Françaises, Réveillez-vous !

Parties dans cet Euro avec la poule la plus facile, nettement au-dessus des autres protagonistes, la vérité n’empêchant pas l’humilité. Voilà la France flamboyante, troisième mondiale depuis fin 2015, apercevant même la seconde place mondiale dans sa ligne de mire après le gain du tournoi SheBelievesCup en mars 2017 ; vainqueur sur ses terres de l’équipe américaine qui truste la première place mondiale, sur le score le plus sévère de son histoire (3-0) et qui se retrouve, en Juillet 2017, avec une seconde place dans le groupe C, derrière l’Autriche, 24è FIFA, après avoir arraché deux nuls en étant mené (Autriche et Suisse) et obtenu le gain du match face à l’Islande sur un pénalty d’expérience, obtenu à la 85′.

Françaises réveillez-vous, car dans l’hexagone, cela tousse quand on parle de l’équipe de France féminine. Pour avoir assisté au début du Paris Fc face à Clermont en Ligue 2, les journalistes présents ne reconnaissent pas cette équipe qu’ils ne connaissent, le plus souvent, que pour ses victoires. Le grand public parle de stagnation, voyant les autres équipes évoluer quand la France semble stagner et donc régresser, par l’avance de ses concurrents.

On a beau leur expliquer qu’il s’agit d’un autre style de jeu, dans lequel le combat est présent. Avec cette volonté de faire tourner car l’équipe de France est une des seules équipes avec l’Allemagne à posséder le groupe homogène pour le réaliser. Il reste que le dernier match gagné dans le jeu par la France était face à la Belgique (2-0), 23è équipe FIFA et que la France a fait trois nuls dans ces quatre derniers matches (Norvège 11è FIFA, Autriche 24è FIFA et Suisse 17è FIFA) en sentant le souffle de l’élimination jusqu’au coup franc de Camille Abily et dont le sort semble dépendre maintenant, de la performance offensive d’une seule joueuse, avec à chaque fois, un seul but de marqué (Eugènie Le Sommer, Amandine Henry, Camille Abily).

Si le bilan de la compétition est correct avec ce quart de finale ; on ne peut pas dire que pour ces derniers mois, le bilan comptable soit positif même si aucune défaite ne vient le porter en négatif.

Françaises Réveillez-Nous !

Car nous sommes de mauvais supporters. D’abord présents quand vous gagnez. La France du football n’a qu’une envie, c’est de vous aimer et de vous voir gagner. Vous êtes certainement la seule équipe féminine de sport collectif qui ait cette côte d’amour potentielle dans l’histoire du sport féminin.

L’équipe de France féminine a toujours été celle qui renversait les montagnes. S’imposait malgré l’obstacle, pour buter de si peu que le coeur de chacun ne lui en tenait pas rigueur, trop content de donner des couleurs aux mots “football amateur”.

Les télévisions enclenchent des programmes que même, le plus grand producteur n’arrive pas à obtenir, avec des cases horaires, en prime-time, devant des millions de téléspectateurs qui n’attendent et n’espèrent qu’une chose : le jeu français et la victoire française.

Alors, tout ce qu’ils ont dit avant, ils l’auront oublié. Tout ce qu’ils diront après, ne sera que reconnaissances et louanges d’une France forte et puissante.

Ils veulent revivre cette émotion de la France gagnante. Celle de votre performance. Celle qui vous fait courir après un but. Celle que la caméra prend “gros plan” sur les joies du coeur et le cri du bonheur.

Françaises, réveillez-nous !

Et faîtes nous rêver pour que de nos rêves, vous en soyez toutes des Reines.

Boutez l’Anglais hors de son caractère !

Il faut dire que l’Anglais, l’adversaire de ce soir, est assez imbu de sa personne. Sûr de son fait. Son jeune coach a trouvé l’alchimie de sa victoire. Il l’expose comme un secret qui se dévoile et comme un pilote de Spitfire qui va sauver le peuple anglais, jouant de sa vie avec une décontraction “so british” ; voilà le Gallois qui regarde le Coq de France en affirmant, voix calme et sans émotion : “même si on le le fait pas à 100%, on gagnera ce match. Yes, my dear. So British !”

C’est assez énervant mais le flegme et la certitude anglaises sont des stéréotypes du passé.

  • L’Anglais d’aujourd’hui vote le Brexit et le regrette, en se rendant compte qu’il n’avait pas vraiment réfléchi.
  • L’Anglais d’aujourd’hui parle d’une équipe qui s’est retirée des JO de Rio, faute de s’entendre entre leurs différents pays constituant le Royaume Uni.
  • L’Anglais d’aujourd’hui oublie qu’après 2009, le football féminin de sa Majesté a plongé là où le français Jules Verne n’avait même jamais osé écrire (2013, éliminé en phase de poule par la France) pour prendre une petite respiration au Mondial en 2015 qui avait tout de la stratégie gagnante, après sa défaite face à l’Equipe de France, lui permettant de prendre un tableau royal, évitant l’Allemagne et les Etats-Unis.
  • L’Anglais d’aujourd’hui, oublie que l’Angleterre n’a plus gagné devant la France depuis 1974 et que la France l’a éliminé en 2011 du mondial (quart de finale) et en 2013 de l’Euro, plongeant les clubs anglais en WCL dans une belle obscurité.

Je crois qu’en fait, l’Anglais d’aujourd’hui, est devenu joueur.

C’est un joueur de poker qui joue ses coups en créant un environnement. Aujourd’hui, l’Angleterre a passé six buts à une faible Ecosse et deux buts en contre face à l’Espagne (77% de possession espagnole). Elle a encaissé un but égalisateur contre une équipe portugaise très éloignée au classement FIFA (38è) et ne s’en est libérée qu’en marquant en début de seconde mi-temps (48′) sur des erreurs défensives portugaises.

L’Anglais d’aujourd’hui est une bonne équipe avec un banc moins fourni que celui français et qui sait s’adapter à l’adversaire pour tenter “le ko”, soit en dominant, soit en contrant.

Voilà l’Angleterre (5è), derrière la France (3è) au classement FIFA. qui présente un bilan 2017 contrasté. Trois défaites (Norvège, France et Allemagne) pour 2 nuls (Italie, Suède) et seulement 4 victoires avant l’Euro. Avec une seule performance : les USA (1-0) à la 89′, en toute fin de match.

Alors, n’oublions pas que l’Angleterre perd souvent au contraire de la France (aucune défaite en 2017) et que pour battre la France, elle devra faire une performance. Ce qu’elle ne réussit pas souvent.

A vivre en direct sur France Tv et Eurosport. Dimanche 30 Juillet 2017. 20h45.

William Commegrain lesfeminines.fr