Sofia Jakobsson, sur tous les fronts de l’attaque, a fait exploser la jeune Dudek (arrivée en Janvier) qui a montré des limites trop importantes au centre pour que le PSG puisse espérer une “remontada” face à l’Olympique Lyonnais sans prise de risque et de changements.

Pour les candides du football féminin, la nette défaite du PSG contre Montpellier (3-0) sur un score supérieur à celui du match aller (3-1) condamne le PSG à être derrière l’équipe de Jean-Louis Saez au goal average particulier (-1). Le pénalty concédé au Camp des Loges à la 85′ a pris du poids. Un poids européen.

En effet, sur la route des filles de Patrice Lair, lors des quatre dernières journées se trouve Marseille, Bordeaux, Soyaux et surtout l’Olympique Lyonnais lors de l’avant-dernière journée qui n’a jamais perdu cette saison ni la précédente, ni offert de matches nuls. Cela donne un avantage potentiel à Montpellier pour ce ticket européen, réservé à la seconde place.

A la condition que Montpellier suive le rythme du Paris Saint Germain. C’est à dire remporte ses quatre prochaines rencontres face à des équipes (Bordeaux, Soyaux, Lille) qui, pour une seule, jouera peut-être sa tête en D1F comme le voisin Albi. Ce sera la performance de Montpellier si elles y arrivent, comme l’a été celle de l’an dernier dans la même situation mais avec plus de matches à jouer (9).

Sofia Jakobsson propose l’Europe à Montpellier

Montpellier, mais surtout Sofia Jakobsson a mis une pression européenne sur le Paris Saint Germain. La belle suédoise, revenue de blessures, cherchait sa performance pour cette saison 2017-2018. Présente lors du parcours européen de Montpellier, avec quatre buts pour cinq titularisations, elle a validé le travail de sape réalisée par un onze montpelliérain au-dessus du Paris Saint Germain de ce dimanche Pascal.

Se plaçant à proximité d’une charnière centrale trop peu habituée à jouer ensemble composée d’Irène Paredes et de la jeune polonaise Dudek, elle n’a jamais baissé pavillon malgré des occasions terminées par des tirs à bout de souffle (20′, 29′, 36′, 45′).

La mi-temps sera sifflée sur un (0-0) prometteur où on aura vu un combat entre Sakina Karchaoui et Kadidiatou Diani qui aurait aimé un autre cadeau d’anniversaire pour ses 23 ans qui venaient de sonner. Marie-Antoinette Katoto, seconde buteuse du championnat et en pleine confiance, montrera des touchers de balle de grande qualité dans ses courses vers l’avant mais elle ne pourra rien contre la détermination de la défense montpelliéraine à ne pas prendre de buts (Karchaoui et Sembrant) . Pour une fois … puisque depuis 11 matches, la défense des pailladines avaient été dans l’incapacité de rendre un cleansheet.

Montpellier est présent avec notamment la doublette de récupération Virginia Torricella – Sandie Toletti, habituées de leur ouvrage, au contraire d’une Eve Perisset, détonateur mais en manque de transversalité pour calmer le jeu à la manière de la brésilienne Formiga, partie avec Erika à la Copa América.

Le Paris Saint Germain explose en seconde mi-temps.

Si la mi-temps pouvait se comparer à une mi-saison, le second temps de jeu ne sera pas favorable au PSG comme l’avait d’ailleurs été la seconde partie de la saison dernière du PSG (de 1er à 3e) et que pourrait l’être cette seconde partie de la saison 2017-2018 ?

Virginia Torricella s’impose sur Marie-Laure Delie, trop dans l’attente du contrôle de son appui et profite du “zig” du PSG (une montée) pour lancer dans le “zag” une Sofia Jakobsson inarrêtable qui va gagner son duel face à Kiedrzynek, en manque de temps de jeu depuis l’arrivée de la gardienne chilienne (1-0, 49′).

Montpellier mettra encore le feu avec une tête de la vétéran Laetitia Tonazzi, (55′) 37 ans s’il vous plaît, avant-centre, qui tiendra la dragée haute à une défense bien plus jeune, pour s’essayer même à une tentative de lob qui aurait pu finir au fond des filets (71′).

Le Paris Saint Germain boira la tasse sur un pénalty discutable de Kadidiatou Diani sur Sofia Jakobsson, feu follet sur le côté droit de la défense du PSG. Janice Cayman, pas loin d’être buteuse à la 9′, ne manquera pas le second but (65′, 2-0) qui pourrait donner le maillot européen à Montpellier, comme elle l’avait fait déjà au Camp des Loges en novembre 2017 !

