Une tornade d’un très haut niveau mondial : “d’origine française”.

L’ambiance est très festive autour du stade et c’est le parfum des fanzones de l’Euro qui se diffuse aux guichets du stade parisien.

Les supporters chinois devant Charlety. Credit. William. Samsung 5. Lesfeminines.fr

Les supporters chinois devant Charlety. Credit. William. Samsung 5. Lesfeminines.fr

La France s’est installée à Charlety et les Roses d’Aciers n’ont “pu que constater que la France était très forte sur le plan offensif comme défensif” dira la milieu de terrain en zone mixte. Philippe Bergerôo et son team ont pris ce match de préparation au sérieux en ayant le plaisir de s’apercevoir, “malgré le travail en côte“, “on n’a pas eu l’impression que les filles étaient émoussées“.

La première mi-temps est à sens unique et l’expression “c’est un match de haut niveau” prend toute sa vérité pour les onze Roses d’Aciers alignées par Bruno Bini qui, après les cinq premières minutes, auront un mal fou à récupérer le ballon avec “Camille Abily, Louisa Cadamuro (Necib), et Elise Bussaglia qui se sont mises entre les lignes sans opposition” analysera Bruno Bini.

Effectivement, les balles sont dans les pieds des françaises et elles sollicitent beaucoup les côtés obligeant les lignes à s’écarter dans lesquelles Eugénie Le Sommer se fera un plaisir de s’infiltrer. C’est cependant Amel Majri qui centrera pour la lyonnaise au contact avec la gardienne Lina, qui ne peut empêcher la puissance physique de Kadidiatou Diani de s’imposer et de marquer, du gauche, malgré la défense serrée de sa latérale Wu Haiyen. (1-0, 14′, Diani). La juvisienne met ainsi son second but en équipe de France .. toujours du même pied.

C’est toujours Eugénie Le Sommer qui s’imposera devant une sortie hasardeuse de la gardienne pour proposer un centre fort, coupée par Elise Bussaglia. Exterieur. Pres de la lucarne des Roses d’Aciers (17′).

Le premier corner chinois à la 18′ laisse espérer pour la communauté venue nombreuse à Charlety mais elle ne pourra que constater la différence entre “une équipe qui va chercher l’or à Rio face à une équipe qui y va pour passer les poules et faire un quart de finale” dira avec objectivité Bruno Bini lorsque Wendie Renard marquera son 18è but pour 77 sélections ce qui correspond certainement un record pour une défenseuse. (29′ Renard, 2-0).

La capitaine française ne se cachait pas du plaisir qu’elle avait eu à réaliser cette performance,  en l’analysant par l’habitude de jouer ensemble avec un superbe timing proposée par Louisa Cadamuro (Necib). Un bijou de balle déposée “dans la bonne zone” pour Wendie Renard qui n’a plus eu qu’à conclure. Louisa, Wendie, un duo qui fonctionne bien puisque le dernier but de la capitaine française s’était réalisé sur un même mouvement, face au Brésil (2-1) en septembre 2015.

A la 32′, c’est encore Eugénie Le Sommer qui s inflitre “à sa manière, pour être dans la dernière passe” et offre une occasion de la tête à Camille Abily, trop courte.  A la 44′, c’est elle encore qui aura une belle occasion qui trouvera le poteau, après une balle détournée par Zhao Lina.

Il faudra attendre la 45′ pour voir un mouvement offensif abouti avec un tir dans la surface de Zhang Rui, immédiatement contrée par Griedge MBock, titulaire d’autant plus si Laura Georges, la plus capée des 18 françaises, est contrainte d’annonce un diagnostic négatif suite à l’échographie qu’elle devrait passer demain.

La seconde mi-temps sera de meilleure qualité pour les Roses d’Aciers mais la France tiendra le résultat sans problème. 

Pendant 10 bonnes minutes, on voit les Roses d’Aciers prendre le ballon et le tenir dans des mouvements qui leur permettront de se trouver deux fois en position de tirs (53′) mais l’influence du match fait que Wang Shuang envole sa tentative. L’apport de la Rose d’Aciers la plus capé Ma Xiaoxu ouvrira des points d’appui mais c’est l’entrée de Wang Shanshan qui aménera du confort offensif et elle arrivera à se défaire deux fois du marquage d’Amel Majri, ce qui est une certaine performance compte tenu qu’il s’agit de la meilleure joueuse de D1, version 2015-2016, pour tenter le seul tir cadré de la partie qui sera repoussé par Méline Gérard.

Entre temps, les occasions seront du côté français et le travail de sape de Kadidiatou Diani aura un impact incroyable sur le contenu des actions offensives françaises permettant à Eugénie Le Sommer de plonger dans les espaces libres, superbement trouvée par Louisa Cadamuro, et qui attendra le temps nécessaire pour ajuster Zhao Lina (Arrêt).

Claire Lavogez, toute juste entrée, apportera “la touche de folie et de jeunesse nécessaire au jeu” et sur une des premières balles longues de Wendie Renard, elle s’appuiera sur Marie-Laure Delie qui lui remisera pour finir par un tir ajusté, extérieur. (72).

