Les matches pour rêver.

Montpellier – PSG et Guingamp EA – Olympique Lyonnais. En direct sur Eurosport 2 et Eurosport player.

Imaginez, l’inattendu quatrième du championnat Guingamp reçoit l’Olympique Lyonnais (1er) pour le premier match en France, de la joueuse la plus médiatisée au monde, Alex Morgan (120 sélections, 73 buts, plus de 3 millions de followers sur les réseaux sociaux) sur les terres du Président Noël Le Graet et face, selon les écrits de la presse spécialisée, à son futur membre du Comex, en la personne du très médiatisée Jean-Michel Aulas.

Voilà en plus des joueuses, déjà des étoiles en Bretagne. 

Quand, caméras d’Eurosport braquées « plein Sud » à Montpellier (2è), c’est Louis et Laurent Nicollin qui reçoivent, le Paris Saint Germain (3è) de son ancien conseiller et coach, Patrice Lair, terminant l’année 2016 sur un exploit comme premier du championnat de France avec trois points d’avance sur l’OL pour, d’une prise « de judo » administrative, apprendre début Janvier qu’on lui retirait quatre points, ce qui portait les parisiennes à une troisième place derrière Montpellier, avec un match en moins.

Au sein de ces deux formations qui vont s’opposer, on ne trouve que des internationales : françaises, néerlandaises, suédoises, espagnoles pour Montpellier ; françaises, brésiliennes, polonaises, costariciennes, canadienne et espagnoles pour les parisiennes.

Voilà aussi des étoiles dans l’Occitanie. 

Honneur à la compétition : Montpellier (2è, 27 pts, 11 M) Vs le Paris Saint Germain (3è, 26 pts, 10 M).

Gagner serait un exploit possible pour Montpellier. 

Je l’ai écrit depuis longtemps. Montpellier a l’équipe pour prendre une seconde place comme pour le titre. Il faut juste qu’elles passent un cap supplémentaire et remporte une première victoire face au Paris Saint Germain, ce qu’elle n’ont pas réalisé depuis que le PSG est devenu « professionnel », soit en 2012-2013 (2 nuls, 6 défaites dont les trois dernières à domicile).

Jean-Louis Saez a eu une phrase qui m’a interpellé lors de ma récente interview du 7 janvier : « Le résultat d’un match ne doit pas se faire sur cela (des complexes) mais sur la valeur d’un match« . Il avait complètement mis de côté les aspects psychologiques du « avant-après » qui endorment la compétitivité des français en leur faisant jouer la symphonie du coeur et de l’émotion, non pas pour ne pas les avoir anticipé mais, dans son esprit, cet aspect était déjà géré par son groupe.

Il sentait qu’il avait ce point d’acquit. Et, sans l’affirmer mais en l’intégrant comme une vérité, il sait qu’elles ne vont pas être prises par l’enjeu mais uniquement par le jeu.

D1F- 3J - PSG-Montpellier HSC. Credit PSG.FR lesfeminines.fr

D1F- 3J – PSG-Montpellier HSC. Credit PSG.FR lesfeminines.fr

Je pense que cette certitude, Montpellier ne l’avait pas à l’aller (défaite 1-0) quand le PSG les a reçu au Camp des Loges. Jean-Louis Saez réfléchissait à voix haute dans le même interview : « On sent que c’est plus difficile pour nos adversaires. Cela veut dire que l’on arrive à progresser dans un championnat qui est, lui aussi, en progrès. Pour finir « Je pense que mes filles peuvent monter encore en puissance et faire encore des progrès ».

Avec le groupe qu’il a et son état d’esprit (ITW de Laetitia Tonazzi « j’adore ce groupe ») ; avec les joueuses qu’il a et qu’il a recruté, Janice Cayman et Stina Blackstenius ; avec l’état d’esprit d’athlète des suédoises et la performance de Sofia Jakobsson ; Montpellier a de bonnes raisons et de chances de remporter cette rencontre.

Elles sont en évolution et dans une dynamique positive avec la chance des championnes (But à la 96′ de Janice Cayman qui élimine Marseille des 32è de la Coupe de France). Le palmarès de Montpellier le montre. Double finaliste des deux dernières Coupe de France (2015 et 2016) face à l’Olympique Lyonnais et pendant longtemps, second du championnat de France (2016), la saison dernière. Elle ne sont pas là par hasard. Je ne suis pas « un coach de coups » m’avait dit JL Saez.

Le Paris Saint Germain a les crocs

D’habitude, l’effectif international de qualité du Paris Saint Germain suffisait à penser puis écrire que la différence finirait à se faire pour les couleurs parisiennes face à des matches à enjeux au quelle il fallait associer l’intensité nouvelle des séances « professionnelles » à Bougival.

Aujourd’hui, face à Montpellier, cela ne peut plus être une arme de différences. Patrice Lair le sait bien pour avoir l’an dernier, conseillé Montpellier.

C’est juste juste un potentiel – qui peut s’exprimer ou ne pas s’exprimer -.

Le breton a cependant une nouvelle arme qui lui a permis d’être, fin décembre, en tête du championnat : c’est l’état d’esprit et l’adéquation de son management avec l’envie d’écoute et d’actions des jeunes du PSG qui ont donné une seconde jeunesse aux expérimentées Laura Georges (32 ans) et Sabrina Delannoy (31 ans), Véro Boquete (29 ans), Cristiane (31 ans) et Marie-Laure Delie (28 ans). Cette ambiance, ouverte, dynamique et décomplexée a permis à une équipe mature de trouver une seconde jeunesse.

Qui se souvient du superbe but de Marie Laure Delie (1-0) contre l’Olympique Lyonnais ne peut que se rendre compte de cette évidence.

