La première composition de Corinne Diacre était attendue tellement elle pouvait être inattendue ! Qui des jeunes joueuses appelées en sélection allaient ouvrir son compteur international en A. C’est sur les côtés (latéraux) que cela se fera avec la gauchère Théa Greboval (Paris FC), titulaire pour sa première convocation et la Montpelliéraine Marion Torrent, souvent convoquée mais pour une première fois, alignée face aux 12.156 spectateurs du stade Michel d’Ornano de Caen.

Une nouvelle équipe française

Les autres n’étaient pas en reste puisque Sandie Toletti, Viviane Asseyi, Camille Catala, Valérie Gauvin n’avaient pas assez de titularisations pour qu’on leur retire le maillot de jeunes espoirs et l’expérience de l’équipe de France se trouvait dans la présence de Wendie Renard, Laura Georges, Sarah Bouhaddi pour la défense, Elise Bussaglia au milieu et Eugènie Le Sommer en attaque.

Un Chili courageux venu chercher une performance qu’elles ont trouvées grâce à leur gardienne parisienne.

Face à cette nouvelle alchimie, le Chili a joué avec les seules armes qu’elles pouvaient posséder. Du courage et encore plus de courage quand le physique (série de crampes nombreuses à partir de la 80′ avec un effectif à 18) a commencé à défaillir sous la maitrise constante du camp français avec une possession qui a dû friser les 80 à 90%.

Pourtant .. le score final n’a été que de 1-0 en faveur de la France (4è mondial) face à une équipe classée 40è FIFA et qui n’a pas joué de matches internationaux depuis plus de deux ans, venant en France pour s’enorgueillir d’une performance afin de jouer sa Copa América à domicile et prendre l’une des deux places offertes à la Conmebol pour le prochain mondial 2019 organisé en France.

C’est pour le Chili une totale réussite et on retiendra la vivacité de Maria Jose Rojas  (N°7) qui aura le seul contre chilien (44′) qu’elle finira d’un tir bien trop mou pour poser un problème à la vigilance de la lyonnaise Sarah Bouhaddi jouant sa 125è sélection. La chilienne de Colo Colo s’empressant de tirer en entendant la remontée de Wendie Renard sur sa perforation.

Mais si le Chili finit la partie avec la plus petite des marges, elles le doivent sans aucun doute à sa gardienne et capitaine Christiane Endler qui a réalisé pas moins de quatre très belles parades (21′, 22′, sur des tentatives d’Eugènie Le Sommer, 69′ et surtout 92′ sur une balle frappe de Léa Le Garrec), dont une ou deux, auraient certainement été au fond des filets avec une autre gardienne. Dans le football féminin, les gardiennes sont souvent impériales sur une ou deux occasions mais rarement impériales tout un match.

Là, Patrice Lair, le coach du PSG a dû se frotter les mains et cela ne m’étonnerait pas qu’avec ce match, elle ait tapé à la porte de la titularisation parisienne, sans remettre en question les compétence de Kiedrzynek, mais en application du principe de concurrence qui ne peut se faire partout alors autant qu’il se fasse à une place dont le rendement est assuré pour être au même niveau.

La France a trop de mal à cadrer avec une possession excessive qui augmente encore plus la sensation d’inefficacité. 

Certes la France a usé de ses tirs et occasions hors cadre qui ont commencé dès les premières minutes du match avec la tête de Wendie Renard (2′) sur un corner d’Elise Bussaglia pour que quatre minutes plus tard (6′), ce soit la barcelonaise qui sorte un tir de face extérieur suite à un beau mouvements de passes entre Camille Catala, Sandie Toletti pour finir par trouver la joueuse la mieux placée, Elise Bussaglia.

A la 13′ c’est Camille Catala qui bénéficie d’une belle remise de la tête de Valérie Gauvin qui aura joué un match d’appui sans pouvoir être déterminante dans ses tentatives de tirs, cherchant un équilibre entre initiatives personnelles (14′, 32′, 42′) et jeu collectif qu’elle aura eu du mal à maitriser avec efficacité.

La solution est venue des joueuses qui se connaissent

En fait, le but français viendra des joueuses d’expérience avec Elise Bussaglia qui reçoit un ballon sur une touche, le glisse sur Eugènie le Sommer venue en perforation dans la surface côté gauche pour un centre au cordeau que la marseillaise Viviane Asseyi reprendra en s’imposant avec un tacle qui finira au fond des filets (23′, 1-0). La grande gardienne chilienne (1m80), impériale dans les airs, sera battue à terre et rentrera aux vestiaires, après cet premier acte, en ayant fait un beau duel face à Eugènie Le Sommer (21′) et une superbe horizontale sur un tir puissant des 16m50 qui est une des marques de fabrique de la lyonnaise aux 141 sélections et 61 buts.

Corinne Diacre ne fait aucun changement pour le second acte confessant à la caméra de Cstar “qu’il fallait plus varier entre jeu intérieur et jeu extérieur et passer par les côtés”.

La fluidité et la vitesse ont manqué

A ce jeu, il a manqué de la vitesse à Théa Greboval comme de la prise de risque pour dédoubler avec Eugènie Le Sommer quand du côté de Marion Torrent, les centres ont été nombreux mais elle n’a pas réussi les débordements qui font chanceler une équipe arqueboutée sur ses vingt mètres. Il a fallu l’entrée de Kadidiatou Diani (67′) pour faire exploser ce côté gauche de la défense chilienne et on a commencé à voir une équipe adverse dont le bloc se désintégrait. Seulement, la parisienne mettait une de ses occasions dans la niche de sa coéquipière parisienne (74′) quand elle ne s’impliquait pas assez sur un centre deuxième poteau de Théa Greboval (83′).

