Une décision d’avenir. La Ligue Professionnelle de Football pose la première pierre d’une collaboration avec le football féminin qui pourrait devenir plus que fructueuse. Si les Bleues rencontrent un succès médiatique lors de la retransmission télévisée de ses matches (moyenne de 870.000 spectateurs sur une période de quatre ans), la D1F a dû mal à exister face à une Ligue 1 Conforama structurée financièrement et une Ligue 2 Domino’s qui essaie d’exister médiatiquement.

Les clubs masculins (11 sur 12), support du développement de l’élite féminine en France, ont donné le maximum de ce qu’ils pouvaient faire dans un premier temps, investissant sans retour sur des salaires de joueuses, pour les clubs repris -directement ou indirectement- de la D1F féminine.

Laurent Nicollin me le disait lors d’une interview de début de saison : “On ne peut pas aller plus loin”, passant le ballon à la fédération.

La FFF, tutrice de l’élite féminine puisque le football féminin est encore amateur, demande à sa filiale, la LFP, de faire un premier financement de l’élite du football féminin. 

La Balle a été bien contrôlée par Noël Le Graët. Le président de la Fédération, bien parti pour être le 2e homme du football féminin après/avec/avant Jean-Michel Aulas, l’a même posé sur le point fatidique de la surface de réparation, pour envoyer une praline au fond des filets. Pas mal à 76 ans.

Le communiqué de la LFP : ” « C’est un trait d’union symbolique entre deux Coupes du Monde. Pour la première fois, la LFP va directement aider les 12 clubs de D1 féminine. A un an de la Coupe du Monde organisée en France, ce geste de solidarité marque l’engagement du monde professionnel masculin en direction du football féminin. Après le formidable succès de nos Bleus en Russie, les clubs professionnels et la Ligue seront les premiers supporters des Bleues. Et, au-delà de cet événement mondial, nous souhaitons que le développement d’un championnat féminin d’élite se poursuive ».

La LFP, émanation de la FFF, s’est désistée sans souci de l’intégralité de la somme que la FFF allait lui retourner sur les gains générés par la Coupe du Monde 2018, et préparer de belles petites enveloppes individuelles à l’attention des douze clubs de la D1F, en charge de créer une élite féminine française.

Voilà un beau virement pour chacun des clubs, à identifier avec précision au prochain passage auprès de la DNCG. Et oui, depuis quatre saisons, les sections féminines montent à Paris pour -coeur battant à découvrir le bonheur des comptes d’exploitation- présenter les coûts d’une saison à venir, déjà mis de côté et prêt à être honoré.

Les femmes, lorsqu’elles obtiennent quelque chose, reviennent rarement en arrière. Nathalie Boy de la Tour, Présidente de la Ligue “suppléante de Novembre 2016”, ne déroge pas à cela. Bien installée pour quatre ans alors qu’elle avait été élue sur un siège “occupable” par Michel Seydoux, en attendant sa vente du Losc à Gérard Lopez (26/01/2017), la femme de Conseils tout juste dans la cinquantaine, glisse une fin de communiqué comme un message à entendre pour l’avenir : “Et, au-delà de cet événement mondial, nous souhaitons que le développement d’un championnat féminin d’élite se poursuive ».

Petites, petites ! Bientôt Grandes ?

Bientôt une LFP féminine. Certainement au lendemain de 2019.

William Commegrain lesfeminines.fr