La finale européenne de football féminin version 2016 qui va opposer l’Olympique Lyonnais de Jean-Michel Aulas au Vfl Wolfsburg de l’entreprise Volkswagen représente LE sommet européen de ces six dernières années.

De 2010 à 2013, l’Olympique Lyonnais est le Roi de l’Europe. 

Lyon, capitale de la Gaule (France ancienne) a descendu le mot football sur les rives du Rhône, en tirant de toutes ses forces pour que le point d’équilibre du football féminin se réalise au Nouveau Parc OL qui recevra l’ouverture de la Coupe du Monde 2019 et sa future finale, avec au palmarès lyonnais, une finale européenne en 2010, deux titres en 2011 et 2012, puis une autre finale européenne en 2013.

Avec 75 % des joueuses de l’équipe de France qui évoluait en son sein (2010-2013), posée à une cinquième place FIFA et deux fois quatrième au Mondial de 2011 et aux JO de Londres en 2012 ; Lyon en 2013 est la face Nord de l’Europe. Voisine du Mont Blanc. La face la plus difficile à conquérir.

De 2013 à 2015, Wolfsburg vient en Prince réclamer et tenir la couronne. 

Le Vfl Wolfsburg a crée la surprise de football européen en 2013, car tels des touristes avides de Haute Montagne, le club allemand a réussi l’exploit, après avoir conquit pour la première fois le championnat allemand (2012), de le renouveler en prenant le titre européen dès sa première participation, à l’Olympique Lyonnais, lors d’une finale à Standford Bridge gagnée face aux fenottes sur le score le plus réduit (1-0) grâce à un pénalty en seconde mi-temps (73′), de la meilleure marqueuse de la compétition à cette époque, Martina Müller.

La haute altitude a semblé plaire aux joueuses du Vfl Wolfsburg puisqu’elles ont renouvelé l’exploit en 2014, en conservant leur couronne européenne face à Tyresö (Suè) bien que menées au score (0-2) pour finir par un score à leur avantage (4-3), sous l’impulsion de leur meneuse de jeu, au mental d’acier, Nadine Kessler, future meilleure joueuse UEFA et FIFA en 2014 et d’une dernier but vainqueur de .. Martina Müller (80′), pour le dernier match de sa carrière.

Les deux clubs ont le même mental et la même importance dans le football de leur pays respectif puisqu’ils ont su faire le triplé : Championnat, Coupe nationale et Coupe d’Europe, en 2012 pour l’Olympique Lyonnais et en 2013 pour le Vfl Wolfsburg ; donnant à leur section féminine, la lumière de la crédibilité et de la performance, à un niveau identique de leurs couleurs masculines respectives.

Ces deux clubs représentent les deux faces les plus hautes de l’Europe. Il n’y a qu’un seul sommet. C’est l’enjeu qui leur est signifié. Seul l’un d’entre eux atteindra le sommet.

La saison 2015-2016 sera plus celle de la consécration que du renouveau. 

Eliminés tous deux par le Paris Saint Germain de Farid Benstiti en 2014-2015 ; on verra pourtant dans le vainqueur de la finale qui se jouera en Italie, au Stadio Città del Tricolore, dans la ville de Reggio d’Emilie, chef lieu de la province du même nom, située entre Bologne et Parme, la consécration de la MEILLEURE EQUIPE EUROPEENNE.

Si c’est l’Olympique Lyonnais qui prend le meilleur, alors on aura affaire à un club triple champion (2011-2012 et 2016) et deux fois finalistes (2010 et 2013) avec son coach Gérard Prêcheur, postulant au titre de meilleur coach FIFA de l’année 2016. Si c’est le Vfl Wolfsburg, alors la triple couronne ira du côté de la Basse-Saxe en Allemagne et de son coach, Ralf Kellermann, seul coach de club à avoir reçu la récente nomination de meilleur coach FIFA de football féminin en 2014, après avoir terminé second en 2013, qui pourra savourer une nouvelle consécration.

Les équipes en présence et le staff. 

Dans cette finale, chaque détail comptera. C’est une évidence et en football féminin, une rareté.

Si ce sport laisse souvent médusé les supporters de football au regard des scores engendrés, à l’image de la finale de l’an dernier où la victoire de Frankfurt s’est faite à la 92′ face au Paris Saint Germain (2-1), tout se jouera sur un détail.

