Tenter le challenge de la formation

L’habitude est la mère du confort. Refaire les choses de la même manière, gérer son quotidien en ayant le plaisir des mêmes fins de journée, pour se contenter de s’adapter à la situation nouvelle du quotidien, pour finir par s’endormir avec ce “very small” parfum de l’inattendu maitrisé comme source ou élixir de jeunesse, suivant l’âge ?

Et puis il y a le risque. C’est un autre chemin où rien ne dit que la route est tracée. Quelques fois, elle est même rendue invisible sous la brume forte de l’inconnue et de l’incertitude. A l’inévitable question : « De quoi sera fait Demain ? » la réponse est : peu importe car l’aventure est une amante qui ne demande qu’à être maitrisée. Après coup, on s’aperçoit alors que le passé n’est fait que de ces incertitudes qui, par le jeu du temps passé, sont devenues, de fait … enfin des certitudes.

Alors, nous voilà prêt de s’endormir avec le privilège rare de s’apercevoir que l’inconnue qui fait si souvent peur n’est fait que d’un autre quotidien, surprenant car inattendu mais si plaisant, car aisé à se maitriser.

Theodore Genoux est un coach passionné et intuitif. Passionné car il est à l’écoute de tous les outils disponibles pour améliorer la performance. Intuitif, car il sait prendre des décisions fortes sur des données précises, factuelles, sans chercher de trop dans le passé et avec l’espoir positif du résultat futur.

C’est avec ce tempérament rare dans un monde où la patience est devenue un idéal si on écoute Didier Deschamps, que le coach d’Albi est parti en Espagne pour suivre une formation UEFA PRO distillée par la fédération espagnole de football.

Rencontre :

Lesfeminines.fr Pourquoi aller chercher cette formation en Espagne ?

A la sortie de ma collaboration avec Albi Asptt, j’ai trouvé cette formation intensive qui me permettra d’avoir mon diplôme bien plus rapidement qu’en France qui la dispense une semaine par mois quand, en Espagne, je la suis pendant 4 mois, tous les jours de la semaine, sept heures par jour.

Je parle couramment l’espagnol après mon séjour de 2010 à 2012 où j’avais d’ailleurs commencé mon métier d’entraîneur. J’ai mon amie qui vit à Barcelone, je n’ai plus qu’à faire une heure de train par jour.

Lesféminines.fr Que va-t-elle vous apporter ?

En ayant le diplôme UEFA PRO, qui est au plus niveau (3), et que je finance moi-même (environ 10.000 €), je pourrais demander l’homologation à la fédération française pour être au niveau du DEF.

En D1F, le niveau va se resserrer. Même les équipes du bas de classement peuvent prétendre au maintien. Nous sommes tous capables d’analyser la tactique de l’adversaire et de trouver des solutions. Ce qui nous manque, c’est l’importance des causeries. De la gestion d’un groupe. C’est devenu important et essentiel. Si les joueurs ou joueuses ne vous suivent pas, c’est compliqué.

La formation espagnole aborde l’approche sociologique et psychologique de notre métier.

Lesféminines.fr Justement quel est son contenu ?

C’est un contenu assez complet. On a la pédagogie de l’entraînement, un contenu football, un travail tactique, la maitrise des logiciels de vidéos pour analyser les matches, la sociologie et la psychologie et enfin des cours d’anglais afin de postuler à l’international.

Lesféminines.fr Existe-t-il des différences d’approche avec la France ?

La grande différence concerne l’approche vidéo. En Espagne, un match est filmé par quinze caméras, ce qui donne quinze angles différents. Même les matches des jeunes sont suivis de la même manière. Les équipes ont 7 à 8 personnes pour analyser les vidéos.

Cela n’a rien à voir à la D1F qui n’ont comme définition qu’une seule caméra. On ne voit pas les matches de la même manière.

Sur les attendus, on est comme en France sur une pédagogie active avec une forte propension à communiquer avec les joueuses pour qu’elles deviennent actives sur le terrain et à même de prendre des décisions suivant la situation de jeu. Il faut les amener à ne pas subir les évènements.

Sur le jeu, on a comme en France une partie échauffement, une autre sur le jeu, une troisième technique et une quatrième analytique. En Espagne s’en rajoute une cinquième : la possession. L’idée de créer des associations de jeu entre les joueurs.

Lesfeminines.fr vous allez sortir en Octobre diplômé.  

Je suis le seul étranger de ma promotion et j’ai pris le challenge de la suivre en espagnol. Mais quelques fois, les échanges en cours se font en catalan, alors je dois m’adapter. Cela devrait le faire d’autant qu’il y a d’anciens joueurs professionnels dans cette promotion mais aucun n’a jeté un regard discriminant sur mon parcours dans le football féminin. Nous avons chacun notre expérience et les échanges sont passionnants.

Je souhaite être sur le marché avec encore plus de compétences. Avec un diplôme obtenu en Espagne, je m’ouvre en plus tous les pays hispaniques comme le fait d’avoir prouvé ma volonté d’avancer professionnellement en prenant des risques calculés.

Entretemps, je dois faire un stage de 200 heures dans un club espagnol ou étranger et, pour demain, me préparer à répondre à cette question posée à l’avance par l’intervenant en sociologie et psychologie, que je vais vous traduire :

« Est-ce que l’on nait leader ou le devient-on ? »

Discussion s’en est suivie.

Théodore Genoux, un jeune coach qui sait prendre des risques pour avancer en ayant un regard positif sur l’avenir.

William Commegrain lesfeminines.fr.