Laure Boulleau en Equipe de France. Legerement devant Amandine Henry et Amel Majri. Prête à mériter sa place. Laure Boulleau est une fille à part dans le football féminin. Elle a toujours vécu son sport sans se poser de questions, autant avec son tempérament qu’avec son ambition sportive. C’est certainement la raison pour laquelle elle était si suivie sur les réseaux sociaux. Elle avait quelque chose d’autre dans son Être que le simple fait de jouer “football”.

544 000 followers sur Facebook, 343 000 sur Instagram et 265 000 sur Twitter. Elue première sportive numérique en 2013, au tout début des réseaux sociaux, elle a continué à travailler cette image, les aficionados du football féminin en connaissaient la réalité quand elle prenait sa guitare pour chanter avec son amie Candice Prévost quelques morceaux d’amitiés sur le plateau d’Eurosport “Femme2foot”.

Sur les terrains, elle a tout donné et vous pouviez faire quelques centaines de kilomètres pour aller la voir jouer, car vous saviez qu’à tout moment, sur ce côté gauche de la défense, il allait se passer quelque chose qui soit de l’émotion.

Elle le dit au Parisien de ce jour, “c’est une fierté et comme un titre d’avoir changé les mentalités et cassé les codes avec les filles de ma génération.”. Ces filles qui ont commencé à jouer devant 100 personnes autour d’une rambarde d’un terrain de football étaient de tels diamants d’intention et de détermination, de compétition, de volonté et d’actions, que vous restiez “baba” en vous disant, comme un chercheur d’or dans une rivière perdue, “là, c’est de l’Or en barre”.

L’émotion du football. Elles sont quelques unes à en être propriétaire, Laure Boulleau en fait partie.

Laure Boulleau, 31 ans, arrière gauche du Paris Saint Germain depuis la nuit des temps (2005-2018), 65 sélections en Equipe de France, qui a pleuré lors de l’élimination face à Tyresö pour la seconde qualification en Ligue des Champions du PSG, qui a gagné contre l’Olympique Lyonnais en championnat le 18 janvier 2014 pour une victoire qui a fait le tour de la planète football féminin après quatre ans sans défaite lyonnaise, qui a joué la finale de la Ligue des Champions 2015 après avoir éliminé l’Olympique Lyonnais et le Vfl Wolfsburg, quatre titres à eux deux maintenant sept ; qui a vu son club de coeur, le Paris Saint Germain sortir de l’ornière, prendre sa place en Europe et devenir le second club du championnat, juste derrière l’OL ; qui s’est battue comme jamais pour revenir après des blessures : “deux opérations (genou droit et cuisse gauche) lui ont notamment fait manquer les JO de Rio en 2016 puis l’Euro 2017 avec l’équipe de France” précise le Parisien ; qui s’est battue pour réussir à concurrencer l’internationale canadienne Ashley Lawrence, pour revenir prendre des places de titulaires, va chercher à mettre autour de son cou, le seulement -deuxième titre de sa carrière- si les parisiennes emportent la Coupe de France contre l’Olympique Lyonnais, jeudi soir 31 mai à Strasbourg.

Cette joueuse part comme elle est. Sans titre majeur, mais avec tellement d’honneur et une vérité : le sourire de la Vie. Son instagram ne dit pas autre chose. “Le football m’a apporté énormément d’émotions”.

Elle pense positive. Quand elle jouait, elle jouait positive.

Avec un caractère incroyable pour défendre, se donner à fond pour ne pas laisser passer son adversaire. Toujours régulière. L’exacte réplique de l’image du football féminin. Loin des coups qui cassent l’adversaire. La prendre et reprendre à la régulière. Et avec la possession, de la joie pour attaquer. Partir dans le couloir, déborder. Sentir et voir l’espace libre devant soi, à bout de course, en pleine vitesse, pour centrer et donner la passe qui fera le but.

Puis éclater de joie quand cela marche. La joie, la tristesse, le combat. L’émotion de la Vie. C’était le football de Laure Boulleau.

Lors du Paris Saint Germain – Olympique Lyonnais (0-0) du 18 mai dernier. En sortant de la zone mixte, on a échangé deux mots alors qu’elle ne jouait pas. Elle avait la poignée de mains professionnelle. Celle d’une future cadre. Tenue sans tenir. Présente, qui connait les codes. Son regard était déterminé, elle était venue pour passer un message maitrisé.

Cette performance parisienne, car faire match nul face à l’OL est une performance, juste avant leur finale de la Ligue des Champions, l’avait enchanté. Sportivement, elle était très motivée. “Je suis prête, prête à jouer !”. La blessure ? “Rien, c’est réglé”. Elle était dans l’idée de jouer contre Soyaux et de faire la finale de la Coupe de France. Le match était terminé, mais elle était prête à jouer. A faire et à vivre.

Normal, elle avait énormément travaillé pour cela.

Laure Boulleau va arrêter le football, mais elle ne va pas arrêter d’aimer le football et surtout son club. Cette fille doit construire le Nouveau Paris Saint Germain féminin, elle en porte la Lumière. Bien encadrée, installée au plus haut niveau, elle peut le porter Haut et Loin. Elle saura maitriser et dépasser les codes.

La raison ? Le talent. Le reste s’apprend.

William Commegrain lesfeminines.fr

Sinon, en reconversion, elle peut reprendre ses études de kiné de Saint-Maurice – là où Théa Greboval (PFC) se trouve – ; elle peut aussi aller dans les médias TV qu’elle a testée comme consultante et elle a certainement ses propres projets.

Ces filles, comme Sabrina Delannoy sa meilleure amie ou Laura Georges ont tellement marqué et grandi avec ce football féminin qu’elles en sont les grandes soeurs et bientôt les parents.