La tactique sera la carte maitresse mais il faudra un jeu complet pour remporter la mise européenne.

D’abord, la maitrise du contexte et de l’environnement du match avec pour l’Olympique Lyonnais, le dernier match de compétition de ses stars que sont Amandine Henry (Ballon d’argent à la Coupe du Monde 2015) qui part aux USA ; Lotta Schelin (meilleure buteuse de l’histoire de l’Ol et de l’équipe nationale de Suède) qui devrait retourner en Suède ; Louisa Necib, (la française la plus souvent nommée dans les meilleures joueuses FIFA et dont les buts sont aussi souvent sélectionnées dans les plus beaux buts FIFA) qui est dans l’attente d’annoncer sa décision pour sa future route. Ne voudront-elles pas faire la différence ? C’est la question qui préoccupe le coach français, soucieux d’avoir ses talents qui s’expriment par et dans le collectif.

Quand pour le Vfl Wolfsburg, il s’agit de voir quel va être l’impact des deux ex-lyonnaises de la saison dernière, Elise Bussaglia (3 saisons à l’OL) et Lara Dickenmann (6 saisons, 77 buts), parties s’essayer dans le championnat européen le plus difficile et ayant réussi à gagner leur place de titulaires dans cette équipe exceptionnelle, dont la connaissance des talents visibles et invisibles des joueuses de l’Olympique Lyonnais est unique. Elles sauront immediatement dans quel etat d esprit sera l ‘Ol dans le match.

L’Olympique Lyonnais viendra avec 19 joueuses dont trois gardiennes, Bouhaddi, Gerard, Perrault ; la defense habituelle avec Renard, Mbock, Kumagai, Petit, Majri ; le triplé de l’équipe de France au milieu composé d’Henry, Necib, Abily et la jeune Perisset en soutien et un choix incroyable en attaques : Schelin, Hegerberg, Le Sommer, Thomis, Bremer, Tarrieu, D. Cascarino

Le Vfl Wolfsburg viendra avec des joueuses d’expérience incroyables comme Nilla Fischer (Suè) qui prendra en charge Lotta Schelin (Suè) si elle commence le match ; la suissesse Ramona Bachmann qui avait explosé à la Coupe du Monde 2015 en portant la Suisse pour sa première qualification internationale, et l’attaquante Alexandra Popp qui a tout d’un Horst Hrubesch des années 1980. La gardienne Almuth Schult est considérée par Ralf Kellermann comme la pierre angulaire de la remontée de Wolfsburg pour atteindre ses objectifs (vainqueur de la Coupe d’Allemagne).

La finale se fera entre le talent des françaises et la culture de la gagne de l’Allemagne.

Deux équipes qui se sont bien entraînées pour ce match, qui se déclarent prêtes avec une seule envie : gagner cette finale. N’importe comment mais avec une seule finalité : la gagner. On est quand même assez proche d’une finale olympique ou mondiale en terme de potentiels, de niveaux et d’inconnues.

La finale américaine de la Coupe du monde 2015 avait montré une voie. Celle des Jeux Olympiques de 2012, une autre. La finale de l’Euro gagnée par l’Allemagne en 2013 comme la Coupe du Monde 2011, ont aussi une autre histoire. Comme le disait Louisa Necib : « une finale n’est jamais la même, comme un match ». Cela ne sert à rien de regarder le passé. Il faudra juste être présent et meilleur sur le moment face à son adversaire. Ce sera un match d’artistes. Un détail.

L’UEFA annonce 174 supports de presse différents, une diffusion sur Eurosport pour l’Europe et France 2, un stade d’un peu plus de 21.000 places qui devraient être « sold out » pour des places oscillant de 5 à 10 € et surtout un spectacle qui sera un SPECTACLE DE CHAMPIONNES.

Demain, Jeudi 26 Mais 2016, sur France 2 et Eurosport, à 18 heures, il y aura une championne d’Europe, pas loin du titre de championne du monde.

Un vrai Fight et on peut comprendre toutes les joueuses qui souhaitent pourvoir jouer sous les couleurs des deux clubs.

William Commegrain lesfeminines.fr