La France, qualifiée pour l’euro 2017, a fait un match plein qui a enjoué les 15.000 spectateurs du Heinaut à Valenciennes, mettant à l’agonie les ukrainiennes (4-0), dans l’impossibilité, en première mi-temps, de construire un semblant de jeu, tellement, l’ensemble des joueuses françaises fondaient sur la moindre ukrainienne dès qu’elle touchait le ballon.

Aussitôt récupérée, le ballon repartait dans le sens du but ukrainien avec une volonté pour la joueuse porteuse, de faire jouer sa puissance pour dans le même temps, trouver immédiatement une partenaire et faire vivre ce ballon le plus vite possible.

C’était impressionnant à voir et les 45 premières minutes ont été un feu d’artifice de volonté et de rapidité dans le jeu français. Il y avait longtemps que l’on n’avait pas vu la récupération et les joueuses offensives jouer avec une telle harmonie et une telle vitesse.

Kheira Hamraoui a été le fer de lance de l’équipe de France avec des transversales qui ont trouvé les excentrées souvent démarquées et Amel Majri comme Kenza Dali ont énormément apporté sur les côtés, mettant perpétuellement le danger dans les 30 mètres adverses.

Eugénie Le Sommer, replacée au centre, se fait plaisir et à deux fois, la lyonnaise sera à deux doigts de marquer avec des initiatives en première intention qui seront de qualités et pleines d’enthousiasmes (transversale 4′ et pichenette, 29′). Elise Bussaglia sera à l’origine des deux premiers buts français avec un corner qui ira chercher Amel Majri pour un centre sur la tête de Kheira Hamraoui qui marque son premier but en bleue (1-0, Hamraoui 8′) et une récupération haute qui permettra à Amel Majri de trouver Eugénie Le Sommer aux abords de la surface pour servir Camille Abily qui, s’infiltrera pour d’un tir croisé, marquer le second but français (26′)

Auparavant, on aura vu une série d’une-deux avec Camille Abily que Kenza Dali terminera par un tir trop écrasé quand Kheira Hamraoui s’essayera sur une feuille morte surprenante qui touchera la transversale, à la surprise générale.

Derrière, la défense est réellement impériale et les interventions de Sakina Karchaoui, Sabrina Delannoy, Griedge MBock et Jessica Houara D’hommeaux sont d’une part, impeccables sur le plan défensif mais pleines d’allant sur le plan offensif. Les passes vont vites, puissantes, précises et déterminantes.

Toute l’équipe va vite et bien. Ces quarante cinq premières minutes sont de qualité. Enthousiasmantes.

La seconde mi-temps sera moins prégnante de la part des françaises et on verra des brides de temps forts pour les ukrainiennes qui ne bénéficieront que de rares opportunités, trop éloignées d’une chance de scorer pour que l’on puisse parler d’occasions, à l’exception d’une perte de balle dans la surface qui sera l occasion du seul tir cadre de l Ukraine.

On aura l’occasion de voir une pichenette de Camille Abily, premier poteau qui aurait pu finir pleine lucarne et une superbe tentative de bicyclette d’Amel Majri qui semblait partir cadré. Il n’empêche que le jeu est bien là, et c’est encore sur une tentative surprenante de la jeune latérale lyonnaise, servie par “sa soeur montpelliéraine”, Sakina Karchaoui,  qui laissera passer la balle pour la récupérer “grand pont”, dans la surface et trouver le pied d’une ukrainienne qui mettra le troisième but francais. (Csc 3-0, 59′).

C’est encore sur des velléités françaises qu’Amel Majri, 1m 64, de la tete, aggravera le score, sur un centre contré de Kadidiatou Diani (4-0). Nous en sommes à la 89′ et l’équipe de France continue à marquer son adversaire pour le faire encore plus craquer.

L’envie française a fait exploser l’Ukraine. Les féminines sont les premières qualifiées pour l’Euro 2017 avec les Pays-Bas, pays organisateur. Avec ce match, elles ont offert un superbe spectacle aux ch’tis du Nord et à la France télévisée. Sauf, pendant un certain temps. Pas loin de dix minutes sans image. Plutôt rare en 2016.

On a eu un seul regret. C’est que la France continue avec la même qualité de jeu et que nous soyons privé du jeu qu’elles étaient en train de déployer et des buts qu’on pouvait imaginer. Cette inquiétude, c’est plutôt bon signe. Elle marque et mesure l’intérêt trouvé au match. Effectivement, C’est plutôt bon signe.

William Commegrain lesfeminines.fr

France : Bouhaddi ; Houara, Mbock, Delannoy (cap.), Karchaoui ; Bussaglia, Hamraoui ; Abily ; Dali, Le Sommer, Majri