Un match de rentrée pour les Bleues et une Corinne Diacre, déjà dans sa bulle et son exigence pour la future Coupe du Monde 2019. En conférence de presse d’après match, alors que les jeunes mexicaines ont pénétré au maximum quatre fois la zone des trente mètres française, avec un tableau d’affichage qui pointe un (4-0) net et sans bavure, la sélectionneuse française ne mâche pas ses mots.

Les buts de France-Mexique (4-0)

Entre une seconde mi-temps agréable et une première à revoir.

Corinne Diacre est complètement en Juin 2019.

Un ancien journaliste présent, surpris, se permet même une réflexion sous forme de question : “Est-ce que vous n’êtes pas trop sévère pour vos joueuses ?” . Sentiment partagé après une telle domination dans la possession et dans le résultat.

L’ex-coach de Clermont lui répond calmement mais avec certitude. “Vous savez Monsieur, on ne l’est jamais assez. On représente le haut niveau et on se doit d’aller chercher plus. je suis exigeante mais après ma fonction me le demande et on a un objectif dans quelques mois et on ne peut pas se satisfaire de ce qu’on a fait en première période.” Terminant avec une note d’humour “Je peux pas être tout le temps très gentille, .. même si cela m’arrive !”.

Pourtant un match où les mexicaines n’ont pas vu le jour. Leur coach s’excusant quasiment de “la jeunesse de son équipe” en zone mixte, d’un “championnat né en 2016” qui l’oblige à des sélections locales. Des élues dans un groupe de 20 provenant “d’universités américaines”.

De mon point de vue. Un match serein et facile pour les Bleues, joué avec sérénité et tranquillité.

Le job “de fait”. Quatre buts différents : dribble de Diani, filouterie de Thiney, superbe tir extérieur surface et pénalty de Le Sommer. Pour cette rencontre, il n’a manqué qu’un but de la tête !

Pourtant, Corinne Diacre commencera ainsi. Mitigée du contenu, satisfaite du résultat : “Pour moi, à part les dix premières minutes de la première période, c’était compliqué. Même si on a mieux réagi en deuxième mi-temps.

On n’a pas vu les mexicaines. J’y vois une explication et une vérité.

A l’évidence, Corinne Diacre est plus que jamais en Juin 2019, en dehors du fait que “le haut niveau demande de l’exigence et de la rigueur tout le temps”. Toutes ses futures décisions et ses choix seront à prendre en compte et à comprendre avec ce cadre de réflexion. Pour aller plus loin, elle veut voir du Juin 2019 tout au long de la saison.

Soit “plus de disponibilités” pour Gaetane Thiney qu’en première mi-temps afin d’animer le jeu offensif des Bleues, et globalement, “plus de petits efforts, de petits déplacements” qui facilitent le jeu. Même si, les Bleues “ne s’étaient pas vues depuis quatre mois et qu’on était en phase de début de championnat avec une grosse préparation des filles dans leurs clubs.”

Est-ce trop d’exigence alors que nous sommes début Septembre ? 

On n’a pas de temps à perdre.” Voilà une phrase extraite d’un ensemble qui peut expliquer ce regard sur le contenu des prestations des Bleues. Il est vrai qu’il y a peu de RDV, une dizaine environ, que le temps passe, et qu’il faut impérativement qu’elle ait maintenant des certitudes sur les questions qu’elle se pose.

Car Corinne Diacre se pose à l’évidence encore des questions sur son groupe de 23 et sur certaines de ses titularisations.

Le poste d’avant-centre ?

Voilà un poste assez ouvert en Equipe de France et qui cherche sa buteuse depuis que Marie Laure Delie (125 sélections, 63 buts) n’est plus convoquée par Corinne Diacre. Un poste qui a besoin d’une nouvelle affirmation pour la responsable des Bleues. Dans ce cadre, la parisienne Kadidiatou Diani a joué une belle carte avec un but plein de maitrise et beaucoup de tentatives.

“J’ai bien aimé la prestation de Kadi et je lui ai dit. Même si elle avait fait quelques matches de préparation à ce poste là, elle a vraiment démontré des belles choses. Je suis vraiment satisfaite. Il faudra renouveler. Un match, c’est bien mais si elle pouvait réediter cette performance ce serait pas mal. Elle a montré des choses intéressantes à ce poste là. Pour moi, c’est certainement la joueuse du match”.

Les titularisations de Diacre

Dans un groupe à 23 qui change ou qui accompagne, il est difficile de prévoir les onze titulaires de chaque rencontre de préparation de Corinne Diacre. Par exemple, Annaïg Butel, tout juste ré-appelée a fait tout le match alors que Julie Debever, pour sa seconde convocation était sur le banc. Kenza Dali aurait pu être titulaire sur le côté droit pour lui donner une carte sur 90′ et c’est Delphine Cascarino qui a pris le maillot.

La titularisation de Diani comme avant-centre méritait une question. “c’était pour palier le forfait de Valérie Gauvin et Ouleymata Sarr a fait une reprise un peu tronquée avec son club puisqu’elle s’est faite opérée du poignet et puis, il faut que je tente des choses et ce soir, c’est une belle surprise.”

La réponse est claire. Corinne Diacre a sa lecture bien maitrisée de ses Bleues titulaires. Au même titre qu’Amel Majri et Sakina Karchaoui sont dans le groupe pour le côté gauche. Valérie Gauvin et Ouleymata Sarr sont les choix de Corinne Diacre pour le poste d’avant-centre. Même si “Kadi” vient de taper à la porte.

Le secteur défensif

Alors que les pénétrations mexicaines se sont comptées sur les doigts d’une main, la remarque sur l’exigence d’un niveau de Juin 2019 est tout aussi présente dans le domaine défensif : “On concède pas beaucoup d’occasions même si on a pas été défensivement optimale. Notamment dans notre animation défensive. J’ai vu quelques petites erreurs qui auraient pu nous coûter cher contre d’autres équipes”.

Au bilan, Corinne Diacre cherche à “ce que l’équipe soit au rendement optimal de ce qu’elle peut faire”. Avec le bémol de l’efficacité : “qui sera le problème de beaucoup d’équipes féminines”.

William Commegrain lesfeminines.fr

Elle veut nous emmener quelque part et on doit respecter ses consignes.

Amandine Henry : “On n’était pas très contente de ce qu’on avait produit en première mi-temps par rapport à ce qu’on avait prévu de produire. La coach n’était pas satisfaite. Elle veut nous emmener quelque part et on doit respecter ses consignes. En seconde mi-temps, cela a été un peu mieux”. 

Gaetane Thiney : “En première mi-temps on a plus couru qu’en seconde et on a produit moins de jeu. Il faut qu’on soit plus disponible, d’être rassurée et en confiance. Ce sont des passes difficiles de faire des “Entre-deux”. Il faut de l’audace et je pense que c’est ce que l’on a fait en deuxième mi-temps. On avait une marge de manoeuvre mais au haut niveau il faut éviter de jouer avec trop de sérénité. Sue ce match, il faut faire un peu plus et un peu mieux mais c’était dans l’instant T et avec les conditions du moment.