Les trois “grandes” Equipes de France sont sous le pont pour cette semaine FIFA qui arrive. Il ressort de ces 89 sélectionnées une stratégie qui pourrait avoir comme objectif, non pas 2019 et la Coupe du Monde mais aussi le prochain mondial de 2023 et pourquoi pas, les Jeux Olympiques à Paris de 2024.

Pour les A : Avoir gagné des compétitions internationales chez les jeunes ou faire partie de l’EDF historique.

Equipe de France A : Des joueuses nouvelles renouvelées, de nouvelles joueuses appelées. Un groupe qui se constitue
Corinne Diacre, initiatrice d’une nouvelle politique qui a révolutionné le football féminin de l’élite, puise dans tous les clubs de la D1F là où auparavant, les 23 françaises se trouvaient dans le Top Four : Olympique Lyonnais, Paris Saint Germain, Juvisy Essonne maintenant devenu le Paris FC et Montpellier.

L’Olympique Lyonnais reste le leadeur avec cinq joueuses, suivi du PSG (4) mais Montpellier est monté d’un cran (3) quand le Paris FC s’est réduit de quelques unités avec 3 sélectionnées. La nouveauté vient que les clubs du Top Four ont tous vu réduire leur voilure pour laisser de l’ouverture à EA Guingamp (2), l’Olympique de Marseille (2) pourtant mal classés, 9è et 10è du championnat avec 3 et 2 pts pour 5 journées de jouées et apparaît le Losc, pourtant club montant,  avec 2 sélectionnées.

Comme usuel avec l’élite française, seules deux internationales jouent à l’étranger : Amandine Henry qui va jouer la finale du championnat avec Portand avant de revenir à l’Olympique Lyonnais et Elise Bussaglia, la plus grande voyageuse française avec son 6è club de l’élite et 2ème club étanger, pour avoir posé ses valises à Barcelone à l’intersaison.

Soyaux (4è), Bordeaux (6è) n’ont pas de joueuses prises en A, ce qui pourrait surprendre à la lecture du classement alors que, pour des clubs comme Albi, Rodez ou Fleury 91, purement amateurs, cela semble logique pour un football féminin qui s’est professionnalisé dans sa pratique (entraînement et disponibilités) comme avec ses exigences de haut niveau.

Par contre, Corinne Diacre qui avait axé sa première liste sur des jeunes ayant gagné des compétitions internationales, cette seconde sélection comprend des joueuses qui ont gagné ce nouveau galon, non plus en ayant glané des compétitions en jeunes, mais au regard de leurs prestations en D1F. Elles font partie d’une tranche d’âge des 24-27 ans qui avait été totalement oubliée des Equipes de France A.

Equipe de France A : OL (Sarah Bouhaddi, Amel Majri, Griedge M’Bock, Wendie Renard, Eugènie Le Sommer), PSG (Laura Georges, Grace Geyoro, Aminata Diallo, Kadidiatou Diani). Montpellier Hsc (Méline Gérard, Marion Torrent, Valérie Gauvin.). Paris FC (Estelle Cascarino, Camille Catala, Ines jaurena). Losc (Ouleymata Sarr, Elisa Launay). EA Guingamp (Charlotte Lorgeré, Faustine Robert). OM (Hawa Cissoko, Viviane Asseyi). Etranger : Portland (Amandine Henry), Barcelone (Elise Bussaglia).

Pour les A, il manque Eve Perisset, Kheira Hamraoui, Marie-Laure Delie, Gaetane Thiney, Laure Boulleau, Claire Lavogez qui pourraient prétendre à la sélection.

Pour l’Equipe de France B : la D1F et avoir, au plus 25 ans.

Là où d’autres pays ont une équipe de moins de 23 ans qui n’a pas de compétitions internationales organisées pour cette tranche d’âge, la France a constitué une équipe de France B, sous la tutelle de Jean-François Niemezcki et qui joue une seule compétition : le Tournoi de Croatie, l’Istria Cup, au mois de Mars 2017.

Equipe de France B : Un maillot Bleu qui ne doit pas dépasser les 25 ans
Cette équipe sélectionne toutes les filles qui ne peuvent plus jouer en U20 et qui sont potentiellement aptes à jouer en A. Le sélectionneur a puisé dans la D1F avec Guingamp (3), Soyaux Charente (3), Paris FC (3), les Girondins de Bordeaux (3), le Losc (3) mais surtout Montpellier (5), actuellement européen et classé 3è du championnat avec des joueuses averties, déjà sélectionnées en A ou à la porte.

Comme la France a remporté beaucoup de médailles chez les jeunes depuis 2012 (2012, 2013, 2014, 2016, 2017) ; la sélection comprend souvent des joueuses qui ont joué ces compétitions et elle semble s’arrêter à la barre des 25 printemps, à l’image de Laura Bourguoin (25 ans) qui est la plus ancienne.

