Olivier Echouafni a été clair. Les mots sont les mots. Les actes se font sur le terrain. Face à la Suisse (17è FIFA) que la France a rarement rencontré en compétition officielle (dernier match en 98) ; les françaises vont tourner pour que tout le groupe soit impliqué (16 joueuses sur 23), à la manière de Steffi Jones pour l’Allemagne qui a fait jouer 20 joueuses sur 23.

Un management de groupe

Cela peut vouloir dire qu’Aissatou Tounkara (22 ans) entrerait d’autant plus que l’on sait que Wendie Renard et Jessica Houara D’Hommeaux sont sous le coup d’un second carton jaune qui les priveraient d’un quart de finale. Au milieu, Sandie Toletti (22 ans) et Claire Lavogez (23 ans), toutes deux médaillées de bronze au Mondial U20 de 2014 et championnes d’Europe 2013, n’ont pas encore de temps de jeu et l’une d’entre-elles pourraient s’insérer dans le onze titulaire. Quand en attaque, sur ces critères, c’est Elodie Thomis (30 ans) et Camille Catala (26 ans) qui pourraient faire leurs entrées.

Un travail pour faire acquérir au groupe des certitudes supplémentaires liées au situations de jeu

L’idée est de s’adapter à la situation qui va se présenter avec “une Suisse qui ne peut pas attendre le résultat” bien qu’elle sache le risque qu’elle prend en se découvrant face à la qualité offensive française qui ne demande qu’à s’exprimer. La France saura être patiente et bien fermer sa défense qui a rarement craqué sachant qu’elle n’a jamais perdu depuis qu’Echouafni a pris les Bleues. Le coach français parie donc sur ses faits, l’acquisition de la patience française pour que “la Suisse s’ouvre au jeu” et il confirme à son groupe, que même dans l’éventualité où elles soient menées, elles ont appris à revenir au score (nul face à l’Autriche) voire à gagner (victoire face à l’Angleterre à la SheBelievesCup).

C’est un choix risqué et intéressant que de faire intégrer des difficultés comme sources de performances. Cela dépend de la qualité de restitution des joueuses sur le terrain. Ce qui est certain, c’est que la France attend une meilleure prestation que lors des deux premiers matches. Les joueuses aussi.

La Nati a moins de cartes en mains et un seul objectif : marquer plus de buts que d’en prendre. 

De son côté la Suisse commence juste “à apprendre à gagner” selon Caroline Abbé (29 ans, Bayern) grâce à la coach allemande Martina Voss-Tecklenburg, championne d’Europe avec l’Allemagne et fondatrice de toute la filière féminine suisse à travers sa propre académie.

La Nati n’a pas la même qualité de banc que les Bleues tricolores, et elle ne dispose que de douze à treize joueuses de niveaux homogènes pour tenter ce “Coup du Diable” avec quelques stars offensives comme Lara Dickenmann, Ramona Bachman et Ana-Maria Crnogorčević dont on ne sait si elles pourront compenser une faiblesse défensive, notamment au centre. 

C’est donc une Suisse avec “le couteau entre les dents” pour compenser une qualité inférieure à la France que les Bleues vont rencontrer dont l’objectif dépasse visiblement les quarts de finale ; puisque pour Olivier Echouafni, il s’agit avant tout “d’un troisième match qu’il faut gagner”.

A l’évidence, les deux équipes ont envie de s’opposer avec l’envie partagée de se qualifier. Cela annonce un gros match et la France devrait l’emporter et se qualifier pour les quarts de finale, soit contre l’Angleterre ou l’Espagne. Perdre serait une véritable contre performance avec seulement 4 défaites sur 20 matches dans l’histoire des deux équipes.

William Commegrain lesfeminines.fr

DFXeX2-XkAAd3u-

L’Autriche joue sa qualification assurée (Autriche-Islande) si la France gagne contre la Suisse. Elle ferait un exploit pour sa première participation et serait la seule des équipes nouvelles à l’Euro à le réaliser (à moins d’une qualification du Portugal). Si la Suisse se qualifie, se sera au détriment de la France, à moins que l’Autriche perde sur un score supérieur à la France dans son match face à l’Islande. En effet, sur le plan disciplinaire, l’Autriche est actuellement moins bien placée que la France (3 cartons à deux).

Critères : 1/ Les points. 2/Le goal average genéral. 3/Le nombre de buts marqués. 4/ les sanctions disciplinaires. 5/ le coefficient UEFA.

VIDEO de Camille ABILY.