Attendue à Bondoufle, connue de ses anciennes partenaires, sélectionneuse de certaines joueuses, Sandrine Soubeyrand (198 sélections, record féminin et masculin) vient avec un passé unique et prend la décision de se lancer comme coach avec le Paris FC pour se faire un avenir, dans une D1F plus médiatisée. Adepte de jeu tactique, l’ex-milieu de terrain qui a fait ses armes en tant que sélectionneuse des U17, doit intégrer le potentiel actuel de l’équipe (deux saisons à 8 défaites et 5 nuls) confronté à une concurrence très exacerbée, bien plus homogène qu’à son départ. Elle a signé un contrat de 2 ans et demi, soit jusqu’en Juin 2021. Le Paris Fc est actuellement 8e du championnat avec 1V, 2N, 2D.

Son dernier match à Bondoufle. Un match de folie. Juvisy collait encore au PSG.

Elle était partie de Juvisy, ardéchoise au coeur fidèle, sur un match assez extraordinaire pour le club de l’Essonne. Cela s’était joué à Bondoufle, sur un Juvisy-PSG de la 21e journée qui avait mis le club de l’Essonne a un souffle de l’Europe (-1 point), l’ayant quitté en 2013 et pouvant être à deux doigts de le reprendre à ce PSG professionnel qui lui bottait les fesses en lui ayant pris sa place européenne à Maquin (0-2) la saison précédente, lors de la même 21e journée.

Pour ceux qui était présents, souvenez-vous de ce fameux coup franc de Gaetane Thiney, dans les 30 dernières secondes, que Katerzyna Kiedrzynek avait détourné sur la barre avec la double championne du monde allemande Linda Bresonik, bloquant le score à (2-2). Un scud qui -s’il était entré- redonnait l’Europe à Juvisy qui l’avait quitté sur une demi-finale européenne perdue sévèrement contre Lyon (1-6).

Le championnat s’était terminé à un point du PSG (78-77) et la semaine suivante, Gaetane Thiney livrait un combat à distance avec Marie Laure Delie pour le titre de meilleure buteuse de la D1F. La -maintenant parisienne- l’emportant d’un but (26 à 25) avec un carton de 0-10 contre Muret dans la région toulousaine, et un triplé (22′, 80′, 85) dont deux buts dans les dix dernières minutes quand Marie-Laure “ne faisait” qu’un doublé (58′ et 76′ ), au stade Charlety, opposé à Yzeure.

Un titre qui avait basculé du côté de Toulouse à la 85′, en faveur de celle qui sera cette année, meilleure joueuse UNFP et FFF. L’histoire dit que les téléphones étaient branchés sur les bancs des deux équipes. Suscitant la concurrence.

24 mai 2014, le dernier match et la dernière saison très compétitive de l’ex-Juvisy, qui après n’a fait que courir après son Histoire, de plus en plus devancé par le PSG.

L’Histoire nous amène à dire que Sandrine Soubeyrand avait quitté Juvisy au top avec 3 défaites et 1 nul.

Quatre ans plus tard, ce ne sont plus les mêmes résultats.

7 défaites en 2015 et quinze points d’écart avec le PSG (67 à 82) pour une 3e place. Une amélioration en 2016 avec 3 nuls et 4 défaites mais une 4e place et Montpellier qui passe devant. Puis la catastrophe de 2017 avec 5 nuls et 8 défaites pour une cinquième place, l’Olympique de Marseille prenant la 4e. Pour finir par 6 nuls et 8 défaites en 2018.

Bien entendu, interviews après interviews, tout allait bien du côté de Bondoufle. Un club qui a un mal fou à dire les choses publiquement quand elles vont mal.

Sandrine Soubeyrand, un monument en Bleue.

Sandrine Soubeyrand est une référence. De son côté, Sandrine Soubeyrand avait signé un Euro 2013 comme capitaine de la sélection nationale, butant en quart de finale face au Danemark (1-1). Le compteur fixé à 198 sélections, jouant son dernier match à un mois de ses quarante ans. Une performance qui la met au niveau d’une joueuse comme Formiga, star internationale sous les couleurs parisiennes avec ses prochains 41 ans. Elles doivent être certainement les deux joueuses mondiales à être restées si longtemps au très haut niveau, dans des équipes du Top Ten mondial.

Un record de sélections que Laura Georges (188) et Camille Abily (183) ont failli battre mais qui tient toujours, tant chez les hommes que pour les femmes mais qui reste éloigné des américaines, stars en la matière avec 354 sélections pour Kristine Lilly.

