l’Olympique Lyonnais et Wolfsburg, chefs de meute.

Wolfsburg a gagné deux fois la Women’s Champions League en 2013 et 2014. A chaque fois, cela a été une bataille. D’abord, face à l’Olympique Lyonnais dans une finale où les Louves ont été dominées mais sont reparties vainqueur sur une main de Laura Georges qui vient d’annoncer d’Allemagne, la fin de sa carrière sportive. Une belle performance pour sa première campagne européenne.

Puis une seconde fois, face à Tyresö, un club suédois qui employait la meilleure joueuse du Monde, la Neymar du football féminin, Marta. Menée 0-2 (Marta, 28′, Boquete 30′) par le club suédois menacé d’un dépôt de bilan en cas de défaite, elles étaient revenues à (2-2, Popp et Muller) puis reprise par Tyresö qui avait éliminé le PSG en 1/16è (2-3) pour finir en boulet de canon (3-3) et l’emporter sur un (4-3) d’anthologie.

Il y avait déjà Nilla Fisher, la gardienne Almut Schult, Léna Gossling et Alexandra Popp.

L’Olympique Lyonnais avait remporté les deux éditions précédentes (2011 et 2012) et buté en finale contre Potsdam (2010). Les deux clubs étaient devenus les leaders européens et on était déjà sur une série de confrontations France-Allemagne, avec trois confrontations pour l’OL (Deux fois Turbine Potsdam et une fois Frankfurt).

En 2018, on assistera à la sixième confrontation depuis 2010 entre ces deux nations, avec 3 victoires pour 3 défaites. Egalité parfaite. Hégémonie totale.

Après un trou d’air commun en 2015, l’Olympique Lyonnais prend la tête à compter de 2016

En 2015, les deux équipes se cherchent et le PSG l’emporte sur l’OL (Novembre 2014) en 1/8e de finale, puis c’est au tour du Vfl Wolfsburg de se faire sortir par le club parisien en demi-finale, pour une finale qui se jouera en Allemagne, sans les deux mastodontes européens mais face au FFC Frankfurt. Un quatrième titre qui sera allemand pour le co-leadeur des victoires avec l’OL, obtenu avec la jeune Dzsenifer Marozsan (1-2) sur un but marqué à la 92′ par Mandy Islacker (numéro 17).

Pour autant, les deux clubs ne mettront pas longtemps à se retrouver.

Dès 2016 dans une finale européenne que l’Olympique Lyonnais remportera, (1-1, égalisation allemande à la 87′ d’Alexandra Popp) après la séance des tirs au but et deux arrêts de Sarah Bouhaddi. Fort justement, avec une belle domination lyonnaise et un sens tactique développé de Gérard Prêcheur, plaçant Pauline Bremer un cran au-dessus et Amandine Henry, derrière dans un rôle de lanceuse de torpilles.

Dans ce onze titulaire de 2016 du deuxième triplé lyonnais, on retrouve quasiment les titulaires potentiels de cette année, Louisa Necib et Pauline Bremer en moins. La marseillaise recevant la Coupe pour le dernier match de sa carrière, comme Camille Abily pourrait le réussir.

2017 sera une année française exceptionnelle. Wolfsburg est éliminé en quart de finale par l’Olympique Lyonnais, perdant (0-2) à domicile pour reprendre un zeste d’orgueil avec une victoire au Groupama Stadium (0-1). Les fenottes sortiront de leur campagne 2017 avec la Coupe, pour un quatrième titre de rang.

Jean-Michel Aulas ou plutôt l’OL, devenu co-leadeur historique (4 titres européens) avec le FFC Frankfurt dans un match où le PSG aurait pu prendre sa première Coupe (0-0), mais qui s’est achevé sur les tirs aux buts. Deuxième série (7 tab à 6). Sarah Bouhaddi crucifiant Katerzyna Kiedrzynek, comme huitième tireuse.

2018, le constat s’impose. L’Olympique Lyonnais, avec deux titres de plus, est “un grand pas devant” Wolfsburg. 

L’Olympique Lyonnais va jouer à Kiev avec une équipe pleine d’expérience, proche de la trentaine. Eugènie Le Sommer (29), Wendie Renard (27), Saki Kumagai (27), Amandine Henry (28), Sarah Bouhaddi (31), Camille Abily (31), Corine Petit (34), Jessica Houara d’Hommeaux (30). Toutes des joueuses qui ont déjà gagné la Coupe et qui ont une histoire avec elle. Camille Abily disant, dans la zone mixte du PSG-OL : “il faut profiter de cette finale, même les joueuses de 20 ans. C’est très difficile d’y accéder et on est jamais sûr d’en revivre une”. Ces joueuses le savent, notamment celles qui vont quitter le club où arrêter leur carrière.

Du côté du Vfl Wolfsburg, l’apport de jeunes dans le groupe est plus conséquent. Ewa Pajor (Pologne), Graham Hansen (Norvège), Pernille Harder (Danemark), Noelle Maritz (suisse), Gunnarsdóttir (Islande). Mais surtout, ce groupe est fait de joueuses qui ne gagneront rien avec leur équipe nationale et dont la seule possibilité de titres se trouve avec leur club.

C’est une différence que n’a pas l’Olympique Lyonnais, fait d’internationales françaises (3e FIFA, vainqueur du ShebelievesCup 2017), japonaise (championne d’Asie, championne du monde, argent JO 2012), américaine (Championne du monde 2015), néerlandaise (Euro 2017), canadienne (Bronze JO 2016), anglaise (2e FIFA) et même allemande (Or JO 2016).

Pour moi, cette finale sera “les morts de faim” contre “le mors aux dents”. Un jeune groupe qui n’a encore rien, malgré ses deux titres, et qui court pour un triplé face à une autre qui sait comment gagner pour valider une cinquième couronne européenne et repartir avec le trophée, à ranger définitivement dans la vitrine de l’OL pour une troisième victoire consécutive.

La différence se fera sur la motivation : une forme de conviction que la Coupe est pour soi. Une confirmation qui ne viendra qu’à “bout de souffle”.

Les joueuses s’en souviendront. Les téléspectateurs aussi.

Qui de l’Olympique Lyonnais ou du Vfl Wolfsburg est le meilleur club européen de football féminin ?

Jeudi 18h00. TFX, Canal Plus Sport et Ol TV. Wolfsburg – Olympique Lyonnais.

William Commegrain lesfeminines.fr

  • Gardiennes : Bouhaddi, Peyraud-Magnin
  • Défenseures : Bacha, Bronze, Buchanan, Houara, Mbock, Petit, Renard
  • Milieux de terrain : Abily, Hamraoui, Henry, Kumagai, Majri, Marozsan
  • Attaquantes : Cascarino, Hegerberg, Laurent, Le Sommer, van de Sanden