Il y a eu un match entre le PSG et l’OM. Un classico féminin que le PSG a transformé en Classico masculin, en oubliant volontairement la différence de niveau (3e contre le dernier) et de classement qui n’a pas échappé à Christophe Parra, pas loin d’attendre un prochain Classico où les équipes seraient plus équilibrées.

Si le résultat a été connu, je vous propose mon impression sur les actrices et acteurs du match, en sachant que nous sommes très haut dans le stade. On a donc une vision tactique que les actrices n’ont pas sur le terrain.

Diani et Katoto. Crédit Gianni Pablo. Lesfeminines.fr

Diani, Delie et Katoto. Crédit Gianni Pablo. Lesfeminines.fr

Paris Saint Germain : que des internationales A sur le terrain et deux internationales U20. Celle qui pour moi a fourni la meilleure prestation est la canadienne Ashley Lawrence, suivie de Marie-Antoinette Katoto.

  • 1-Katarzyna Kiedrzynek (La boxeuse) : peu de travail à réaliser mais toujours très courageuse dans ses sorties, notamment au contact que ce soit pour en sortir indemne ou avec quelques coups –
  • 17-Eve Perisset : placée à droite, a joué sa partie comme une milieu excentrée. Jeune, elle possède la qualité pour chercher à perforer bien qu’elle se contente souvent de centrer aux trente mètres. Un excellent pied droit, elle tire tous les coups francs indirects qui a donné quelques buts au PSG. Doit s’améliorer sur les coups francs directs, trop réfléchis.
  • (3-Laure Boulleau 76′) : descend aux seize mètres pour ces centres, voire jusqu’à la ligne. Appliquée et concentrée. Dans le contact, ne pense qu’à une chose. Se remettre sur ses pieds pour continuer. Respire le sport de haut niveau et le PSG.
  • 14-Irene Paredes Hernandez © : toujours placée. Excellente de la tête. Une cocotte minute à l’intérieur. N’admet pas d’être battue par son adversaire mais pourrait faire des fautes quand elle ne maitrise pas son sang froid. Il lui manque de percer des lignes de temps en temps.
  • 4-Paulina Dudek, fait encore trop d’erreurs pour être titulaire mais s’améliore et commence à penser qu’elle mérite de jouer aussi. Fera une bonne concurrence quand elle aura pris de la confiance et de la lecture du jeu adverse. Elle le subit encore trop pour une équipe européenne.
  • 12-Ashley Lawrence : intraitable. Je ne sais pas si une joueuse adverse peut s’enorgueillir de l’avoir passé ? Joue à gauche comme à droite. Très portée sur le jeu court, il lui manque le jeu long dans ses choix. Elle le fera quand physiquement, elle passera moins ses adversaires.
  • 11-Kadidiatou Diani : un jeu de panthère. Ses appuis ont pris dix centimètres de plus. Elle court entre une 200 et une 400. Limite pointe et épaule légèrement engagée devant. En cours d’apprentissage de ce qui peut faire très mal. Le tir sans contrôle. Possède une frappe de mule. Défensivement, est surprise quand elle se fait tomber. Nous aussi.
  • 26-Onema Grace Geyoro : commence à aller dans les vingt mètres adverses. Mais souvent pour se retourner. Rarement dans le sens du but pour marquer. Adore maitriser la fluidité du jeu et du ballon. Une princesse. Doit acquérir de la certitude dans les vingt mètres adverses. Les adversaires des titres sont à ce niveau, si elle veut les passer.
  • 6-Andrine Hegerberg : commence son travail au service des autres. Pas encore assez intégré dans le jeu parisien qui a le défaut de jouer avec les habituées. Une très belle frappe. Donnera beaucoup plus quand elle ne sera pas une habituée mais assez intégrée pour surprendre le jeu du PSG. Axé sur la puissance de ses offensives.
  • 7-Aminata Diallo (58′),Très grande qualité de confiance. Difficile à passer individuellement dans les duels. Sait appliquer le jeu mais pas encore le réfléchir. Elle doit savoir changer si le jeu le demande. 
  • 13-Sandy Baltimore : Jeune en devenir. Forte sur les dribbles courts. Ne s’exprime pas encore sur le jeu long. Sa performance va dépendre encore du rendement des autres. 
  • 10-Jennifer Hermoso Fuentes (70′), intelligente. Passeuse et encore passeuse. Son plaisir, surprendre son adversaire et c’est une joueuse qui aime se faire plaisir sur le terrain.
  • 9-Marie Antoinette Katoto, N’est plus une U20 depuis qu’elle en est la capitaine. A pris de la maturité et de la certitude. Un félin comme une Marie-Josée Perec. Elle voit et part avant. Sur quatre vingt dix minutes, elle sait comme un guépard qu’elle possède la vitesse. Elle ne sait pas encore ce qu’elle est capable de faire face à une autre adversaire guépard chez les A.
  • 18-Marie-Laure Delie, Sa performance dépend de celle de son adversaire. Auparavant, c’était la puissance qui faisait la différence. Aujourd’hui, cela va être l’expérience. Son appel sur le premier but et ses placements lors du PSG-OM sont pleins d’expériences. La défense marseillaise les a trop subi.
  • Patrice Lair : n’est jamais aussi fort que lorsqu’il y a de l’émotion pour une victoire. Pour lui, Le football se prépare avec sérieux, concurrence et se joue avec piment.

