Parce que le football n’est pas qu’une liaison Paris, Lyon, Marseille, David Welferinger nous fait plonger dans l’univers de Montauban, commune d’environ 60 000 habitants située à un marathon de Toulouse en région Midi-Pyrénées désormais Occitanie, place forte du Rugby (ici on dit « Ruby ») mais également du football. Présent depuis 1920 !

Montauban ou le MFCTG fondé en 1953 suite à la fusion de L’Etoile Sportive Villenouvelle et la Vaillante Olympique Montalbanaise porte fièrement ses couleurs jaune, bleu et blanc au plus haut niveau amateur chez les garçons. Il est aujourd’hui présidé par Jean-Michel MALAVELLE qui a relevé le défi de reprendre le club dans une période délicate, que tous les clubs amateurs connaissent.

« Le MFCTG est avant tout un club amateur, au sens large du terme. Nous vivons aujourd’hui principalement du soutien financier des collectivités locales (Ville et Conseil Départemental). Celles-ci sont très attentives à notre organisation, nos dépenses, notre discours notamment à destination des enfants.” Il est loin le temps où les virements arrivaient selon un échéancier comptable qui n’était que le seul lien entre les Villes et les clubs. Aujourd’hui, un club doit présenter des qualités sociétales véritables, qui sont d’ailleurs les priorités de la délégation de service public que le Ministère des Sports octroie au football et à la fédération.

Montauban revendique ses valeurs et sait les présenter ! “Nous sommes très attachés à la valeur travail, à la progression, au respect des règles de la  vie en collectivité, au respect de toutes les composantes qu’elles soient au sein du club (bénévoles) ou à l’extérieur (arbitres, adversaires d’un jour). Nous souhaitons véhiculer une belle image, fidèle à ces valeurs aussi bien dans les comportements que dans la qualité du jeu. Pour nous, le résultat est une conséquence et pas une fin en soi, ce qui ne nous empêche pas d’être ambitieux …en restant lucide. »

Comment le football féminin a évolué dans cet univers “rugby” ? 

Un homme, arrivé en 2009, en qualité de responsable de l’école de football, va bouleverser le paysage du club. Cédric BERTRAND, va proposer et convaincre (à un auditoire déjà séduit) d’ouvrir la pratique aux filles. Il faut dire que c’est un spécialiste de la pratique au féminin, le club tient donc un expert. Dès 2010 la section féminine est créée !

Comme  Les boulets de Montauban , spécialité locale que je vous invite à déguster (biscuit), la cuisine proposée par Cédric va vite prendre notamment portée par un politique sportive et des choix forts et audacieux.

« Le Président m’a laissé carte blanche pour mettre la structure en place. A moi d’exploiter mon réseau. Lui me mettait les conditions nécessaires au développement : gratuité de la licence, entraînement et matches sur le terrain synthétique, équipements offerts. L’ensemble des dirigeants ont été séduits dès les premiers instants. La force du club est de ne pas faire de différences entre les garçons et les filles,  le but est que tous s’y sentent bien.

Le début a été difficile, 8 joueuses pour le premier match à 11, mais rapidement nous sommes passés à 22 joueuses. Les résultats ont de suite suivi, l’aventure était lancée ! ».

La section se structure et propose désormais une offre de pratique dans toutes les catégories d’âge et souhaite poursuivre son développement. Pour cela il lui faut une locomotive à même de faire monter dans le train des partenaires privés,  institutionnels et un public demandeur. Cette locomotive sera l’équipe fanion, porteuse de toute une fierté et en charge de promouvoir le club.

Avec des championnats habituellement réduits en niveau chez les féminines qui s’expliquent aisément par un moins grand nombre de pratiquantes sportives pour les féminines dans des sports qui demandent une organisation hebdomadaire (3 à 4 entraînements par semaine) peu compatibles avec la construction d’une vie privée et ses charges ; le niveau national se propose assez rapidement.

Lucide mais pas sans ambition, là encore le club fait de choix fort pour atteindre cet objectif.

Les compétences techniques et le projet !

Nul projet, nulle ambition ne peut s’affranchir de la valeur ajoutée des ressources humaines. En ce sens le choix du coach est déterminant. Le MFCTG l’a évidemment bien compris et son Président Jean Michel MALAVELLE en premier lieu.

Regardant avec attention le niveau de ses équipes séniors, il s’aperçoit vite – un peu comme Pierre Ferracci pour le Paris FC –  que si le club veut rayonner, il lui faut atteindre ce fameux niveau national qui peut bouleverser l’avenir du club, en constatant que la section féminine est celle qui est en mesure d’atteindre au plus vite cette étape cruciale.

Alors, en 2014 il choisit Soraya BELKADI, une coach expérimentée et reconnue qui est intervenue en D1F pour les voisines du Toulouse FC (championnes de France de 1999 à 2002) de 2004 à 2008 et en D2F.

La symbolique est forte car même dans ce monde féminin peu de femmes encore exercent – et donc – réussissent. Ce qui sera le cas de l’ex-joueuse de la  VGA Saint Maur et néo-Bleue (1 sélection) à l’image du jeu qu’elle prône… « Le modèle de jeu que j’affectionne est d’abord celui qui va dégager de la sérénité défensivement, pour permettre une meilleure projection (plus libérée) vers l’avant et favoriser la créativité en phase de finition. »

La montée ne sera pas pour tout de suite. Mais elle insiste, elle recrute, elle impose sa méthode et en 2017, enfin la récompense est là. Le MFCTG accède à la D2.

Une montée en puissance sur le plan sportif et celui des partenariats. 

La saison en D2 est dure, et l’apprentissage difficile (cinq clubs sont à deux points de différence pour jouer le maintien) mais le club est solide et bien là. Le projet est double. Sur le terrain l’objectif de maintien est réalisable et l’équipe est structurée pour bien figurer. En coulisse, un autre enjeu nait avec le niveau national. Celui de créer et développer un club partenaires et fidéliser un public, là encore très demandeur.

Si sur le plan sportif, Montauban est comme tous les clubs montants à la recherche du maintien comme le rappelle son Président “« On tente de se maintenir ! Nous sommes dans un championnat à 2 vitesses, très difficile. Nous avons manqué deux occasions de nous mettre un peu à l’abri (deux défaites à domicile face à des concurrents directs) mais rien n’est fait. Je sais que les filles feront le maximum pour rester à ce niveau, mais la lutte sera acharnée, ce qui participe à la beauté du sport. C’est aussi une découverte pour nous dirigeants, et j’avoue que c’est qu’en même sympa de recevoir des grands clubs du foot français à Montauban. » 

Le véritable cadeau incroyable vient de la Mairie ! Avec la livraison d’un complexe sportif de haut standing dédié au football. Un investissement à 8 millions d’Euros qui permettra d’évoluer sur des infrastructures modernes avec plusieurs terrains dont 2 synthétiques, bâtiment administratif… le tout destiné au seul club de football “garçons et filles”.

Autant dire que le MFCTG disposera d’atouts non négligeables pour attirer des joueuses de qualité, conserver les pépites de sa formation, renforcer son influence et peut être envisager de franchir un nouveau palier…

David Welferinger lesféminines.fr