Les Roses d’Aciers auront une belle occasion de contre sur un corner français qui permettra à la meilleure attaquante du soir, Wang Shanshan, de tenter un tir, immédiatement contré par Wendie Renard en duel (78′).

On semble aller vers un 2-0 définitif mais c’est sans compter sur la partie de Kadidiatou Diani qui s infiltra dans la surface, à pleine vitesse, pour obtenir un pénalty, que Claire Lavogez transformera d’autorité, afin de chasser les vieux démons du Canada 2015. (3-0, 81′, Claire Lavogez).

La partie se terminera sur cette nette victoire de la France sur la Chine, remettant chacun vers ses objectifs : une médaille pour la France et l’Or ; une qualification en quart pour les Roses d’Aciers. Dans cet ensemble, le quatuor central Griedge MBock, Wendie Renard, Camille Abily et Elise Bussaglia ont bloqué toutes les initiatives chinoises avec un frein français mis tant sur le côté gauche (Amel Majri) que droit (Jessica Houra d’Hommeaux).

Attendre la montée en puissance pour les deux équipes.

Face à cela, et à la force offensive des françaises, les Roses d’Aciers ont paru bien plus émoussées par leur préparation. Il reste trois semaines avant les JO, et si les deux équipes doivent monter en puissance, la Chine devrait produire le résultat du Mondial (quart de finale) quant à la France, cela peut aller au plus haut.

La France s’équipe favorablement avant de décoller pour Rio. Avec un mental très positif.

William Commegrain lesfeminines.fr

Philippe Bergerôo : j’ai la chance d’avoir une équipe qui bosse énormément. On n’était un petit peu inquiet car on avait travaillé les côtes. On a pas eu l’impression que les filles étaient émoussées. Cette préparation qui commence par une victoire nous permettra de mieux travailler. Kadi est une joueuse que j’ai intégré depuis deux ans et je pense que c’est une très bonne joueuse de Juvisy et elle a apporté quelque chose aujourd’hui. Thomis a un problème mais elle reprendra Lundi. Pour Laura Georges, on est plus inquiet. Elle ressent des problèmes de contracture et on va faire le point avec le docteur, car je ne peux pas me permettre de partir à dix-huit avec des blessées. Elle va passer une échographie.

C’est vrai que c’était un match important, même si c’est un match amical de préparation. C’est toujours intéressant de débuter par une victoire on est dans notre 3ème temps de préparation physique et cela nous permet d’aller chercher des choses sur le plan mental. J’ai fait tourner au bout d’une heure quand on avait déjà gagné le match pour ne pas prendre trop de risques.

J’ai trois gardiennes de haut niveau car je n’oublie pas Laetitia dans ce trio. On a fait un classement avec Sarah, numéro 1 ; Méline, numéro 2 et Laetitia numéro 3. Demain on a une séance de récupération et on va enchaîner sur l’aspect technico-tactique. Il y a une très bonne ambiance et continuons à travailler comme il faut dans la joie.

Ca fait un moment que l’on a vu la Chine et cela fait plaisir de jouer Bruno. Sur l’ensemble du match, on s’est bien préparé avec une implication constante. On se prépare comme il faut, et il faut beaucoup d’humilité.

J’ai eu la blessure de Laure Boulleau et Amel Majri je suis obligée de la faire descendre. Aujourd’hui, on a très bien joué au ballon mais il faut que ca aille très vite sur les côtés. C’est lancer les jeunes, et quand on jouait contre des équipes faibles, je faisais jouer ces jeunes là. Claire Lavogez, je lui tire mon chapeau car elle est allée tirer le pénalty. C’est un sacré caractère. Elle amène sa créativité, sa puissance et un petit peu sa folie. On a besoin de joueuses dans les couloirs qui vont très vite. Et je dois remercier Louisa que j’ai mise sur le côté.

Bruno Bini : “On a vu la différence qu’il y a entre une équipe qui va chercher l’Or à Rio et une équipe qui va chercher à passer les groupes pour faire un quart de finale. Je regrette qu’on ait manqué un peu d’impact. La seconde mi-temps est quand même encourageante. On a resserré les lignes à la mi-temps car on avait notre ligne de défense et notre ligne de milieu trop écarté. La deuxième mi-temps était mieux même si on a été promené.

Ce n’est qu’un match de préparation et les matches de préparation à Charlety, je m’en méfie. Il y a quatre ans, on avait gagné 2-0 avant de partir aux Jo, et elles nous ont fait la cerise en demi-finale. On continue notre petit bonhomme de chemin. Il y a un journaliste chinois qui m’a dit, vous avez pris quelque chose si vous perdez ? Je lui avais dit que lorsque l’on est en bonne santé, on ne fait pas exprès d’être malade. On va prendre une tisane chinoise. Il fallait trouver des complémentarités et on a une joueuse importante blessée pendant six semaines.

On a été meilleur en seconde période qu’en première. Globalement, je suis satisfait des filles qui sont entrées. Je souhaite bonne chance à l’équipe de France.”