La question vaut d’être posée. Ne voyez dans les mots qui vont suivre aucun parti pris tant du côté de Philippe Bergerôo que de la joueuse internationale Gaetane Thiney, 127 sélections et dont la dernière convocation remonte aux doubles matches face au Brésil et la Roumanie de Septembre 2015. Pour le premier, elle était sur le banc. Pour le second, elle était dans les tribunes.

Depuis, cinq matches se sont déroulés (4V, 1D) et la juvisienne n’a plus été appelée en équipe de France pour un manquement aux règles de vie collective et une insuffisance de performances sportives (L’équipe du 14 Octobre 2015, Claire Gaillard) d’après Philippe Bergerôo.

Si l’absence avait fait grand bruit pour cette période ; aujourd’hui le silence semble de mise.

Je trouve cela injuste et anormal. Comme si une chape de plomb devait se poser sur l’équipe de France féminine, amenant chacun à regarder une situation, mais à bien se garder de “porter la réalité” des mots, dans un monde où le pouvoir aseptise les vérités ou les grandit.

Gaetane Thiney semble bannie de l’équipe de France. 

Si le doute d’une mise à l’écart définitif pouvait être retenue, soit sur les bases d’une “balle qui aurait dû entrer face à l’Allemagne” pour certains sans “qu’il y ait mort d’hommes”, soit sur les bases “d’un essai de nouvelles jeunes joueuses” pour d’autres, ou enfin “sur un manque de performances sportives” de l’ex vice-capitaine de l’équipe de France pour les observateurs adeptes d’une réflexion pragmatique comme pour d’autres raisons quant aux amateurs de rumeurs ; la décision prise de laisser un groupe à 22 face à la 10è nation mondiale (la Norvège) entérine le titre quand déjà, la sélection initiale ne lui laissait aucune place.

Les absences passées de certaines joueuses non remplacées par l’internationale française, les deux blessures d’Eugénie Le Sommer (attaquante, OL, 26 ans, 116 sélections, 52 buts) comme de Sandie Toletti (Milieu, 20 ans, 4 sélections, 0 buts) suivies du seul rappel de Viviane Asseyi, pourtant jeune joueuse non-titulaire le dimanche précédent (entrée à la 78′) dans un face à face essentiel pour les deux clubs (Montpellier – PSG) démontre que l’ex vice-capitaine de l’équipe de France n’est plus dans l’équipe de France.

Philippe Bergerôo ne veut pas tendre la main comme il l’a tendu pour Marie Laure Delie pendant la période difficile de la saison dernière (2015) comme il la tend jusqu’à maintenant où la parisienne, meilleure buteuse en exercice de l’équipe de France avec 63 buts pour 96 sélections, non titulaire au Paris Saint Germain depuis un certain temps, fait toujours partie des rassemblements de l’EDF.

L’attaque française est faite de très jeunes joueuses. En appelant en plus, Viviane Asseyi (10 rencontres de D1, 2 buts, 11 sélections, 0 but), sans appeler une seconde joueuse offensive, laissant le groupe à 22 joueuses plutôt que de choisir d’appeler l’essonnienne ; il démontre que le choix est définitif.

Il ne s’agit pas de contester les choix d’appels fait par le sélectionneur. Ce sont autant de chances pour ces joueuses et cela ne sert à rien, c’est le sélectionneur qui fait ses choix. Il s’agit juste de mettre des mots sur des faits.

Gaetane Thiney, 30 ans, 14 titularisations et 8 buts en 2015 ; meilleure joueuse et meilleure buteuse 2014 du championnat ; 8 ans continus de sélections nationales, 127 sélections en équipe de France, 55 buts, semble bannie de l’équipe nationale.

C’est une vérité. Cela fait juste peur.

Espérons que cela n’entraîne pas de dégâts humains comme sportifs. Le bannissement, c’est la forme la plus dure de la justice humaine car elle trouve son amertume dans un sentiment fort, qui marque longtemps la personne bannie : l’injustice ou elle donne encore plus de poids à une responsabilité si telle a été le cas. Enfin, elle a une forte connotation d’autorité et de pouvoir, car on est banni par une institution.

Seulement, là, on est simplement dans du football. Le football masculin a été rempli de joueurs bannis de la sélection : Ginola, Cantona, Anelka, etc.. Le football féminin, moins. On prend souvent comme référence la situation passée d’Amandine Henry, sauf que la jeune femme n’avait pas le même passé en équipe de France.

Saura-t-on jamais les véritables raisons et surtout pourquoi ne méritent-elles pas une absolution que le temps donne souvent aux choses et aux gens.

Le football ne vaut pas plus que cela. Je n’ai qu’une seule conclusion :”surtout pas de dégâts”. L’actualité nous le montre à chaque fois. Le monde souhaite du partage.

William Commegrain lesfeminines.fr