1 (3-0).
L’ESAP de Metz (D2) s’impose sur la plus petite des marques (0-1) contre l’Olympique de Valence (R1) quand l’ESOF de la Roche sur Yon (D2F) ne fait pas dans le détail contre Vaux le Pénil la Rochette (0-5). Le GF 38 (D2F), face au Petit Poucet de ce tour de Coupe se fait plaisir avec un (0-12) qui n’a laissé aucune chance à ce club de R2.

Une opposition où le plus petit réalise son objectif.

Soyaux était très attendu contre le leader incontesté de la D2, l’emblématique Stade de Reims qui renait à la compétition après avoir été le club historique qui a lancé le football féminin et l’équipe de France. Une rencontre forte en symbole puisque Soyaux se trouve être le dernier club de l’élite exclusivement féminin, ne subsistant pas grâce aux deniers d’un club professionnel masculin. Le Stade de Reims, avec 10 points d’avance, se préparant à retrouver l’élite de la D1F.
Dans une rencontre qui pouvait être piège pour les filles de Sebastien Joseph, 8e de la D1F. Piège évité et victoire sans appel (2-1) même si la réduction du score rémois a donné des frissons au public charentais. Guingamp s’impose sans conteste contre le Stade Brestois D2 (5-1) dans un derby de la Bretagne.
Le FC Metz (11e de la D1F et premier relégable) a gagné facilement sur le terrain d’une équipe d’Albi qui n’est plus que l’ombre d’elle même, engloutie dans le ventre mou de la D2 (1-3). Pour les messines, promues cette saison, c’est la confirmation qu’elles sont au-dessus d’une D2F et qu’elles doivent juste trouver le niveau de la division de l’élite pour se sortir de cette position de relégable.
Dans deux rencontres de même division (D2F), le derby de l’Est de la France a tourné en faveur de l’AS Pierrot Vauban Strasbourg contre l’historique FC Vendenheim (2-2, 4 tab à 3) et Le Havre, souvent en cours dans cette compétition, ville hôte de la Coupe du Monde à venir et future destination des Bleues contre les USA (19 Janvier) a pris le meilleur sur Issy FF (0-2).

Saint Malo et l’AC Avignon réalisent les deux surprises de ce 16e.

Bordeaux, qui avait fini l’année 2018 à une place de 3ème du championnat de France, jamais obtenue dans son histoire pour sa troisième  saison dans l’élite est éliminé par une équipe de D2, seconde de son groupe, l’US St Malo (0-0) aux tirs aux buts. Une Coupe de France qui n’est pas la “tasse de thé” des troupes de Jérôme Dauba. C’est la 3ème année consécutive que les filles entraînées par Jérôme Dauba sont éliminées dès le premier tour de la Coupe de France (2 fois contre la Roche sur Yon et 3 fois contre une D2F) !
Dans un championnat où les accessits sont quasiment impossibles avec la présence et les budgets de l’Olympique Lyonnais et du Paris Saint Germain, nettement devant, la Coupe de France est importante pour des joueuses qui y trouvent des sensations de compétitions, d’émotions et de dynamisme qui restent dans leurs mémoires. Là, Bordeaux se trouve un peu trop souvent bloqué dans cette compétition avec la difficulté de devoir maintenir leur performance en championnat pour valider une entrée en D1F plutôt de qualité.
Il reste que le recrutement ambitieux du club laissait présager d’autres performances à ce stade de la compétition. Y a t il un problème de motivation lorsque l’adversaire est considéré inférieur ? Pourquoi le staff et l’équipe ne réussissent pas cette compétition comme le championnat ?

L’exploit de l’AC Avignon !

Les petits ont du mal contre les divisions supérieures dans ce football féminin. En effet, à l’inverse du football masculin où les divisions inférieures sont remplies de joueurs ayant été formés dans les clubs masculins de l’élite mais bloqués pour de bonnes ou mauvaises raisons, le football féminin n’a pas les mêmes ressources et les bonnes joueuses se trouvent souvent alignées dans la division de leur niveau.
C’est pourquoi l’exploit est fort de la part de l’AC Avignon qui se trouve en R1 (régional). Elles ont réalisé la grosse sensation de la journée. Après avoir sorti l’OM pensionnaire de D2 tout juste relégué de la D1F, elles viennent de réitérer en éliminant Croix de Savoie Ambilly 4-3, autre club de D2F. C’est un bel exploit qui les rendent “petit poucet” des prochains 1/8e de finale.

La performance du Paris FC 

Une demi-surprise est la sortie de Montpellier (0-1, 67′) par le PFC, su un but de Clara Mateo. Peut être que cette victoire sera précurseur d’un souffle nouveau vers la 3ème place pour le PFC ? Mais en attendant, elle est un signe positif pour une équipe qui connait des résultats mitigés depuis plusieurs saisons et qui là, s’offre son habituel concurrent, devant lui au Top 3 du championnat.
Une belle performance collective et individuelle pour la buteuse Clara Mateo (21 ans), membre de l’équipe de France U20, médaille d’argent au Mondial 2016, avec 10 sélections en équipe de France B, appelée l’an dernier par Corinne Diacre en Septembre 2018 et qui doit connaître une très belle sensation d’avoir été la buteuse qui qualifie son équipe face à un cador de la D1F.
Quant à Montpellier c’est la première fois que leur parcours s’arrête aussi vite. Après un début de saison difficile et un redressement qui semblait prometteur, cette défaite est une réelle contre performance pour Montpellier après un sévère (0-5) subi à domicile contre l’OL dans son dernier match de 2018. Second club au palmarès de la compétition avec trois titres et six finales pour 17 éditions, l’année commence mal pour les troupes de Jean-Louis Saez.
Attendons avec impatience le prochain tour avec les qualifiés : OL, PSG, PFC, Dijon, Soyaux, Fleury, LOSC, Guingamp, FC Metz, Le Havre AC, AS Pierrots Vauban Strasbourg, ESOF la Roche, Grenoble F38, US St Malo, ESAP Metz et AC Avignon
Théodore Genoux et William Commegrain en complément pour les feminines.fr