D’après Ouest France de ce jour (lire), l’équipe de D1F aurait assisté des tribunes au 1/8e de finale de la Coupe de France face à Brest. Sur le terrain, les brestoises avaient affaire à l’équipe U19 de l’historique club de Noël Le Graet.

Eliminée d’une Coupe où l’opportunité d’un beau parcours semblait bien dessiné avec seulement cinq clubs de D1F potentiels (avec Guingamp si elles s’étaient qualifiées) pour huit rescapées ; le Président Bertrand Desplat aurait très mal apprécié un mouvement de grève entamé Jeudi par le groupe de la D1F pour obtenir de meilleures conditions salariales et de travail.

D’autant que se trouvait présente, le même jour, Corinne Diacre, la sélectionneuse de l’equipe de France, venue discuter avec le staff dans le cadre de sa tournée des équipes de D1F.

Impossible d’avoir un mot des personnes concernées. Le mot d’ordre est précis : pas d’interventions publiques avant Mercredi.

Quelques lignes sur le droit de grève.

La grève, en France est un droit constitutionnel qui ne peut générer de sanctions à l’égard des grévistes. L’employeur de son côté, n’a aucun droit pour juger de l’utilité ou de la nécessité pour les salariés d’une grève dès lors que la ou les revendications sont professionnelles. Potentiellement, on peut faire une grève pour un défaut de machine à café. On voit mal comment il pourrait y avoir, en droit, une réunion de sanctions contre les grévistes ?

En contrepartie, les salariées grévistes ne perçoivent pas de salaires et ne doivent pas empêcher ceux qui ne le sont pas, d’aller travailler.

A l’inverse, l’employeur est libre d’organiser comme il l’entend son entreprise et peut suppléer les uns par les autres sans embaucher en contrepartie de personnels soit en CDD ou en CTT. Ce qu’il a fait en faisant jouer son équipe U19 en coupe de France, dès lors qu’il n’a pas “pénalisé” financièrement les joueuses de D1F sur ce match. Aucun juge n’a le droit d’intervenir sur la manière de gérer une entreprise.

De ces grandes lignes connues pas tous et rapidement évoquées, on peut juste rappeler qu’elles doivent s’imposer au monde du football, dès lors qu’un lien de subordination a été crée, soit dans les faits soit -en droit- par un contrat.

On ne peut -aussi- que constater, qu’en ce week-end de mise en valeur du Sport Féminin, les femmes revendiquent un peu plus que de la considération.

La question qui se pose est de situer cette parité si elle est l’objet de la grève et dans ce cas, est-ce le même football (Homme-femme) ou les sections féminines évoluent dans la même entreprise mais avec des fonctions, statuts et marchés différents ? Tant que le football n’aura pas réglé cette question avec précision (statutairement), les problèmes se poseront. Et ils seront de plus en plus importants.

Si la question n’est pas liée à la parité et concerne des revendications comme d’autres revendications salariales ; à charge pour l’employeur de les entendre ou non et pour les salariées de maintenir ou non leur mouvement de grève voire de changer d’entreprise si les conditions ne leur conviennent plus.

A l’inverse, que les conditions aient été entendues ou non, elles ne peuvent pas travailler sans la même rigueur qu’auparavant (obligation de moyens). En effet, la jurisprudence est assez stricte sur l’obligation pour l’employeur d’assurer du travail au salarié mais aussi sur celle du salarié de respecter le contrat avec son employeur et d’apporter la même qualité au travail. Le défaut est une cause réelle et sérieuse de licenciement. Dans le milieu de la performance, on peut même parler de faute lourde, entraînant une rupture de contrat immédiate.

En dehors de ces cadres, la grève se solutionne même sans négociation, car elle a vocation à s’arrêter. Le coût pour les salariés en est certainement la raison principale.

Comment se règle-t-elle ? 

Rarement par l’écoute des revendications à moins d’une grève dure, mais plutôt par un consensus (la partie commune des deux revendications opposées) avec des rendez-vous pour l’avenir afin de limiter l’usage d’un droit qui montre d’abord un problème de dialogue social dans l’entreprise.

Faut-il déjà s’entendre sur les réalités de chacun ?

Le football féminin ne doit pas faire l’économie d’un statut clair et net, négocié et discuté entre les parties prenantes voire avec un médiateur tiers. Il y a trop de grèves dans le football féminin pour que son image n’en pâtisse pas. La grève n’est ni l’intérêt du salarié, ni celle de l’employeur.

Elle montre d’abord un défaut de dialogue social.

William Commegrain lesfeminines.fr