La France a une drôle d’histoire avec le football féminin de l’élite.

Avant 2010, personne ne l’avait identifié dans le monde du ballon rond et “les aficionados” du football masculin découvraient pour certains, qu’il existait un championnat et des équipes féminines organisées comme l’élite masculine : en championnat de D1, Coupe et Coupe d’Europe.

Puis, les troubles de l’EDF masculine du Mondial 2010 de l’Afrique du Sud ; à l’inverse, le Mondial féminin 2011 en Allemagne avec un jeu de qualité de l’ensemble des participants qui avait été télévisé ; le succès et la qualité du jeu français sous Bruno Bini avec une quatrième place et des matches incroyables face à l’Angleterre et les Etats-Unis ; la continuité de la performance féminine lors des Jeux Olympiques de 2012 ; la qualité du jeu de cette période ; la présence des clubs français au plus haut niveau européen conjuguée à une volonté fédérale de développer l’axe féminin ont donné une obligation incroyable à l’équipe de France féminine, si jeune en performance  : un titre.

Les clubs français au niveau des clubs allemands ont imposé à l’équipe de France, l’objectif du sommet.

L’équipe de France n’est arrivée que deux fois 4ème dans une compétition internationale. Sinon, les fois précédentes, soit elles ne sortaient pas des phases de qualifications, soit elles ne sortaient pas des poules. Pourtant, l’attente est au niveau d’une médaille, d’un titre.

C’est l’aventure européenne de l’Olympique Lyonnais en 2011 et 2012 (WCL), s’imposant face à deux clubs féminins historiques allemands : Potsdam en 2011 qui avait gagné la Ligue des Champions face à l’Ol en 2010 aux tirs au but ; le FFC Frankfurt, triple vainqueur européen de la compétition en 2012 qui a donné cette ambition.

Sauf que l’on a oublié qu’il existe peu de clubs concurrentiels dans chaque championnat pour rendre la Women’s Champions League concurrentiel autrement qu’en demi-finale alors que les équipes nationales sont elles beaucoup plus fortes. Sauf que l’on a oublié que le football féminin de l’élite est avant tout celui des équipes nationales avant d’être celui des clubs, à l’inverse de ce qui se passe en football masculin.

Alors que pour les clubs, la France fait fort. D’abord avec l’OL (cinq finales européennes (2010, 2011, 2012, 2013, 2016) dont trois gagnées en 2011, 2012 et 2013 puis le Paris Saint Germain et la réussite du projet féminin les amenant en finale de la Women’s Champions League en 2015 ont donné au mot “France” une qualité supérieure, proche de l’élite européenne. Tout cela a donné des obligations à l’équipe nationale, plus importante que celles du jeu. Sans oublier l’apport du Fcf Juvisy-Essonne dans cette phase de construction de l’équipe nationale (2010-2015) avec une demi-finale européenne en 2011 et l’arrivée des jeunes de  Montpellier dans l’équipe nationale en 2016.

Voyez le bilan. A date de 2016, en sept éditions, les clubs français ont fait six finales européenne pour en gagner trois. Philippe Bergerôo a été intronisé en 2013, et pourtant les titres ou les médailles ne sont toujours pas au RDV.

L’équipe nationale cherche toujours sa place.

D’abord, car notre esprit “cocorico” nous impose d’imposer le titre pour chaque compétition que les Bleues de France jouent. Avec une telle réussite en clubs, difficile d’envisager autre chose.

Sauf que les équipes nationales de l’élite sont plus homogènes que les clubs, regroupant soit des joueuses qui jouent dans le même club comme pour la France, avec deux clubs qui forment la sélection des JO (PSG et OL), soit des joueuses qui jouent toutes à l’étranger (Suède, Brésil) et rapportent à leur équipe nationale, tous les effets de l’apprentissage d’une meilleure compétition à l’étranger.

Sauf que l’equipe nationale ne s’arrête pas aux frontières de l’Europe. Elle rencontre l’Asie et l’Amérique, zones historiques et leadeurs du football feminin.

On n’entre pas facilement dans le cercle des pays médaillés du football féminin.

Cette situation associée à l’importance de l’Histoire dans la performance féminine, donnant à celle qui a été devant, le bénéfice d’une force supplémentaire qui souvent s’impose dans les compétitions internationales où il est assez rare qu’une équipe moins bien classée en rang FIFA l’emporte sur une équipe mieux classée, bien qu’elles s’opposent sans douter pendant 90′. Mais le résultat est ainsi.

