Aujourd’hui, si le monde féminin était masculin, les scouts des équipes du monde entier seraient en Irlande Nord, à chercher la perle rare du football : l’avant-centre qui marque.

Avec les françaises, il faudrait que le club acheteur ait les moyens, car ce n’est pas une joueuse qu’il faudrait recruter, mais toutes les joueuses ! Notamment les remplaçantes. Car les buts français ont été marquées par des joueuses différentes, et lors des deux derniers matches, par les remplaçantes.

Des remplaçantes qui marquent, c’est le signe fort d’un groupe qui marche.

Elles se sont révélées lors du second match, avec Catherine Karadjov (35′, 19 ans), puis Mathilde Bourdieu (38′, 58′, 18 ans), titulaires sur ce second round après avoir été remplaçantes sur le premier match face aux Pays-bas (défaite 0-2). Trois buts de remplaçantes devenues titulaires aux quels s’ajoutent trois buts des trois remplaçantes du France-Italie.

D’abord Agathe Ollivier, (entrée à la 60′ pour marquer à la 69′, 19 ans), déjà parmi nommée parmi les cinq meilleurs buteuses de la D1F suite à une tête impériale contre Juvisy, puis Emelyne Laurent, entrée à la 28′ qui place le cinquième but français (72′, 18 ans) et enfin, Christy Gavory (entrée à la 87′ pour marquer à la 92′, 19 ans).

Et là, pour ce dernier match de poule où le 0-0 qui s’annonce laisse des sueurs froides à chaque minute qui nous rapproche du sifflet final ; bouleversant les sourcils du coach Gilles Eyquem à chaque fois que la balle s’avance dans le camp français pour que tout le banc français se mette dans les starting blocks irlandais dès lors que le cuir entre dans la surface anglaise, prêt à courir pour un relais d’émotion que même Usan Bolt ne renierait pas …

Voilà que, une jeune fille de 18 ans, Lina Boussaha, crinière au vent, joueuse du PSG qui n’a pas encore pu prouver sa chance en D1F, rentrée à la 53′, place un tir qui est sa marque de fabrique (but en finale du championnat de France U19 2017), ni trop fort, ni trop faible, pour à la 88′, emmener l’équipe de France au paradis d’une demi-finale européenne, au quelle personne n’aurait donné autre chose que de l’espoir et que pourtant, à la pointe de leurs épées, les jeunes françaises ont imposé, avec un seul mot : se qualifier et gagner. 

Un exploit à la force du combat. Mental, physique, tactique et qui finit par une victoire.

Qu’y-a-t-il de plus fort et de plus beau que cet exploit qu’elles ont réalisé ? Parties de rien, pour aller le plus loin.

Ces jeunes filles, sont allées au bout d’elles-mêmes. Elles ont fait une performance. Leur performance.

Il y a de l’individuel dans ce résultat. Il y a du collectif dans ce résultat. Il y a du rêve et de l’espoir et surtout, certainement, sur ce terrain rectangulaire, l’envie forte d’aller plus loin que loin pour connaître ce que le sport peut leur donner. Le sentiment de vivre un exploit.

C’est unique, c’est une force incroyable et les Pays-bas n’ont pas autrement gagné l’Euro 2017.

L’exploit rend invincible. Une marque de confiance terrible qui vous porte au-delà de tout. C’est si rare que lorsque tu l’as, surtout tu ne l’abandonnes pas. Tu le vis, tu le cajoles, tu le protèges et dans tes yeux, tu vois à quel point, il te rend beau ou belle dans les yeux des autres.

Enfin, le mot “récompense” se dessine dans ton coeur et dans ta tête. Le connaître une fois, c’est grandir mille fois !

Ces jeunes filles ont fait un exploit. Elles ont rendu fières leurs proches. Certaines larmes en France ont dû couler. De fierté. Elles sont pas loin de rendre fière la France.

“Parties de rien, pour aller le plus loin !” Sans limite.

Vive les jeunes “footballeuses-corsaires” françaises !

William Commegrain lesfeminines.fr

L’égalisation à la dernière minute de jeu des Pays-Bas face à l’Italie (3-3) met la France à la seconde place. Elle rencontrera l’Allemagne, Jeudi 17 Août 2017, sur Eurosport.

L'équipe de France se qualifie pour les 1/2 finales européennes. "Parties de rien, pour aller le plus loin !". Crédit Sandrine Ringler. Lesfeminines.fr

L’équipe de France se qualifie pour les 1/2 finales européennes. “Parties de rien, pour aller le plus loin !”. Crédit Sandrine Ringler. Lesfeminines.fr