Les Pays-bas ont montré des limites (7 occasions réelles d’encaisser un but en seconde mi-temps) dans cet Euro avec trop d’occasions ratées en première mi-temps, une inefficacité dramatique de Miedema qui ne permet pas de prendre le large et une fatigue dès le second match pour faire la seconde mi-temps au moral et à l’énergie.

De son côté, le Danemark a certainement le record des occasions ratées dans cette seconde mi-temps avec une excellente gardienne néerlandaise qui a dégouté l’ailière Troelsgaard et ses quatre occasions qui auraient pu faire mouche. Mais la plus prononcée reste celle de Pernille Harder à la 21 ‘ que Van Veenendaal a sorti de manière incroyable. Un duel cadré, et une magnifique horizontale de la néerlandaise.

LA PARTITION MAITRISEE des PAYS-BAS pour un concerto de 45′ seulement. 

“Nous sommes chez nous ! A la maison”. Voilà ce que toute la première mi-temps, les joueuses des Pays-Bas nous ont laissé comprendre à tel point que lorsqu’elles étaient bloquées, elles repartaient de plus belle. Martens se met à briller de la même manière avec son pied inversé (aile gauche, pied droit) et la tactique de l’autre ailière Van de Sanden, un TGV avec double accélération sur trois mètres, s’est juste modifiée pour délivrer des centres précis sur la tête de la joueuse d’Arsenal Viviane Miedema.

Seulement, si elle prend à chaque fois la balle, elle ne la met jamais dans le cadre. C’est donc sur des tirs que la danger arrivera avec Jackie Groenen qui voit son plat du pied contré par sa coéquipière (14′)

On voit un jeu orange plein de détermination et de confiance sans pour autant que les néerlandaises ne se détache au tableau d’affichage et il faudra une incursion de Van de Dong (20′) dans la surface pour que l’arbitre accorde un pénalty que la néo-capitaine Spitze transformera, à deux doigts quand même des mains de la gardienne Petersen.

Le jeu est propre, dominateur. Les danoises sont loin de la porteuse de la balle. Seul le contre de Pernille Harder à la 21′, sur une erreur défensive de la Montpelliéraine Anouk Dekker, laisse penser que le score peut évoluer, d’autant plus qu’il n’est que d’une unité et que le Danemark a autant besoin de victoires que les néerlandaises pour passer en quart (une victoire chacune pour les deux nations).

LA SECONDE MI-TEMPS DANOISE. 7 Occasions, aucune au fond. Qui sait dire “M….!” en danois ? 

Le jeu change dès le seconde mi-temps et lorsque l’arbitre délivrera les vingt deux joueuses et le stade ; chacun se demandera s’il n’avait pas eu la chance de voir deux matches différents à deux moments différents où si on était bien dans la même partie ? Le Danemark envahit l’émotion gagnante des néerlandaises pour leur faire plus d’une fois peur. Un grand huit, ou plutôt sept de l’émotion va se jouer pendant 45 minutes.

Dès la 53′, la défenseuse centrale danoise s’introduit dans la partie néerlandaise et trouve une ouverture de vingt-cinq mètres pour Pernille Harder, esseulée à cinq mètres de la surface adverse et glisse à la plus malheureuse de la soirée Troelsgaard, une balle d’égalisation, seule face à Van Veenendaal, battue … par une balle piquée … qui finit au-dessus de la transversale, cage vide.

L'occasion incroyable manquée par Troelsgaard ! Crédit UEFA. lesfeminines.fr

L’occasion incroyable manquée par Troelsgaard ! Crédit UEFA. lesfeminines.fr

On va assister au plus grand match de poker de football féminin qui aura surement ravie Sarah Bouhaddi, la gardienne française, qui aurait adoré jouée ce match tant elle aime les duels. Van Veenendaal contre le peuple danois !

Un coup comme cela, votre mental est plombé pour longtemps du coté offensif d’autant que l’excellente Pernille Harder a eu le même sort en première mi-temps. Alors que celui de la gardienne néerlandaise fait un pic au “CAC40 d’Amsterdam”. Trois minutes plus tard (56′), c’est la montpelliéraine Veje, dont on espère qu’elle sera meilleure dans le championnat de France, qui glisse un centre ras de terre que l’éternelle “Capitaine” Pernille Harder va chercher du bout du soulier devant l’inévitable … Van Veenendaal, élue meilleure joueuse du match.

Cinq minutes plus tard (61′). Pas plus. Voilà notre danoise Troelsgaard, bâtie pour ne pas se poser de questions, bénéficiant dans la confusion d’un cafouillage, d’un tir cadré et camouflé qu’ Anouk Dekker sort quasiment sur sa ligne et deux minutes après (63′), c’est la même Troelsgaard, idéalement lancée par Pernille Harder qui voit la star du jour plonger dans ses pieds pour anéantir l’occasion qui se présentait.

Quand c’est franc, cela ne passe pas. Quand c’est camouflé, cela ne passe pas. Quand est-ce que cela va passer ??? Voilà les pensées des joueuses offensives danoises !

.. Quand ce n’est pas la gardienne, voilà que la remplaçante Ven den Gragt (54′) défend comme une titulaire, s’impose au centre à croire qu’elle est venue pour sauver la nation, et en plus sauve une action contre Pernille Harder (70′) pour que la douche froide s’abatte, comme une vérité, sur … Troelsgaard servie là encore par Harder ! (75′).

Il faudra un tir excentré de la néerlandaise Van de Sanden (82′) pour que les Pays-Bas rappelle “on est chez nous !” mais le public nombreux s’en fiche. Il goûte enfin à la victoire auprès d’une équipe féminine qui joue à fond quand les hommes sont confinés à calculer les calories du jus d’orange pour espérer qu’il devienne un combustible qui puisse les amener en Russie 2018 (Coupe du Monde) après avoir regardé l’Euro 2016 à la TV néerlandaise.

le public néerlandais à Rotterdam. Crédit UEFA. lesfeminines.fr

le public néerlandais à Rotterdam. Crédit UEFA. lesfeminines.fr

Le match se terminera sur la victoire néerlandaise qui montre une équipe de qualité, d’un mental jeune, enjoué et positif qui ressemble à celui de la France en 2011, mais qui a aussi coincée en seconde mi-temps et dans un groupe où rien n’est fait, face à la Belgique, soeur ennemie, il faudra marquer plus d’un but si elles veulent revivre les mêmes émotions en quart de finale avec le peuple des Oranges.

Les belges gagnent en confiance et n’ont pas encore délivré réellement de jeu. Elles seraient ravies, pour leur première compétition, d’aller en quart.

William Commegrain lesfeminines.fr

GROUPE A – 2è match – 20 juillet 2017 – PAYS-BAS (1-0) DANEMARK. Rotterdam. Arbitre : Riem Hussein (GER). Assistante. Christina Biehl (GER), Chrysoula Kourompylia (GRE). Cartons jaunes : Troelsgaard (49′), Kildemoes (77′). Sorenson (82′)

PAYS-BAS :  van Veenendaal (GA) ; Van Lunteren, Van den Berg (C) (54′ Van der Gragt), Dekker, Van Es – Groenen, Van de Donk, Spitse – van de Sanden, Miedema, Martens (78′ Jansen). Coach : Sarina Wiegman

DANEMARK : Petersen (GA) – Boye Sørensen, Nielsen, Jans, Sandvej – Troelsgaard, Jensen (Kildemoes64′), Christiansen, Veje (Larsen 69′)– Nadim, Harder (C). Coach : Nils Nielsen

https://twitter.com/Persie_Official/status/888137269739229184