C’est pourquoi il a été très difficile pour la France d’obtenir un titre où une médaille face à l’Allemagne et ses 8 titres européens, 2 titres de Championnes du Monde, 3 médailles de bronze, finaliste et vainqueur du dernier Euro (2013), ou face à la Norvège, médaille d’Argent Olympique en 1996 et d’OR en 2000, championne du monde 1995, comme face à la Suède, finaliste du Championnat du Monde 2003, ou face au Brésil, finalistes olympiques en 2004 et 2008, finaliste mondial en 2007, etc …

Le Japon, nouveau pays entrant dans ce Monde des titres et des médailles, a été auparavant demi-finaliste Olympique en 2008 avant de devenir vice-champion Olympique en 2012, champion du Monde 2011 et vice-champion du Monde 2015 prenant la place de la Chine, finaliste Olympique en 1996 et 1999, avant d’être éliminé lors du Tournoi qualificatif aux JO de Rio.

On n’entre donc pas facilement dans le cercle des pays médaillés du football féminin. Pourquoi l’impose-t-on à la France ? Car nous sommes depuis un certain temps dans le Top 5 mondial, maintenant 3è mondial depuis deux saisons et qu’en match amical, nous avons gagné toutes les équipes de la planète. Logiquement et sans discussion compte tenu de notre jeu.

La France s’est donc mise dans la tête qu’elle mérite une médaille. Et depuis, elle la cherche.

Avec, au loin, l’obligation qui ne devrait pas en être une : l’organisation de la Coupe du Monde 2019 en France. Normalement pour accueillir, la France pour la gagner.

La chance française : tous les esprits ont surconsommés du football avec l’Euro masculin. 

En pleine messe médiatique du sport de haut niveau que seront les Jeux Olympiques, le football féminin français, qui a toutes les possibilités de gagner n’importe quelle équipe et de le faire tout au long d’un Tournoi, va jouer sa seconde carte Olympique après 2012 dans un anonymat de circonstances, qui ressemble assez à ce que les féminines connaissaient en 2010.

Les médias ont été sevrés du mot “football” et la messe du ballon rond Olympique (3 Aôut-20 Août) va se jouer pendant le début de la reprise du championnat de Ligue 1 et 2, en plein coeur de l’été, vers 3 heures du matin, heure française. Ce sera difficile de les suivre.

Idéal pour les françaises dont on n’apercevra la performance qu’à compter de la demi-finale, noyé entre l’Obélisque Olympique qui ne s’occupe que de ce qui est important, “L’Or” quand il est à gagner ; voire de la médaille “Argent ou Bronze” quand elle est acquise. Ce sera un défilé de résultats Olympiques mediatiques qui ne se conjugueront qu’avec ces 3 temps : Or, Argent, Bronze. C’est à dire au résultat. Eloignant la pression de l’attente.

Dans le groupe G, vraisemblablement il n’y aura que deux places qualificatives sur quatre (USA, France, Nouvelle-Zélande, Colombie). 

Le groupe G de la France est assez homogène. La règle veut que seuls deux équipes sur quatre passeront en quart. Les équipes sont assez proches avec les USA, 1ère nation ; la France, 3è ; la Colombie, 24è et la Nouvelle-Zélande 17è.

La difficulté du groupe se trouve dans la règle des deux meilleurs troisièmes qui seront qualifiés, -souvent en raison du nombre de buts qu’ils marqueront- et qu’on risque de ne pas trouver dans ce groupe compte tenu de son homogénéité en comparaison de celui du groupe E avec l’Afrique du Sud, 53è et de celui F avec le Zimbabwe, 93è, permettant, théoriquement, à un 3ème de leur marquer beaucoup de buts en raison de leur éloignement au classement FIFA. Les matches de ce groupe seront donc sérrés.

Le choix de Philippe Bergerôo : constituer une équipe de clubs. 

Si chaque équipe peuvent se battre et donc on peut voir la France à la 3ème ou 4ème place ; comme il est tout à fait possible que les françaises battent les USA, et se placent première ; il n’en reste pas moins que les deux favoris sont les Etats-Unis (quatre médailles d’Or et une d’Argent sur cinq Olympiades) et la France, 3è mondial avec dans son sein, l’effectif du Paris Saint Germain et de l’Olympique Lyonnais, constituant à eux deux, une force européenne.

L’Ol et le PSG

En effet, la liste déposée et agrée par le CNSOF montre une évidence : 15 joueuses sur dix huit proviennent de l’Olympique Lyonnais et du Paris Saint Germain (83%) et si on intègre Elise Bussaglia (ex PSG et OL en 2014-2015) et Amandine Henry (ex OL en 2015-2016 qui vient juste de signer à Portland), il ne reste que Kadidiatou Diani pour venir d’un autre club : Juvisy-Essonne, soit 95% de la sélection.

La France sera la seule équipe dans cette configuration, avec 3 clubs au maximum dont 2 quasi- exclusifs.

