D17. France-Canada. 21h. Samedi 23 Juillet 2016. Si MétéoFrance annonce une météo nuageuse mais ensoleillée, pouvant aller de 17° à 28°, on peut être certain que sur le terrain, il fera chaud. C’est dans un Abbé Deschamps plein comme un oeuf (17.000 spectateurs), recevant pour la première fois le football féminin que l’équipe de France va jouer son dernier match préparatoire en ayant l’intelligence d’avoir reçu deux fois à domicile (Chine, Canada) pour ses matches préparatoires, s’évitant les fatigues des voyages qui puisent dans les organismes et limitent les très grandes performances.

Tout est au vert et les nombreuses vidéos de qualité de Clairefontaine nous montre une équipe qui se livre sans retenue, offrant la confirmation du niveau que le Monde nous qualifie. Une finale Olympique et un droit de regard sur l’Or.

L’opposant qui s’annonce, le Canada, classée 10è au rang FIFA, est sorti médaillé de bronze à Londres en 2012 face à la France !

Il n’est pas inutile de rappeler que le match a été gagné à la 90′ sur le score d’1-0 par un but de la petite joueuse Diana Matheson (1m54), au coeur infatiguable, expérimentée puisque évoluant en WNSL sous les couleurs des Washington Spirit. Un match dominé de la tête et des épaules par la France, qui avait montré la qualité première canadienne : Gagner, même lorsque les vents sont contraires.

Quand vous avez une joueuse d’1m54, une des plus petites joueuses du circuit du haut niveau, titulaire en 2012 qui vous met un but pour une médaille de bronze à la dernière minute de jeu (90′) et que vous retrouvez la même joueuse en 2016, quatre ans plus tard, en ayant réussi à maintenir sa place. Que vous notez, après vérification qu’elle était bien en 2011 et 2015 lors des deux derniers mondiaux ! Que cette même équipe reste très concurrentiel avec une 10è place FIFA et une victoire face au Brésil,

Alors vous savez que vous avez affaire à une joueuse au mental d’acier. A une équipe au mental d’acier. La France va jouer un très gros match Samedi Soir. Elle va affronter une équipe au mental d’acier.

Une équipe canadienne au mental d’acier.

C’est le meilleur résumé du match en “huis clos” auquel j’ai assisté à Charlety, mercredi dernier, entre la Chine (12è Fifa) et le Canada (10è Fifa). L’équipe canadienne a très vite pris le dessus sur les Roses d’Aciers en accélérant toutes les transmissions, en s’imposant pour récupérer le ballon, en le faisant tourner avec l’intention perpétuelle de chercher une faille, et en ayant l’intelligence et l’expérience, de ne pas la tenter si elle ne se présentait pas, pour changer de côté et repartir de la même manière et avec la même intensité, une fois à gauche, une autre fois à droite.

C’est l’intensité dans la volonté qui a fait que les canadiennes ont ouvert la marque très rapidement et aurait pu l’aggraver dans les trente premières minutes.

A l’inverse, elle a été bousculée dans la partie du temps forts des filles de Bruno Bini, et bien qu’elles n’aient pas concédé d’occasions nombreuses, la justesse du score (1-0) laissait toute opportunité d’une égalisation chinoise. Ce qui aurait pu se passer.

La jeunesse du Canada est une de ses forces. 

A ce jeu de la vitesse et de l’intensité dans la prise de décision, la jeune Jessie Fleming est l’artiste qui convient. Une envie perpétuelle d’aller de l’avant dans la construction de son jeu. Au jeu de l’expérience, toute l’attaque canadienne a plus de 30 ans (exceptée Jeanine Beckie) et Christine Sinclair est plus qu’un point d’appui solide (244 sélections et 165 buts). Au jeu de la régulation, c’est Sophie Schmidt qui s’emploie (150 sélections, Wolfsburg) et à celui de la défense, John Herdman a fait confiance à deux jeunes de talents : Buchanan (20 ans, 57 sélections, meilleure jeune joueuse du Mondial 2015) , Zadorsky (23 ans, 18 sélections) constituant certainement la plus jeune charnière centrale de la compétition.

L’équipe canadienne est fait d’une unité, reconnue quelque soit les joueuses qui entrent : très vive dans l’offensive et très solide quand l’équipe se replie défensivement. Elle prend peu de buts en général (jamais au-delà de 2) mais elle a le défaut d’en marquer peu. Elle remporte la plupart de ses matches sur le score d’1-0 ne dépassant jamais le 2-1 dans des oppositions face à des équipes du Top 20.

