Formez-vous au poste de gardienne. Petite, si tu commences le football et que tu veux jouer tous les dimanches. Ne te pose pas de questions. Demande sur ta liste du Père Noël des gants, prépare-toi à plonger à gauche et droite. N’oublie pas de lever le genou haut quand tu prends une balle aérienne et si tu as le bonheur d’être une grande, alors prends ton agenda et bloque tous les week-ends.

A moins d’une blessure, si tu as gagné la place de numéro 1. Tu le seras pour longtemps. Et si tu possèdes les qualités pour jouer dans l’élite française, alors tu as de fortes chances d’être sélectionnée. Deuxième ou troisième peu importe. Tes chances de jouer seront rares mais à l’inverse tu vivras la vie des internationales.

Sarah Bouhaddi

On est surpris des sélections répétitives des gardiennes. Les mêmes. En premier lieu Sarah Bouhaddi (Ol, 130 sélections) qui n’aura raté que les JO de Londres en 2012. Cinq compétitions majeures à son palmarès (Euro 2009, 2013 et 2017), le Mondial 2015 et les JO 2016 à Rio. Deux opérations seulement (épaule et main).

Prête pour une sixième compétition à la maison en 2019 et le plaisir d’avoir joué contre les meilleures équipes du monde. Imaginez les souvenirs sportifs. Du quart de finale à la Coupe du Monde 2011 face à l’Angleterre, à la victoire amicale contre les USA en arrêtant un pénalty d’Abby Wambach pour une victoire (2-0) en Bretagne (Houara d’Hommeaux, Le Sommer) et le gain de la SheBelievesCup en 2017 avec la victoire (3-0) contre les USA à l’extérieur.

Etre gardienne numéro 1, c’est la garantie de plein d’émotions. Mais être numéro 2 ou 3, “c’est pas mal aussi !” selon l’expression populaire.

Convoquée(s) en EDF sans jouer

De beaux et grands voyages. Des stades remplis ou quasiment remplis et surtout le frisson de la compétition internationale. Le jeu des titres qui se balancent devant le groupe, comme dans les manèges de l’ancien temps, où il fallait attraper un ticket au bout d’une ficelle. Si l’un l’avait, les autres ne pouvaient plus l’avoir.

Pendant un temps, la seconde gardienne était sa doublure à Lyon (trois saisons). Méline Gérard (28 ans), régulièrement convoquée mais ne jouant que rarement. 14 sélections pour 47 convocations dans le groupes des Bleues, commencée en 2015 (Mondial), 2016 (JO) et 2017 (Euro). Oubliée depuis par Corinne Diacre. Il faut dire qu’en janvier 2018, une américaine d’185, Casey Murphy (22 ans) est venue signer à Montpellier (meilleure gardienne de D1F d’après la fff), la reléguant sur le banc.

Aujourd’hui, Karima Benameur (29 ans, 5 sélections, Paris FC) a pris le relais avec 20 convocations en cinq ans pour 3 sélections avec Corinne Diacre. Là, Blessée, elle fait monter d’un cran Solène Durand (24 ans, EA Guingamp), son ancienne coéquipière qui a réussi son pari à Guingamp. Partie en Bretagne pour la saison 2018 et nouvellement appelée mais sans aucune sélection en A avec 29 maillots bleues portés en jeune (U16 à U20) bien que Laetitia Philippe (27 ans, Rodez, 4 sélections), appelée en substitution de la gardienne du Paris FC, a une expérience bien plus conséquente du groupe des Bleues.

34 convocations depuis 2014 (sans aller plus loin) pour … quatre sélections dont la dernière remonte à Octobre 2015 face aux Pays-bas (défaite 1-2 à Jean Bouin) et la première en novembre 2009, opposée à la Serbie (victoire 2-1). Les deux se connaissent bien puisque Laetitia Philippe était la titulaire à Montpellier en 2016 et 2017 quand Solène Durand avait le rôle de numéro 2.

Pourquoi toujours les mêmes ? 

Dans un championnat à 12 équipes, le choix est limité par rapport aux gars qui ont 20 clubs et un nombre important de joueurs qui évoluent à l’étranger. Encore plus si d’aventures, les cages sont gardées par des gardiennes étrangères. Comme au Paris Saint Germain (Kiedrzynek), Montpellier (Murphy), Bordeaux (Nayler) et même Metz (avec l’estonienne Laar).