L’Olympique de Marseille : 2 internationales A françaises 2018. 1 Islandaise. Quelques ex-internationales avec peu de capes et des internationales U20. Celle qui pour moi a fourni la meilleure prestation est Maëlle Lakrar suivie par une bonne deuxième mi-temps de Geneviève Richard, lorsqu’elle bloque les ballons. 

Viviane Asseyi cherchant une perforation dans la défense de l'OM. Crédit. Lesfeminines.fr

Viviane Asseyi cherchant une perforation dans la défense de l’OM. Crédit. Lesfeminines.fr

  • 16-Geneviève Richard : il y a deux Richard. Celle qui ne bloque pas les ballons par manque de confiance et celle qui s’oblige, même avec un temps de réflexion, à les capter. Dans le premier cas, on s’interpelle sur sa titularisation, dans le second on se demande pourquoi l’OM est douzième.
  • 23-Hawa Cissoko, Comme toutes les jeunes, descend de niveau quand l’ensemble est plus faible.  A du mal sur les dribbles de côté, n’a pas de mal sur les duels de face. Doit apprendre à anticiper un peu plus pour “capter la balle”. Alors, elle donnera un souffle aux autres.
  • 20-Caroline Pizzala ©, pour la capitaine, le match était perdu à 2-0. Elle connait le PSG. S’est juste énervée sur un tacle. Elle est alors redevenue ce qu’elle était. Une joueuse, tête baissée dans le jeu. Pour le meilleur quand cela marche. S’exprime dans l’abnégation où ses qualités de sang froid et sang chaud font merveille.
  • 3-Anaïs M’Bassidje, quand elle part au bon moment, elle bloque plus d’une action. Si elle s’oublie dans la lecture du jeu, ne peut compenser son retard, subissant le choix de l’autre quand il est au niveau du PSG.
  • (21-Fanndís Friðriksdóttir 46′) Incompréhensible la faiblesse du rendement de cette joueuse – pourtant motivée – dans le jeu. Pour l’avoir vu deux fois, j’ai vu la même chose. Elle court, vite sur des petits appuis mais elle est faible dans ses choix techniques.  Pas assez payée pour ses nombres de pas ; trop payée pour son impact sur le jeu. Il faut qu’elle équilibre.
  • 27-Maëlle Lakrar, le coeur est marseillais. A senti que la partie sera difficile, pour autant a été excellente dans son défensif quand elle a été soumise aux difficultés. Tacle. Elle s’est donnée comme on dit. Une satisfaction avec une qualité, elle sait s’adapter à la situation de jeu qui lui est proposée.
  • 24-Amandine Soulard (80′) : une guerrière du football féminin. Caporal du coeur, elle le laissera sur le terrain s’il le faut. Toutes les possibilités pour donner le meilleur de soi-même, pas assez pour renverser un match. 
  • 17-Lalia Dali-Storti : une joueuse qui réfléchit un match. Des choix trop dictés par son passé quelquefois. Il lui a manqué de la justesse technique et de prendre le brassard du jeu à des moments où le PSG a laissé des opportunités, notamment quand la défense marseillaise a dégagé – en veux tu en voilà – et que les circuits de l’OM avait sa place pour exister. 
  • 14-Kelly Gadea : dans un rôle de milieu et de la gagne, aurait dû jouer avec Nora Coton Pelagie et Lalia Dali pour interroger le milieu parisien qui n’était pas assez habituel pour ne pas avoir à se poser des questions. A joué milieu comme un numéro 4 avec l’esprit du duel que cela demande. 
