Parties de rien pour aller au plus loin. La France crée l’exploit en éliminant l’Allemagne de la demi-finale européenne, pour avoir su conserver ses cages après le premier but allemand à la 40′ de Klara Buhl qui concrétisait une domination constante dans le jeu. Les allemandes assuraient toutes leurs transmissions quand, du côté français, la moindre récupération était immédiatement reperdue faisant en sorte que Mathilde Bourdieu n’a dû jamais se trouver face à la gardienne allemande dans ce premier acte.

Un trio offensif allemand de qualité qui s’est contenté d’un but

Heureusement, les deux murs français avec Sarah Galera, omniprésente en défense centrale, tenaient bien malgré les qualités offensives de Anna Gerhart, Laura Freigang et Giulia Gwinn. un trio offensif qui ressemblait à celui des Pays-Bas, vainqueur de l’Euro pour les A.

Il n’empêche que l’Allemagne ouvrira le score sur le seul mouvement rapide et en profondeur qui empêchera la défense de se replacer. Un super contrôle de Laura Freigang qui bloque Sarah Galera haut sur le terrain. Passe à Anna Gerhardt. une touche de balle extérieure pour Klara Buhl seule eu centre. Calme de la joueuse allemande qui ajuste d’un plat du pied, Mylène Chavas, sortie (1-0, 38′).

La pluie est tombée et les espoirs français semblent prendre l’eau compte tenu du peu de ballons joués par les cinq joueuses du milieu de terrain que Gilles Eyquem avait aligné en début de rencontre. Mais d’un autre côté, à l’exception d’une reprise de volée extérieure de Giulia Gwinn (37′), l’Allemagne a possédé sans être réellement dangereuse.

Une tactique française qui mesure la petite différence du score à la mi-temps.

Les joueuses de la première mi-temps ont tenu le score. C’est ce que doit se dire Gilles Eyquem qui constate que si on est pas mort, c’est qu’on a la possibilité d’être vivant. Il fait donc deux changements avec une joueuse plus physique au milieu de terrain, Julie Thibaud, Sana Douadi qui jouent plus bas pour perdre moins de transmissions, Hélène Fercocq  pour empêcher un peu plus les transmissions allemandes et une flèche qu’il positionne en avant-centre, Emelyne Laurent, décalant Mathilde Bourdieu à droite.

Le jeu français est clair. Si la défense tient, il suffit de quelques transmissions bien faites pour plonger dans le dos allemand, dominateur et qui semble lourd au niveau de la défense centrale.

Une défense française d’enfer qui va permettre aux frelons français de piquer les allemandes

Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir Emelyne Laurent prendre de vitesse la latérale droite et piquer une balle sur la ligne de sortie que la portière allemande interceptera (48′). Le frelon français est lancé. Cela ne manque pas d’interpeller les joueuses allemandes, pourtant toujours aussi dominatrice mais de manière bien trop ordonnée. Laura Freigang aura une belle occasion à la 50′ qu’elle finira extérieur et surtout une seconde (67′) que Mylene Chavas interceptera.

L’Allemagne rate trop ses occasions et ne s’en crée pas assez pour aggraver le score. Il arrivera ce que les italiens savaient faire le mieux au monde. Le renversement de situation du fameux catenaccio.

A la 68′, la musique est française et un premier mouvement d’horloge se met en branle avec Pauline Dechilly, Helène Fercocq, Sana Douadi, Julie Thibaut qui finit par un contre de Mathilde Bourdieu, extérieur, se demandant si elle a été trop égoïste ou si le jeu en valait la chandelle. Dans la minute qui suivra, elle donnera un ballon reçu de Sana Douadi pour une pichenette vers Emelyne Laurent, que la défense centrale transformera en corner français.

Comme d’habitude dans ce tournoi, ce sont les remplaçantes qui vont marquer.

Ce sera le premier but français avec une superbe tête de Julie Thibaut (70′, 1-1) sur un corner de Mathilde Bourdieu. Le frelon français a frappé. Deuxième occasion et premier but. Le moral allemand prend un sacré coup sur la tête. Le pire arrivera pour eux, quand Mathilde Bourdieu, attentif à sa passe, glissera une balle qu’Emelyne Laurent, attentive à sa réussite, fera entrer poteau entrant dans les filets allemands (1-2, 73′).

En trois minutes, le jeu n’a pas changé. Les allemandes sont toujours en possession du ballon. Sauf que le résultat s’est totalement transformé. Elles sont tout simplement sur la voie de l’élimination.

L’Allemagne bafouille ses occasions en fin de match

Il reste 17 minutes, ce qui est loin d’être rien dans un match international pour un accès en finale européenne. La force française, c’est que la jeune Mannschaft de Maren Meinert n’aura que trois occasions qu’elle n’arriveront pas à conclure, pour trouver en face d’elle, un mur Bleu, prêt à se coucher pour conserver le résultat.

Au coup de sifflet final, les allemandes pleurent car elles ne comprennent pas comment on peut avoir autant dominé une rencontre sans la gagner. Les françaises rient et éclatent de joie car elles savent maintenant, que si on ne met pas deux buts à leur équipe, alors les Bleuettes se transforment en frelons, et piquent en deux temps, trois mouvements, leurs adversaires, pour gagner.

Un exploit incroyable. Parties de rien, prêtes à aller au plus loin.

les Voilà en finale européenne, face à l’Espagne. La même finale que l’an dernier. Mais ce ne sont pas les mêmes filles pour leur plus grand nombre. Alors, elles iront jouer LEUR FINALE, pour se préparer à vivre, au mieux, la PROCHAINE COUPE DU MONDE.

Elles ont vraiment fait un EXPLOIT. Marche après marche. Magnifique. “Parties de Rien, pour aller au plus loin !”

Maintenant pourquoi pas le titre ?

William Commegrain lesfeminines.fr