Le football passe par des qualités athlétiques. Le terrain est grand et sur le plan offensif, on touche le ballon à peu près 3 minutes par match quand il s’agit de le faire vivre, avec des courses sans ballon, pendant 90 minutes et plus.

Sur le plan défensif, le football est encore plus exigeant sur le plan athlétique car on subit les intentions des adversaires, notamment au milieu où le danger vient des quatre côtés quand en défense, il est souvent de face, ce qui oblige à une concentration encore plus conséquente, qui au fil du match, consomme et entame les réactions physiques des joueuses, pour avoir le temps d’erreur(s) qui peut permettre à l’adversaire de marquer le but qui fera la victoire, et dans une compétition, pour l’autre, la défaite et l’élimination.

La condition physique permet d’agir dans un match, tout en ayant la capacité à supporter les attaques adverses et, à l’idéal, conserver la concentration qui fait le geste juste à la 95′.

C’est difficile, c’est compliqué, c’est une performance pour celles qui y arrivent. Pour cela, une seule chose : le travail athlétique et la confiance qu’il apporte quand on réussit les objectifs qui sont fixés et que l’on sent que notre machine humaine commence à se régler, avec une sorte de perfection entre l’effort physique et la perception de cet effort par notre esprit : proche du plaisir ce qui fait beaucoup de confiance qui s’emmagasine.

Voilà des actrices qui progressivement montent en pression. Vous verrez des joueuses qui veulent être devant.

Tous et toutes n’aiment pas cela :

On peut frapper de cent manières différentes une balle. Soit, les muscles utilisés ne sont pas les mêmes en utilisant plus un que les autres ; soit le geste ne commence pas ou ne se termine pas de la même manière ; soit l’ouverture du pied n’est pas la même ; soit l’impact sur la balle ne se fait pas au même endroit et enfin, soit on a mis de la force et de la puissance dans le haut du corps ou on s’est transformé en feuille morte.

Sans parler du mental. Le but que mets Marie-Laure Delie face à Barcelone en pivotant lors du quart de finale aller est un but de folie.

Certains joueurs ont cette capacité technique qui fait la différence, à l’exemple de Ronaldinho dont les aventures nocturnes ne l’empêchaient pas de réaliser des performances incroyables sur certains matches ; d’autres ont un mental si compétiteur qu’ils en deviennent des “surhommes” le temps d’un match et on peut ranger dans cette catégorie, les deux français Zidane et Platini. Communs sur le plan athlétique ; exceptionnels dans un match.

Aujourd’hui, il n’existe pas en Europe, de joueuses qui ont cette capacité irréelles à faire la différence, soit dans la tête soit dans le jeu. Peut-être plus par nature avec cet esprit collectif qui fait que les rivalités de leadership se règlent hors terrain, dans des moments communs, quitte ensuite, à trop se ranger dans le rôle que la vie de groupe a donné à chacun.

Cela semble pour l’instant dévolu aux brésiliennes Cristiane et Marta, avec l’intermittence artistique qui va avec.

Mais le football ne vit plus dans ce monde.

Même celui féminin. Et la finale de la Women Champion’s League de Cristiane avec le Paris Saint Germain en comparaison de sa finale de Coupe de France comme les quarts de finale européens habituels de Rosengard où jouait la brésilienne Marta semblent montrer que “l’esprit du football joueuses Cadres et esprit Encadré” européen est la solution à la victoire finale.

Rappelons-nous l’Allemagne (Or) et la Suède (Argent) de 2016 aux Jeux Olympiques, à l’esprit très militaire. Avec un jeu structuré comme un building de la Défense. Carte d’identité sorti et nom du destinataire pour simplement pouvoir y respirer.

J’ai tendance à croire que le football a besoin de folies. Mais je crois que je dois être le seul fou à le penser.

A l’inverse, si j’applique la raison et que je donne du crédit à la finale de la Women Champion’s League entre l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint Germain, alors je me dis que je préfère perdre 3-0 que de laisser le titre européen sur la séance des tirs aux buts. Là, après déjà une série de cinq.

William Commegrain lesfeminines.fr