Si comme d’habitude entre les deux nations depuis leur cinq dernières rencontres, le score n’a pas dépassé la simple unité (1-0, but d’Eugénie Le Sommer sur pénalty à la 10′), les Bleues ont dominé le Canada, 4e mondial devant 11.058 spectateurs au Roazhon Park de Rennes, siège du record actuel de l’Equipe de France avec 25.000 spectateurs.

Le côté gauche français, le piston des Bleues.

Sous une pluie continue, le côté gauche français comme à son habitude a perforé la défense adverse, avec une Eugénie Le Sommer qui a réussi à prendre le meilleur sur Ashley Lawrence, bien aidé par Amel Majri. Les deux lyonnaises réussissant des dédoublements qui ont pesé sur la défense canadienne, bien trop classique pour créer un surnombre ou sans de verirables intentions qui auraient pu perturber les françaises.

Sous la houlette de son nouveau coach, le Canada est orphelin de marques de haut niveau et Christine Sinclair et consoeurs n’ont jamais pu s’approcher de Sarah Bouhaddi autrement que par deux balles lobées (21′ et 31′) de Fleming (19 ans) pour Matheson que l’expérimentée lyonnaise est allée chercher sans souci et sans coup férir.

Les Bleues, au top dans une défense à onze.

Il faut dire que la défense française a fait bon ouvrage. Une défense à dix où Valérie Gauvin comme Gaetane Thiney n’ont rien laissé échapper en premier rideau.

Bien assises dans leur jeu, les Bleues ont propulsé des mouvements dominateurs ou de contres qui auraient pu aggraver le score, notamment à la 22′ avec un démarquage intelligent de Valérie Gauvin (9 sélections) sur une percée de Delphine Cascarino (3 sélections) pour un tir trop enlevé. Les deux jeunes de l’attaque des Bleues récidivent six minutes plus tard, sur un centre deuxième poteau de la lyonnaise pour la montpelliéraine, remise sur Eugènie Le Sommer pour un final extérieur. Le constat est impressionnant. A trois attaquantes, les bleues réussissent à s’imposer à six défenseurs. Dans la continuité,. Eugènie Le Sommer ne laisse à personne le soin de se donner en Bretagne, et c’est elle qui glisse dans un trou de souris une balle idéale à Amel Majri pour un tir du droit de la latérale lyonnaise qui monte trop haut.

Ashley Lawrence n’a pas lâché d’une “semelle” Amandine Henry.

 

Canada’s defender Ashley Lawrence (L) vies for the ball with France’s midfielder Amandine Henry (C) and France’s defender Amel Majri (R) during the women’s friendly football match between France and Canada at the Roazhon Park stadium in Rennes, western France, on April 9, 2018. / AFP PHOTO / JEAN-FRANCOIS MONIER. Ashley Lawrence n’a pas lâché d’une “semelle” Amandine Henry.  

Plutôt bon signe ces 45 premières minutes qui font dire à Corinne Diacre, à la sortie du premier acte : “C’est bien mieux que face au Nigéria pour ce premier acte. On est bien entré dans le match avec de la justesse technique. Et on a su faire le dos rond sur le temps fort du Canada.”

D’autant que si le score est en faveur de la France sur un pénalty sifflé (10′) pour une faute de mains de Matheson par Bibiana Steinhaus (arbitre centrale de Bundesliga masculine), faute très souvent pardonnée chez les hommes – et validé par Eugènie Le Sommer (1-0), dernière buteuse des Bleues à Rennes en 2016 ; le Canada peut rentrer avec des espoirs au regard du score mais bien moins sur le contenu. Christine Sinclair n’effectuant le premier tir canadien qu’à la 38′ ! Extérieur.

Dans ce jeu serré entre les deux nations, l’expérience des joueuses a été essentielle et Amandine Henry, Elise Bussaglia, Gaetane Thiney et Wendie Renard ont rendu une copie sans erreur comme ce genre de matches le demande. Une présence toujours forte balayant les quelques imperfections inévitables sur 90′ de match.

Une maitrise française

Le second acte sera de la même facture. Un Canada inoffensif devant, présent ponctuellement par l’intermédiaire d’Ashley Lawrence et abusant du jeu long qui a fait le bonheur de Wendie Renard et Griedge MBock, impériales en défense centrale.

Au contraire, la France jouera superbement ses coups offensifs, avec des contres qui donneront des sueurs froides aux cousines américaines (55′, 73′) et dont le dernier se terminera par un balayage dans la surface de Scott sur Majri, se terminant par le bras autoritaire de l’arbitre sur le point de pénalty. Tiré fort par Amandine Henry, elle trouvera Stéphanie Labbé en opposition pour que le score en reste là (1-0, 77′).

On aurait pu penser que les conditions d’une remontada canadienne se préparaient doucement, mais les rouges étrangères ne montreront aucune qualité particulière dans ce match pour que cela soit le cas ! Au contraire des françaises, qui par l’intermédiaire de Gaetane Thiney, eurent deux fois une belle occasion de planter (73′, 75′), détourné en corner.

Le Canada jouera les trois minutes d’extra time sans faire peur aux françaises. Auteurs du match le plus abouti de l’ère Diacre, confirmant une dynamique positive après les USA (1-1), l’Allemagne (3-0) faisant oublier une période plus délicate de matches nuls et défaites commencées en novembre 2017.

La France a son jeu et ses joueuses. Elle est forte et mérite son Top 5 mondial.

Il lui reste cependant à être dangereuse.

William Commegrain Lesfeminines.fr

source fff.fr

Le 9 avril 2018 à Rennes (Roazhon Park, amical)

FRANCE-CANADA : 1-0 (1-0)

Spectateurs : 11 058.
Arbitre : Bibiana Steinhaus (Allemagne).
Avertissement : Asseyi (70e) à la France.
But : Le Sommer (10e s.pen).

France : Bouhaddi – Torrent, Mbock Bathy, Renard, Majri – Bussaglia, Henry (cap.) – D. Cascarino puis Asseyi (66e), Thiney puis Bilbault (88e) , Le Sommer – Gauvin puis Sarr (82e). Entraîneur : Corinne Diacre.
Canada : Labbé – Chapman, Buchanan, Zadorsky, Lawrence – Matheson puis Rose (88e), Fleming, Scott puis Grosso (84e) – Prince puis Schmidt (38e), Beckie puis Huitema (78e) – Sinclair (cap.). Entraîneur : Kenneth Heiner-Moller (Danemark).