Un coaching de sélectionneuse auprès des jeunes U17 féminine

Depuis 2014, elle s’occupait des sélections nationales, le site de la fff nous précise qu’elle a réalisé 44 matches (26V, 5N, 13D) comme sélectionneuse soit 60% de réussite, avec l’avantage d’avoir vu toutes les jeunes joueuses de la génération à venir.

Elle a notamment eu sous ses consignes Camille Pecherman, Agathe Ollivier, Emelyne Laurent, Mylène Chavas, Pauline Dechilly, De Almeida, Katoto Marie Antoinette, Fercocq, Bacha, Lakrar, etc … pour 19 matches amicaux, 18 matches de qualification au championnat d’Europe et sept matches de championnat d’Europe (2015, 2017), ne se qualifiant pas pour ceux de 2016 et 2018.

Les Clara Matéo, De Almeida, Théa Greboval, Elise Legroux, Karadjov, Mathilde Bourdieu au PFC actuellement comme par le passé sont certainement des filles qui avaient été pressenties par Sandrine Soubeyrand. On ne quitte pas un club féminin sans lien, cela n’existe pas dans ce monde de filles.

Elle en a certainement vu d’autres, ce qui pourrait représenter un avantage parisien, dès lors qu’elles se mettent au niveau de la concurrence et de l’élite.

Enfin, elle connait bien aussi Corinne Diacre qui a été l’adjointe de Bruno Bini et qu’elle a dû revoir plus d’une fois à la fédération, comme sélectionneuse.

Revenir quand on est parti, c’est un sacré challenge.

La joueuse, milieu de terrain, était l’ordinateur de Bruno Bini sous le maillot Bleue. Une maître tacticienne qu’utilisait aussi Sandrine Mathivet (2009-2013), et qui a fait aussi une année avec Pascal Gouzènes, l’ex-coach parisien responsable de la section féminine.

Elle connait Juvisy autant que “sa poche”. Un maillot porté depuis 2000 pendant 14 ans. Depuis son départ, rien n’a changé. Les personnes sont les mêmes. Elle ne sera pas dépaysée. Néanmoins, on doit se demander pour quelles raisons rien n’avait été changé auparavant alors que les résultats sportifs étaient en pente descendante depuis quatre ans ?

De son côté, elle met en “stand by” une carrière française et internationale à la DTN pour revenir à l’exiguïté d’un club. Moins de football international, plus de pression, plus d’obligations et maintenant de médiatisation. C’est aussi un challenge qu’elle prend.

Une D1F qui a totalement changé en quatre ans. Structurée, médiatisée et dont les intérêts individuels commencent à se prononcer au détriment de ceux collectifs. Cela peut être un avantage comme une difficulté. Les jeunes joueuses de maintenant ont un plan de carrière. Sont-elles aptes à réaliser les mêmes performances que celles du passé – avec les efforts d’anticipation qui vont avec – compte tenu que les adversaires se sont surtout nettement améliorés ?

On le voit, le Paris FC a fait le choix d’une spécialiste du football féminin quand à l’inverse, l’Olympique Lyonnais, après avoir pris Gérard Prêcheur, Patrice Lair, Farid Benstiti, spécialistes de la discipline, aura été chercher un style de jeu offensif avec Reynald Pedros, qui est venu découvrir le football féminin.

Il sera intéressant de voir les résultats et de les comparer. L’objectif annoncé dans le communiqué de presse étant de retrouver, pour le Paris FC, l’élite et la compétitivité.

Pour l’anecdote, elle sera la seconde femme coach de la D1F. Elle va oeuvrer face à Rodez, Samedi 13 Octobre pour la prochaine journée, coaché par Sabrina Viguier, qui se connaisse bien pour avoir été ensemble en EDF.

William Commegrain lesfeminines.fr

Photo de Niko lors du dernier match de Sandrine Soubeyrand à Bondoufle.

Photo Niko R. Gaetane Thiney met le premier but de Juvisy face au PSG, pour le dernier match de Sandrine Soubeyrand, qui aurait pu qualifier son équipe pour l'Europe face au PSG. Cadeau.

Photo Niko R. Gaetane Thiney met le premier but de Juvisy face au PSG sur une erreur de Kiedrzynek, pour le dernier match de Sandrine Soubeyrand, qui aurait pu qualifier son équipe pour l’Europe face au PSG.