Pour le jeu intérieur, il y a eu beaucoup de déchets techniques des Bleues tout au long de la partie. Un peu de la même nature de celui que l’on rencontre dans les matches de championnat de la D1F, à l’exception des deux leadeurs actuels qui possède une machine très bien huilée. A l’évidence, la comparaison avec “les anciennes” n’a pas été flatteuse sur le plan de la fluidité mais les intentions sont toujours restées positives.

Difficile de trouver le bon équilibre entre prise de risque et sécurité pour conserver le droit à une place.

Il a manqué des pistons qui traversent les lignes et on a senti que chacune des nouvelles joueuse faisait aussi attention à ne pas prendre trop de risques qui auraient pu la mettre en danger pour une nouvelle convocation. L’échéance 2019 que certains trouvent éloignés est proche et il est évident qu’au début de la saison prochaine, Corinne Diacre aura arrêté un groupe qui ne bougera que pour de bonnes raisons.

Le match s’en est ressenti et c’est seulement, au retour des vestiaires, que l’on a vu des tentatives réussies d’aller plus loin que son rôle, avec Camille Catala qui a perforé plusieurs fois au milieu de terrain comme  Sandie Toletti (Montpellier). Seulemet; la parisienne a manqué de jus pour finir ses actions avec efficacité lorsqu’une occasion de but se présentait à elle, à la (47′) par exemple. La marseillaise Viviane Asseyi ayant elle, bousculée ses adversaires en première mi-temps, mais toujours, avec ce déchet qui collait aux crampons français ce soir à Caen.

Une base solide mais il faut plus d’accélérations.

Dans ce match qui n’avait pas la fluidité habituelle, les joueuses d’expériences ont eu une prédilection à se chercher et se trouver ce qui a donné le seul but des Bleues, confinées entre respect des consignes et de laisser la liberté aux jeunes joueuses d’assurer comme d’assumer leur rôle face à la volonté d’aggraver le score en poussant les couleurs françaises à un résultat plus avantageux et glorieux au regard du classement Fifa comme de l’avancement du football féminin chilien en comparaison de celui français. A ce moment, les tentatives ont manqué d’unité et de compréhension commune.

Au bilan, le match a montré qu’en 2017, un bloc bas est très difficile à battre s’il ne craque pas physiquement ou mentalement et que les jeunes joueuses françaises sont en apprentissage, et pas encore au niveau de celles qui ont amené la France à être une nation mondiale redoutée. Ce n’est qu’un premier match et les Bleues passeront au rattrapage lundi face à l’Espagne.

De toute manière, la Coupe du Monde n’est qu’en 2019 et les Pays-Bas ont montré qu’il suffit de se trouver six mois avant pour arriver avec la confiance suffisante lors de la compétition. D’où le titre : “Les Bleues sont en apprentissage, elles passeront le rattrapage lundi face à l’Espagne”.

William Commegrain lesfeminines.fr

Fiche technique : source footofeminin.

Match de préparation à la Coupe du Monde 2019
Vendredi 15 septembre 2017 – 21h00
FRANCE – CHILI : 1-0 (1-0)
Caen (Stade Michel d’Ornano)
Temps frais et humide (10°C) – Terrain en bon état
Spectateurs : 12 156
Arbitres : Henrikke Holm Nervik (Norvège) assistée de Monica Brun Løkkeberg (Norvège) et Linda Andresen (Norvège). 4e arbitre : Anaëlle Loidon (France)
But : Viviane ASSEYI 23′ (Centre en retrait de Le Sommer pour Asseyi qui se jette à 5 m au premier poteau)
Aucun avertissement

France : 16-Sarah Bouhaddi ; 17-Marion Torrent, 4-Laura Georges (cap.), 3-Wendie Renard, 14-Théa Greboval ; 15-Elise Bussaglia ; 18-Viviane Asseyi (20-Kadidiatou Diani 67′), 5-Sandie Toletti (10-Léa Le Garrec 85′), 13-Camille Catala, 9-Eugénie Le Sommer ; 12-Valérie Gauvin (11-Ouleymata Sarr 74′). Entr.: Corinne Diacre
Non utilisées : 1-Solène Durand, 21-Méline Gérard, 2-Eve Périsset, 6-Amandine Henry, 8-Hawa Cissoko, 19-Griedge Mbock Bathy Nka, 22-Sakina Karchaoui, 23-Onema Grace Geyoro
Chili : 1-Christiane Endler (cap.) ; 17-Geraldine Leyton, 3-Carla Guerrero, 18-Camila Saez, 15-Fernanda Pinilla (5-Denisse Orellana 90+2′) ; 8-Karen Araya ; 7-Maria Jose Rojas (11-Rosario Balmaceda 86′), 10-Yesenia Lopez (6-Claudia Soto 82′), 4-Francisca Lara (16-Maria Cristina Julio 89′), 19-Yessenia Huenteo ; 14-Daniela Pardo (2-Barbara Munoz 71′). Entr.: José Letelier
Non utilisées : 12-Natalia Campos, 20-Javiera Toro