Il reste sept possibilités en retirant l’Olympique Lyonnais (Bouhaddi), convoquée. Dans ses sept possibilités, Corinne Diacre en prend deux. Il n’en reste que cinq sur “le carreau”. Beaucoup moins que pour les joueuses évoluant en D1F.

En 2018, il ne faut pas être surpris que Corinne Diacre ait bondi sur Laetitia Philippe qui vient tout juste de reprendre un poste de numéro 1 à Rodez après plusieurs saisons en numéro 2 et 3 à Montpellier. D’où Solène Durand vient et qui a choisi Guingamp pour être titulaire et sélectionnable.

Il reste Munich (Soyaux, 24 ans), Gignoux (Fleury, 22 ans) et Launay (Losc, 21 ans) dans cet ensemble. Des gardiennes encore jeunes. Sans oublier Mainguy (30 ans, Dijon) si elle remporte son challenge face à Mylène Chavas (Dijon, 20 ans). Au cas contraire, Mylène Chavas aurait de bonnes chances d’être convoquée dans les prochains rassemblements. Ne serait-ce que pour être vue, même si certains lui prédisent le meilleur.

Qui pour remplacer Sarah Bouhaddi ? 

Dans le choix des deuxième et troisième gardienne qui partiront au Mondial 2019, il y aura la remplaçante désignée de Sarah Bouhaddi qui, si elle ne se rate pas, devrait signer un bail de numéro 1 avec l’EDF féminine.

Un poste, à l’analyse, avec peu de concurrence. On n’a jamais vu un joueur de champ devenir gardienne alors qu’on a vu de nombreuses joueuses de champ changer de poste pour s’affirmer au plus haut niveau.

Peu de clubs, un choix diminué par le nombre de gardiennes étrangères (4) et la volonté de ne prendre que les gardiennes évoluant en France (Peyraud Magnin) et titulaire (Meline Gérard). Voilà l’explication des mêmes noms en tant que gardienne.

Une situation que l’on retrouve souvent à l’étranger avec des gardiennes au nombre impressionnant de sélections.

Alors parents de petites, vous pouvez rêver à une joueuse buteuse ou passeuse, mais si elle vous dit qu’elle veut garder les cages. Laissez une place dans l’armoire. Si elle est bonne, elle vous ramènera du Bleue, qu’elle soit numéro 2 ou 3 voire numéro 1.

William Commegrain lesfeminines.fr

Il reste deux interrogations : Pauline Peyraud Magnin (26 ans, Arsenal) convoquée une fois en 2018 et qui a décidé de jouer la carte de la titularisation après avoir fait une saison à l’OL sur le banc (2018). Une fille qui a su changer de clubs (Issy, ASSE, OM, OL) après sa formation chez les fenottes (2008-2014). Sauf que Corinne Diacre a précisé qu’elle verrait le championnat de France et beaucoup moins les championnats étrangers.

Ensuite le cas de Méline Gérard, titulaire avec Saint-Etienne (2010-2014) pour être titrée mais sur le banc pendant trois saisons à l’OL (2014-2017) et renouvelant l’expérience à Montpellier (2018).

Gardiennes étrangères D1F.

  • PSG : Katarzyna Kiedrzynek (Pologne)
  • Montpellier : Casey Murphy (USA)
  • Bordeaux : Erin Nayler (26 ans, Nouvelle Zélande)
  • FC Metz : Getter Laar (28 ans, estonie) ou Justine Lerond (18 ans).

Gardiennes françaises sélectionnées.

  • OL : Sarah Bouhaddi (32 ans, 130 sélections)
  • Paris Fc : Karima Benameur (29 ans, 5 sel).
  • Rodez : Laetitia Philippe (27 ans, 4 sélections en A, 34 convocations en A au minimum)
  • Guingamp EA : Solène Durand (23 ans, 0 sélection en A et B, 7 convocations, série en cours).

Gardiennes francaises numéro 1 en club postulant à une convocation

  • Soyaux : Romane Munich (24 ans, 8 sélections en B, pas de convocation en A)
  • Losc : Elisa Launay (21 ans, 4 sélections en B, une convocation en A)
  • Fleury 91 : Maryne Gignoux-Soulier (22 ans, 0 sélection en A et B, pas de convocation en A)
  • Dijon : Emmeline Mainguy (30 ans) ou Mylène Chavas (20 ans, 40 sélections en jeune)