Si le combat a une tonalité exceptionnelle avec deux clubs français en opposition pour une première qui a eu l’amabilité d’attendre la fin du festival de Cannes pour illuminer le football féminin français ; la finale européenne est aussi une finale de CLUBS et de STRUCTURES, avec des enjeux et une personnalité bien différente, avec ses points forts et points faibles.

La finale européenne 2017 de la Women Champion’ League sera aussi un combat de structure, de couleurs, de clubs où l’identité masculine va être très forte avec comme acteurs : Jean Michel AULAS et l’OL, Nasser Al Khelaifi pour le PSG, et la FFF et la Coupe du Monde 2019 dans la tête.

L’OL, un management paternaliste de la section féminine.

En favori, se positionne l’Olympique Lyonnais, star européenne du football féminin avec ses trois titres WCL (2011, 2012, 2016) et ses deux finales (2010 et 2013) qui font que l’OL en talons peut se promener partout en Europe et se faire ouvrir “grand” la porte.

L’Olympique Lyonnais au féminin a pour vocation de demander au football féminin d’être le leadeur dans son sport, et à la particularité de le traiter dans “un rapport d’égalité” en terme d’ambitions avec le football masculin. Avec un lien fort crée, tenu et développé par son Président Jean Michel Aulas qui a la volonté de créer “une famille”: le père à l’écoute des frères et des soeurs ou plutôt, le chef de famille, proche tout autant des cousins et des cousines.

Avoir l’idée est une chose, le faire en est une autre ; et que dire de le réussir ! L’Olympique Lyonnais a dans son esprit, ainsi, deux jambes pour asseoir son club. L’une masculine ; l’autre féminine. Plus équitable, difficile de faire mieux. Une jeunesse dans les Pays du Nord pour Jean Michel Aulas ? Qui sait.

Quant à ceux qui sont inquiets de voir un entraîneur masculin venir au féminin ; pour en avoir discuté avec Orléans lors du barrage de Ligue 2, on ne l’a dit que du bien “en jeu” comme “en communication” de Reynald Pedros. C’est un premier point ; le second, étant qu’il ne s’agit que de football féminin et la marge de l’Olympique Lyonnais est réelle, même si elle est discutée par les parisiennes.

Le PSG, un management consultatif de la section féminine.

De l’autre côté, il y a le Paris Saint Germain qui a pris quasiment tous les trophées nationaux de disponibles au MASCULIN (champions de 2013 à 2016) laissant le championnat 2017 à Monaco pour conserver les Coupes 2017 (Coupe de France, Coupe de la Ligue, Trophée des Champions soit un total de onze, séries en cours).

Les féminines parisiennes sont elles, en attente d’un trophée qui leur échappe en France, vice-championne quatre fois et deux finales de Coupes de France (2014 et 2017) à son actif et une finale de Coupe d’Europe (2015). Elles n’ont pas été validées par une récompense depuis la professionnalisation (2012) des joueuses avec une armoire qui ne comprend qu’un seul trophée : la Coupe de France 2010 (situation amateur).

Le PSG semble avoir crée une autre dynamique, plus comptable et arithmétique, avec un esprit “maison-mère” ou holding face à “une filiale” bien segmentée à qui les objectifs sont donnés et qui ensuite navigue à sa manière et en autonomie pour les réaliser. Le lien paternaliste est moins fort. On est plus dans un management consultatif où les liens hiérarchiques s’expriment de manière structurée, tant sous la forme ascendante comme descendante tout en laissant une part importante à l’autonomie.

Une ambition identique, des raisons différentes.

Les deux clubs ne construisent et n’animent pas leur section féminine de la même manière. Il reste que les joueuses ont toutes l’envie très forte de défendre leurs couleurs. L’Olympique Lyonnais pour rester Maître du jeu dans la dimension féminine et respecter ainsi “le deal” avec le Président Jean-Michel Aulas ; les féminines parisiennes pour se mettre au niveau du PSG masculin et apporter la preuve que des maillots plus échancrés ont autant de qualité que ceux masculins et ne sont pas là, uniquement, dans les moments “Red Carpet” de la capitale.

La fédération joue sa carte, au milieu.

La fédération, dès lors que l’on parle féminin, a toujours quelqu’un pour essayer de glisser des cartes afin de faire parler du féminin dans le monde du ballon rond. Quelques fois le jeu est bon, d’autres moins mais c’est comme une forme d’addictions. Chaque unité gagnée, en vaut dans l’esprit de certaines, cent, voire mille.

Une finale européenne qui se joue entre deux club français, c’est une première. Une finale européenne qui se joue entre l’OL et le PSG, c’est une superbe affiche qui touche les deux univers. Une finale européenne qui va sacrer un club français, c’est du pain béni après trois finales sans titres (2010, 2013, 2015) pour trois avec un titre (2011, 2012, 2016).

Alors le mot d’ordre a été donné et bien donné.

Il faut que cela soit une fête.

La gagne se joue à des détails

Cette avant-finale était partie pour être explosive. Les deux coaches avaient des choses à se dire et des raisons de le faire. Il n’est pas aussi évident qu’ils se retrouvent en finale avec, pour les deux équipes, deux matches perdus dans leur parcours européen 2017 ;

Il y avait des raisons donc de dire, de parler et de faire.

La marseillaise a sonné. L’intérêt général s’est exprimé. Tant mieux, le combat se fera sur le terrain. Et sans nul doute, le combat sera intense.

Paris va avoir une carte qu’elle n’avait pas eu au Parc OL (3-0) et à Vannes lors de la finale de la Coupe de France (1-1, 7 tab à 6 pour l’OL). Ce sont les Ultras. Il y a comme une relation amoureuse entre les féminines et les Ultras. Elles n’attendaient que cela. Ce lien entre le monde masculin et féminin. Il est venu du plus profond de ce qu’elles ressentent : le chant.

C’est une force, une structure, qui aura sa voix aux détails quand l’OL est bien plus habitué à la présence de ses supporters : Olangelles et Kopfenottes69.

Claire Gaillard (l’equipe) a posé la bonne question : l’incidence sur l’équipe de France ? Olivier Echouafni a répondu immédiatement : “on n’aura qu’un seul maillot”. Pas de souci pour l’équipe gagnante ; cela sera plus compliqué pour les perdantes.

William Commegrain lesfeminines.fr