Sauf que le PSG n’est pas en évolution, il est en reconstruction. 

L’inconnue est du côté des couleurs parisiennes qui ne peut avoir la garantie que la performance réalisée en première partie de saison puisse se renouveler dans cette seconde partie. Patrice Lair le dit (ITW du 14 décembre 2016) : « Il a fallu essayer de trouver les bons ressorts, les bons leviers pour re-motiver tout de suite ce groupe qui était en mal de confiance. Franchement, je suis le premier surpris (à l’écoute, le ton le confirme) que l’on ait été aussi performant. Je me rappelle en stage à Ploufragan (Côte d’Armor), c’est vrai que je me posais des questions quand même. »

La force du Paris Saint Germain se verra sur le match. Dans un contexte mouvementé. Avec toutes ses internationales et ces ouragans, volontaires ou involontaires, qui ont soufflé sur les couleurs parisiennes pendant cette trêve : du harcèlement moral exposé dans l’Equipe par l’intendant aux quatre points retirés face à Albi, à la démission refusée de Patrice Lair puis une victoire en Coupe de France face à Bourges sur le score dantesque de 0-19 devant un public conquit aux couleurs parisiennes (4.500 spectateurs).

Cela n’a pas été calme pour le PSG dans cette intersaison. Le cocotier a trop bougé ou a été trop bougé. A mon sens, le Paris Saint Germain vient avec plus d’inconnues que Montpellier sur cette rencontre.

Si elles le font, elles auront alors toutes les chances d’aller chercher le titre de Championne de France ; à défaut, c’est Montpellier qui démarrerait cette saison avec un mental parisien, bien accroché à la seconde place et peut-être, pour obtenir le même final ?

J’avais écrit que le PSG allait gagner face à l’OL. Sans parti pris, là, je vois bien Montpellier remporter le match face au PSG, prêt à bondir.

Honneur Aux Etoiles ! Guingamp EA (4è, 15 pts, 10 M) Vs Olympique Lyonnais (1er, 27 pts, 10 M).

Il y avait la Princesse Diana. Il y aura Alex Morgan. Cette jeune femme de 27 ans va charmer le coeur de tous les français et françaises. C’est une évidence. Elle possède la lumière des stars, avec cet aura qui les caractérisent, illuminé par un coeur et une simplicité « d’enfant » qui donnent, à chacun de ses gestes ou de ses mots, la bénédiction des « émotions qui chantent ».

Le temps et les ennuis semblent passer sur Elle.

Elle est ailleurs et d’Ailleurs.

mag_14-01-2017_page1

Puis, elle se transforme. Comme les américaines, elle se transforme dans les compétitions. Le sang des vainqueurs coule en Elle, et tout son esprit n’est concentré que sur une seule chose : jouer en regardant devant pour gagner. Elle n’est pas comme Dzenifer Marozsan qui construit le jeu d’une équipe. Elle le termine, comme une pile électrique. Attirée par l’aimant du but.

C’est cette attirance, comme une croyance, qui en fait une joueuse exceptionnelle.

L’entêtement n’y est pour rien. C’est la conviction du bonheur qui l’anime. Le bonheur ? C’est la victoire. Alors, elle ne jouera que pour le bonheur d’une victoire. Pour la constater, normalement et dans certains cas, exceptionnellement.

Voilà la Bretagne qui déjà faisait salle pleine pour accueillir l’Olympique Lyonnais et qui là, va faire salle comble pour recevoir deux jeunes filles totalement opposées en caractère et en jeu, mais éduquées aux mêmes valeurs américaines : Alex Morgan et la canadienne Kadeisha Buchanan (21 ans, défense centrale) .. avec déjà plus de 63 sélections pour l’équipe nationale canadienne à cet âge.

Si l’américaine va être la « Sophie Marceau » de cette saison, la canadienne qui s’est engagée dans le Rhône pour deux ans et demi risque fort d’être la future Lotta Schelin française avec plus de huit saisons sous les couleurs lyonnaises. L’ex-numéro 8 lyonnaise avait été un exemple d’intégration réussie. La jeune canadienne risque fort d’avoir la même finalité.

Guingamp reçoit … pour perdre.

En football c’est certainement le futur résultat. L’aller avait fait mal en terme de score (9-1) pour l’Olympique Lyonnais. Un score certainement trop lourd qui devrait être inférieur à Fred Aubert car les guingampaises ont des arguments qui ont leurs mots à dire, notamment avec Désirée Oparanozie (23 ans, Nigéria), championne d’Afrique et qui trouve souvent les filets adverses autour de la 70′ (73′, 62′, 76′, 65′).

Si le résultat peut pencher en faveur de l’Olympique Lyonnais, sur le plan du football ce sera « la gagne » avec une affiche de qualité qui préparera la région bretonne au futur championnat du monde U20 qui s’organisera en Bretagne pour 2018.

Ce sera la fête mais comme dans toute fête, il y aura des surprises. Et Guingamp peut avoir cette chance là !

Sur le plan des coaches, il sera intéressant de noter que Sarah MBarek (Guingamp) qui a suivie la formation du BEPF va faire face à Gérard Prêcheur, Champion d’Europe 2016, Entraîneur National, membre de la DTN et nommé parmi les 10 meilleurs coachs FIFA 2016.

En ce début de l’année 2017, les joueuses des quatre camps se sont certainement envoyé des voeux pour cette année, non sans avoir en arrière-pensée que tout cela se réalise, sauf pour cette douzième journée !

Samedi, à 14h30, il y aura une journée pleine d’Etoiles en championnat. En direct et en duplex sur Eurosport.

William Commegrain lesfeminines.fr