Une seule joueuse vient de D2F, du club de la Roche sur Yon quand le Fc Fleury 91, club montant et lanterne rouge du championnat présente deux sélectionnées et que les Girondins de Bordeaux valorisent leur bon début de saison avec 3 sélectionnées.

Il est à noter que Léa Le Garrec passe en A suite à la blessure de Faustine Robert.

Equipe de France B : OL (Pauline Peyraud Magnin. ), Montpellier (Philippe Laetitia, Marion Romanelli, Sakina Karchaoui, Thomas Lindsey, Clarisse Le Bihan), Soyaux (Romane Munich, Laura Bourguoin, Clerac Anna), Paris Fc (Théa Greboval, Anissa Lahmari, Clara Mateo), Girondins de Bordeaux (Lardez Andréa, Istillart Sophie, Ali Nadjim Nadjima), Losc (Marion Dafeur, Mansuy Heloïse, Charlotte Saint Sans Levacher), EA Guingamp (Solène Durand, Louise Fleury, Léa Le Garrec), Fc Fleury (Sissoko Tenissoum, Maeva Clemaron), ESOF La Roche sur Yon (Pauline Dhayer).

Dans cet éventail de la D1F, seul Albi n’a pas de sélectionnées et pour les joueuses, il manque Sandie Toletti, Marie-Charlotte Leger, Perle Morroni, Charlotte Bilbault par exemple,

Pour l’Equipe des U20 : avoir joué la finale de l’Euro 2017 (18) et être essentielle au jeu de son équipe en D2F

Si les B ont pour objectif d’être de futurs A, les U20 ont un objectif de compétition bien arrêté : gagner la Coupe du Monde U20 après avoir été médaille de Bronze en 2014, médaille d’Argent en 2016 et l’idéal serait d’être médaille d’Or en 2018 pour le Mondial Français.

16 joueuses de D2F

Dans le cadre de cette nouvelle politique, les sélectionnées ont, bien entendu le critère de la jeunesse mais elles ont la particularité d’être issues en nombre de la D2F (16). On peut y voir deux raisons. Tout d’abord, les clubs de D1F qui sont descendus ont conservés leurs joueuses qui souvent suivent des études de proximité dans le cadre du double projet et elles ne souhaitent pas les remettre en question ou, elles étaient en D1F et ont changé de clubs pour avoir du temps de jeu et faire valoir leurs qualités à un niveau inférieur.

Mondial U20 2018 : Des Bleues revanchardes de la finale de l’Euro 2017 et des surprises de D2F
On peut noter l’absence de Marie-Antoinette Katoto, en verve au PSG et titulaire indiscutable en D1F, dont on prend le plus grand soin au regard de ses fragilités musculaires quand la jeune Daoudi Sana, sélectionnée, est partie à l’Atletico de Madrid (champion d’Espagne) pour tenter sa chance.

L’OL et le Paris FC fournissent le plus de sélectionnées dans cette tranche d’âge (3) alors que l’on voit apparaître le club de Rodez (2). Ce sont des joueuses qui commencent à avoir du temps de jeu en D1F et pour celles de D2F, qui sont titulaires dans leur club.

Gilles Eyquem, le sélectionneur des U20, habitué des compétitions de jeunes avec un palmarès très fourni maintenant (Champion d’Europe 2013, Bronze au Mondial 2014, Champion d’Europe 2016, vice-champion du monde 2016 et vice champion d’Europe 2017) réduira progressivement son champ d’action après l’avoir ouvert pour finir par 23 titulaires pour le Mondial français qui les attend.

Equipe de France U20 : Etranger : Atletico Madrid (Daoudi Sana), OL (Bacha Selma, Laurent Emelyne, Malard Melvine), PSG (Baltimore Sandy, Boussaha Lina.), Paris Fc (Mathilde Bourdieu, Elisa De Almeida, Pierel Chloe.). Girondins de Bordeaux (Thibaud Julie, Elicheche Camille), EA Guingamp (Agathe Ollivier, Jade Le Bastard), Om (Caputo Cindy), Rodez Aveyron (Bonet Elise, Da Costa Angélique), D2F : La Roche sur Yon (Kharadjov Catherine), Grenoble (Julie Piga, Ines Boutaleb), Toulouse Fc (Camille Pecharman, Sarah Galera, Doriane Pau), Fc Metz (Dechilly Pauline, Gavory Christy), ASSE (Chavas Mylène, Digonnet Coralie.), Stade de reims (Pauline Moitel, Helène Fercocq), Yzeure (Léa Cassagne), Angers (Bain Doriane), VGA Saint Maur (Ould Brahim Amira)

Que faut-il retenir de ces trois sélections hiérarchiques ?

Le mondial 2023 et les JO à Paris en 2024 dans le viseur
A mon avis, si les Equipes de France répondent aux mots “jeunesse” et “nouveauté” c’est pour établir une hiérarchie qui permettra d’avoir des noms et d’expérience pour le futur Mondial 2023 et surtout les JO 2024 à Paris.

William Commegrain lesféminines.fr