Patrice Lair ne manquera pas de continuer à encourager ses joueuses pour remonter le score qui entre temps s’était aggravé à la 75′ sur un troisième contre de Stena Blackstenius (3-0, 75′) couvert une seconde fois par un mauvais alignement et les quatre corners de suite parisien en fin de rencontre, signes de bonnes intentions, ne donneront tout simplement rien.

Un constat simple tiré que d’une base simple : la compétence des gens. 

Au coup de sifflet final, le constat est simple. Le Paris Saint Germain manque de consistance quand ses titulaires partent et dès lors, on peut se demander si le recrutement de Janvier (Hegerberg, Dudek) a été réellement raté ou s’il n’est pas la suite d’une décision stratégique financière et tactique.

Sans l’Europe, les féminines iront ailleurs qu’au Camp des Loges. Terrain qui sera réservé aux jeunes masculins en herbe à qui on offre des ponts d’Or et pour lesquels le PSG se doit de présenter des caviars d’installation.

Le PSG, ce qu’il n’a pas pu dire avec les mots ; ne le fait-il pas dans ces décisions ? Tactique féminine ?

En attendant, Montpellier pourrait prendre le train européen, avec lucidité.

Une aventure à vivre, pour un groupe à vivre, qui doit, décider de l’aventure qu’il veut vivre. Comment penser autrement quand vous avez Lyon dans votre championnat, qui truste tout ? Le football, dès qu’il est payé, n’est pas qu’un jeu. Il est une ambition dans un cadre budgétaire à équilibrer avec des recettes et des dépenses et avec une seule véritable obligation : le maintien.

Le football français du top niveau européen, n’osant pas le dire avec les mots semble bien parti pour le dire avec les faits. C’était le risque de s’associer aves des clubs pros masculins. Subir les priorités économiques qui sont le lot des équipes de N2 (CFA) N1 (National) voire de L2.

Des décisions en fin de rencontre 

Guingamp fait une belle performance à domicile contre Lille avec un but à la 90′ de sa benjamine Amandine Beche entrée à la 70′. Voilà les bretonnes avec 19 points laissant Soyaux à 20, assez loin du premier relégable, Rodez à 15. Mais pas tant que cela pour une descente qui devrait être évité à 21 points.

Rodez prend de son côté les trois points de la victoire contre Lille (2-1) ayant pris le large à la 85′ (2-0) par Marine De Sousa après un pénalty de la précieuse Flavie Lemaître.

Ce qui lui faire un bond (15 points), en gardant néanmoins la place de premier relégable mais très près d’Albi (16 points), défait sans surprise par l’Olympique Lyonnais (4-0). Lille, malgré sa remontée à la 87′ de Rachel Saïdi, entend aussi le bruit de l’ascenseur de la descente avec 17 points seulement au compteur.

La belle performance vient surtout du FC Fleury 91 qui a traversé la France pour jouer les marseillaises et remporter le match en tenant l’ouverture du score de Sarah Palacin à la 37′, (0-1). L’OM, dernière et collée à 12 points n’arrive toujours pas à aligner deux victoires consécutivement. C’est certainement le problème de l’OM quand pour Fleury, au contraire, qui s’était relancé avec l’OM (aucune victoire avant) à domicile, prend un gros souffle d’air avec l’OM à l’extérieur !

Le Paris FC était mal parti à Bondoufle après l’ouverture du score à la 83′ de Nadjma ALI NADJIM (0-1) à l’extérieur à qui Corinne Diacre avait offert sa première sélection contre l’Allemagne quand Charlotte Bilbault, toute nouvelle appelée par la sélectionneuse française, a trouvé l’égalisation à la 89′ ! Décidément Bordeaux ne veut pas de cette quatrième place ou c’est le Paris FC qui ne veut pas la lâcher, peu importe sa qualité avec seulement 22 points au compteur, pour un quatrième du championnat de D1F.

Lyon est impériale. Le sera-t-il contre le Paris Saint Germain lors de l’avant-dernière journée ? Le seul club qui en France, lui a pris trois victoires. Cela dépendra aussi du PSG féminin. Même si Montpellier venait dans le pire des cas à trébucher. Tout simplement, à voir pour voir.

William Commegrain lesfeminines.fr