En direct sur CStar. France-Allemagne. 22 heures. La réussite est un constat, après un match. L’envie est une motivation intrinsèque qui se passe avant le match. “L’envie de réussir !” est un slogan qui est donc bien construit. Il peut aussi se traduire de la manière suivante : “Réussir me donne envie !”.

Dans les deux cas, et pour utiliser un argumentaire canadien comme américain qui se justifie par des faits, il faut l’un pour arriver à l’autre.

A l’exemple d’Angleterre-France (4-1), le premier match des françaises à la SheBelievesCup 2018. Joué sans envie -là collective- face à un adversaire qui a plus envie, on ne peut que perdre.

Sans une envie forte, on ne peut pas bousculer plus fort que soi. Il suffit de se rappeler le PSG-REAL d’hier soir. A croire même que le Paris Saint Germain a inconsciemment et collectivement tout fait pour perdre ces deux rencontres. Un pénalty de minime à Madrid pour se faire égaliser, suivi d’un but de fin d’entraînement de CR7 pour prendre le bouillon (3-1).

Un jeu organisé, structuré, sans âme au retour et une différence qui s’exprime normalement à l’image de la détente de Ronaldo, servi par une passe ascendante comme le ferait un passeur au Volley, certain du smash qui va venir. Quelle passe quand même et quelle certitude quand la plupart des centres sont frappés descendants ou transversaux. Inarrêtable qui traduit de la confiance, de la certitude. Réussite !

L’Allemagne, quelle Allemagne ? 

Dans ce match face à l’Allemagne il faudra de l’envie aux françaises alors que la deuxième nation FIFA pourrait lui opposer de la confiance. L’Allemagne, éternelle seconde FIFA, de rares fois au premier rang. Deux fois Championnes du monde (2003 et 2007), huit fois championnes d’Europe et dernière médaille d’Or aux JO de Rio en 2016.

Sauf que depuis novembre 2017 et la fameux (4-0) obtenu par les troupes de Steffi Jones à domicile contre les Bleues, l’Allemagne n’a pas joué de matches amicaux et a recommencé sur une défaite face aux USA (1-0) puis un match nul contre l’Angleterre (2-2).

Cinq mois sans victoire .. D’autant que la période 2017 avait été “remuante” pour la sélectionneuse de la Mannschaft. Eliminée d’un titre dont elles étaient les propriétaires par le Danemark en quart de finale (1-2) de l’Euro 2017 après un match nul face à la Suède (0-0) et surtout battue par la modeste Islande (2-3) dans son groupe de qualification au Mondial 2019 .. L’Allemagne, qui a repris son football avec la ShebelievesCup, ne peut plus jouer avec confiance ! Elle se construit.

La France, Les Bleues, au travail prêtes à prendre de la confiance.

L’Allemagne aura-t-elle autant ou plus envie que les françaises ? Ou les Bleues voudront-elles leur revanche d’un (4-0) qui a la lourdeur d’une “condamnation pénale” dans le coeur des supporters français, touchant à ce qui est leur bien le plus précieux : la confiance ?

La confiance collective, arme nécessaire que les Bleues ont mis superbement en valeur lors du Etats-Unis – France (1-1) de dimanche dernier pour leur seconde rencontre du tournoi. Un match abouti, quasiment un match référence pour ce groupe qui se cherche en se construisant.

Cela pourrait être un enjeu de ce match. Enjeu d’ailleurs prononcé pour les joueuses des deux camps. Quelque soit celles qui seront sur le “pitch” – avec ou sans essai- car chacune évolue dans une équipe en construction, avec des places à prendre ou à perdre.

Deux équipes qui se construisent. On peut douter du mot “friendly ou amical”.

La ShebelievesCup n’est pas de tout repos pour ces deux équipes. On est assez loin des matches amicaux avec des groupes constitués et des places acquises. Pour les deux équipes et leurs joueuses, le mot “compétition” doit être ancré dans leur esprit.

Il y aura un match entre deux nations. Il y aura un match très prononcé entre les joueuses. Celle qui défaillira sortira. Il y aura un match entre les deux sélectionneuses. Toutes les deux des icônes du football féminin national et international à qui on pardonnera peu alors qu’elles sont en phase de construction.

Comme à toutes les stars.

William Commegrain lesfeminines.fr