Dans le tournoi Olympique, la finale va vite arriver par rapport au Mondial puisqu’il faut six matches pour l’atteindre. C’est somme toute un avantage d’avoir une équipe qui se connait. A l’inverse, les JO de Rio regroupe les 2/3 des 12 meilleures équipes mondiales, classées au rang FIFA. Il est tres relevé. C’est somme toute, un inconvénient de ne pas avoir de diversités de talents et de jeu.

Philippe Bergerôo a fait un choix en constituant quasiment une équipe de club face à des équipes nationales. Cela donne une très bonne chance à la France quand on connait le palmarès de l’Olympique Lyonnais et du Paris Saint Germain. Cela laisse de côté des joueuses (Gaetane Thiney, Marie-Charlotte Léger, Charlotte Bilbault, etc.. ) qui ont montré toutes leurs qualités. Voire un autre système de jeu. C’est le risque et le défaut potentiel d’une telle décision.

C’est la carte jouée par le sélectionneur Philippe Bergerôo pour sa 2ème compétition internationale après son quart de finale au Mondial 2015. L’objectif étant toujours le même, voir plus élevé : une médaille ou l’Or. Avec des resultats 2015-2016 face à des petites équipes qui posent l’interrogation, remportees sur des scores serrés et avec un contenu bien moins attractif associé à des defaites face aux leadeurs, ce qui dans une compétition, entraînent l’élimination.

L’équipe de France peut tout gagner. Elle peut aussi tout perdre. Le jeu ne se joue que sur 90 ‘. C’est la nouvelle problématique du football féminin pour toutes les équipes. Les résultats se resserrent.

William Commegrain lesfeminines.fr

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  • 3ème FIFA
  • 2016 : 4V – 1N – 2D
  • 4è JO 2012, 4è CM 2011, Quart de finale Euro 2013, Quart de finale CM 2015
  • JO RIO 2016

Matches JO

  • . 3 Août Belo Horizonte France – Colombie
  • . 6 Août Belo Horizonte USA – France
  • . 9 Août Salvador Nouvelle-Zélande – France

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La sélection française : un choix vers les deux clubs européens professionnels : OL et le PSG. 

  • Gardiennes  de but :
  • Sarah Bouhaddi (Olympique Lyonnais, 105 sel),
  • Méline Gérard (Olympique Lyonnais, 7 sel)
  • Défenseurs :
  • Sabrina Delannoy (Paris SG, 36 sel, 2 buts),
  • Jessica Houara d’Hommeaux (Olympique Lyonnais, 47 sel, 3 buts),
  • Laura Georges (Paris SG, 169 sel., 6 buts),
  • Amel Majri (Olympique Lyonnais, 21 sel., 3 buts),
  • Griedge Mbock Bathy (Olympique Lyonnais, 21 sel, 0 but),
  • Wendie Renard (Olympique Lyonnais, 76 sel., 17 buts)
  • Milieux de terrain :
  • Camille Abily (Olympique Lyonnais, 164 sel., 31 buts),
  • Élise Bussaglia (VFL Wolfsburg, 156 sel, 28 buts),
  • Kheira Hamraoui (Olympique Lyonnais, 28 sel., 1 but),
  • Amandine Henry (Portland Thorns FC, 49 sel., 6 buts),
  • Claire Lavogez (Olympique Lyonnais, 18 sel., 0 but),
  • Louisa Necib (Olympique Lyonnais, 139 sel., 34 buts),
  • Élodie Thomis (Olympique Lyonnais, 129 sel, 32 buts)
  • Attaquantes :
  • Marie-Laure Delie (Paris SG, 102 sel., 62 buts),
  • Eugénie Le Sommer (Olympique Lyonnais, 122 sel., 53 buts)
  • Kadidiatou Diani (FCF Juvisy, 12 sel., 1 but)
  • Les réservistes
  • Kenza Dali (Olympique Lyonnais, 16 sel. 2 buts),
  • Sakina Karchaoui (Montpellier HSC, 2 sel., 0 but),
  • Clarisse  Le Bihan (Montpellier HSC, 7 sel., 3 buts),
  • Laëtitia Philippe (Montpellier HSC, 4 sél.)
  • Les matches de 2016 : 4V – 1N – 2D

  • 26/01/16 Amical Norvège (0-1) France
  • 03/03/16 SheBelieves Allemagne (1-0) France
  • 06/03/16 SheBelieves USA (1-0) France
  • 09/03/16 SheBelieves Angleterre (0-0) France
  • 08/04/16 EuroQ Roumanie (0-1) France
  • 11/04/16 EuroQ France (4-0) Ukraine
  • 03/06/16 EuroQ France (1-0) Grèce
  • 16/07/16 Amical France – Chine
  • 23/07/16 Amical France – Canada
  • Derniers matches face aux adversaires

  • 06/03/2016 SheBelieves USA – France (1-0)
  • 13/06/2015 CM France (0-2) Colombie
  • 22/11/2014 Amical France (2-1) Nouvelle Zélande.