Les canadiennes viendront pour se tester, tant sur le plan offensif que défensif.

Le canada n’est pas une inconnue.

La France s’est souvent retrouvée confrontée aux canadiennes en compétition : 4-0 en faveur des bleues en match de groupe de la Coupe du Monde 2011, 2-0 en finale du Tournoi de Chypre pour la France en 2012, 0-1 en faveur du Canada pour la médaille de bronze aux JO de 2012, 1-1 en 2013 sous une pluie torentielle en 2013 pour une revanche amicale, et 1-0 en faveur des bleues pour un match amical en avril 2015.

Qui marquera le premier aura gagné. Ce sera certainement la vérité de cette rencontre.

La France reçoit en leadeur mondial

Son classement le lui permet (3è FIFA). La victoire de l’Olympique Lyonnais le lui permet (Ligue des Champions 2016). La composition du groupe le lui permet : l’effectif est fait à 80% de joueuses de l’Ol et du Paris Saint Germain, complété par des jeunes joueuses de Montpellier et Juvisy. L’entraînement pour ces Jeux Olympiques a placé la France au même niveau que les nations qui ont “mis en cocotte” leurs sélectionnées pour les conserver en stage pendant plusieurs semaines.

La professionnalisation des féminines, se consacrant pour la plupart exclusivement au football est en train de se manifester. Elle a raté le RDV du Mondial 2015 au Canada (quart de finale face à l’Allemagne). Là, elle s’est préparée pour aller au bout des jeux Olympiques, sur un chemin plus court puisqu’il n’y a que 12 équipes en compétitions (groupe, quart, demi, finale). Compte tenu de cela, bien que les matches qualificatifs de l’Euro ait généré beaucoup d’interrogations, la France est dans cette dynamique de position : un leadeur du football féminin.

Les adversaires reconnaissent à la France d’avoir un droit de regard sur l’Or. 

Les françaises ont une équipe de titulaires fantastiques qui jouent comme dans leur club. Là, l’Olympique Lyonnais. Dans les moments importants d’une rencontre, c’est ce qui va faire la différence et le 3-0 face à la Chine qui aurait pu finir en 4-0 a montré à quel point le football est un combat qu’il faut remporter (1er but de Diani), mais aussi une habitude de jeu (2ème but de Wendie Renard).

Le premier match de préparation face à la Chine a été gagné (3-0). Celui-là donnera la mesure des possibilités françaises lors de la compétition qui les attend avec un groupe assez homogène (Groupe G) qui impose quasiment d’être dans les deux premiers pour accéder aux quarts. (USA, France, Nouvelle-Zélande, Colombie).

La composition française.

On ne change pas une défense, et il parait évident que Sarah Bouhaddi (GK), Jessica Houara D’Hommeaux, Griedge MBock, Wendie Renard et Amel Majri seront alignées en défense. D’autant plus que malheureusement, la France a dû prendre en compte la blessure de Laura Georges, la plus expérimentée de la sélection française, remplacée par Sakina Karchaoui dans les 18, et arrivée de Sandie Toletti dans les remplaçantes.

La question se pose au milieu avec un système de jeu soit axée sur la possession du ballon et dans ces conditions, le quatuor Amandine Henry, Camille Abily, Elise Bussaglia, Louisa Necib va s’imposer. Soit, une gestion des temps forts canadien avec Kheira Hamraoui en tour de défense à la place d’Elise Bussaglia.

Devant, Eugénie Le Sommer s’impose et pourrait être accompagné par Kadidiatou Diani pour la situer au plus haut niveau où Marie Laure Delie pour mettre un impact avec de l’expérience au sein de la défense canadienne, qui reste la plus jeune de la compétition à venir.

L’équipe de France a une renommée comme l’ont les produits de luxe des marques françaises. C’est ce qui se fait de mieux au Monde. Le monde entier légitime son regard vers l’Or Olympique. Les rencontrer est toujours un challenge et inévitablement, cela va être à l’esprit des canadiennes Samedi soir.

Ce sera, après des entraînements de forçats, la dernière difficulté du groupe France. Arriver à s’imposer quand l’adversaire est archi-motivé pour vous gagner.

Un sacré test et une sacré réponse sur la Route de Rio.

William Commegrain lesfeminines.fr