  • 7-Nora Coton-Pelagie : le pire pour un milieu c’est quand tu viens dix fois en soutien et que la balle part devant. Souvent perdue. Nora Coton Pelagie a vécu le pire dans ce match. Cette volonté de jouer le contre a tout prix a montré des opportunités mais le jeu du milieu de terrain marseillais pouvait valoir mieux. Il fallait un peu plus mixer.
  • 6-Viviane Asseyi, Le jeu marseillais s’est concentré sur elle, comme au volley quand on a un smasheur qui peut potentiellement passer le mur adverse. Pas assez protégé par l’arbitre sur la première mi-temps, elle avait effectivement la capacité de faire mal mais elle partait de trop loin pour espérer avoir la chance d’accéder à la surface adverse et de caler un tir cadré pour qu’il fasse but. Après, elle est tombée dans l’erreur de montrer qu’elle ne méritait pas le 4-0, adepte de “swing” avant de donner le ballon.
  • 12-Mickaëlla Cardia, a commis l’erreur de l’individualisme pour une jeune joueuse. S’est rendue compte qu’il est difficle de commencer une action et de la terminer avec le même bonheur au niveau de la D1F. Des qualités mais avec un regard trop porté vers l’avant.
  • Entr.: Christophe Parra. Le coach marseillais est un éducateur et c’est son grand bonheur. Sa priorité, dans laquelle il insère la compétition et la D1F. Homme de respect, il ne placera jamais l’éducation après la compétition. C’est sa foi.
  • (13-Tess Laplacette 80′), trop peu de temps de jeu.
  • (28-Sandrine Brétigny 59′), Est toujours en mouvement, un peu moins placée là où vient le ballon mais quelques fois, assez pour en mettre un. C’est son placement qui lui fera marquer ses prochains buts. 

Les arbitres : 

  • les assistants ont visiblement été excellents. Elodie Coppola a maitrisé son match. J’ai deux observations. Elle n’a pas assez protégé les joueuses de l’OM, souvent ralenties par des tirages de maillot en première mi-temps qui compte tenu de la différence de niveau, rendaient quasiment impossible l’avancée des marseillaises sur le but. Elle aurait dû en tenir compte et avertir.
  • Son choix pour le pénalty semble sévère. Le ballon va totalement à la main. La joueuse marseillaise ne semble pas actrice de l’action mais la subit totalement. A ma décharge, elle est excellemment placée. Elle a peut-être vu autre chose.

Le score :

  • 1-0 Katoto (19′) : la vitesse du guépard qui voit avant les autres.  Delie dans la surface à gauche dos au but face à M’Bassidje arrive à se retourner et place une frappe du gauche dans un angle fermé sur la barre. Le ballon revient plein axe et Katoto n’a plus qu’à pousser du droit au fond
  • 2-0 Diani (44′) : la puissance du Léopard. Périsset décale sur Katoto à droite qui déborde et centre en retrait pour la reprise de Diani de 10 m du droit dans la lucarne gauche
  • 3-0 Katoto (64′) : la confiance d’une joueuse au-dessus de la D1F, mais pas encore A. Frappe de Baltimore sur Soulard. Penalty décidé par l’arbitre que Katoto transforme du droit sur la droite de Richard prise à contre-pied
  • 4-0 Hermoso Fuentes (88′) : l’intelligence d’Hermoso pour surprendre, le plaisir de Boulleau de servir. Boulleau sur la gauche délivre un centre dévié par Cissoko et repris d’une tête décroisée par Hermoso qui trouve le petit filet opposé

William Commegrain lesfeminines.fr