Le jeu enlevé à la française devenu le jeu placé à la française : un ennui. 
Auparavant, l’équipe de France avait un jeu enlevé qui a permis de créer une image dynamique au football féminin, mettant de côté les imperfections techniques ou tactiques. Aujourd’hui, le jeu des françaises a totalement changé. Il est placée, avec des mouvements construits de A à Z, partant plus du côté gauche et jouant sur la répétition. Un peu à la manière d’un Mohamed Ali, tournant, tournant, pour ensuite, en trois coups, gagner.

L’équipe de France s’est lancée dans une première mi-temps qui a demandé de la constance dans la stratégie mise en place, en pariant sur les erreurs ukrainiennes, écartée à chaque fois sur les côtés, soit par Amel Majri, très sollicitée sur le côté gauche ou Viviane Asseyi, moins en vue du côté droit.

Cette tactique sera payante en seconde mi-temps avec des buts, plein centre de la France, qui compenseront la difficulté française à créer des problèmes à la défense ukrainienne et les occasions viendront d’actions individuelles, comme celle de Marie Laure Delie qui trouvera la transversale à la 27′, ou Eugénie Le Sommer, bien servie par Elise Bussaglia qui enchaînera, contrôle poitrine et tir que la gardienne ukrainienne sortira en corner (14′).
De leurs côtés, les ukrainiennes parient sur le contre mais les attaquantes n’auront pas la capacité à porter le ballon devant les buts de Méline Gérard et ne trouveront aucun appui ou soutien offensif des milieux, trop concentrées à rester dans leur partie de terrain, avec un (0-0) prometteur pour eux. Impossible pour Kozyrenko, Boychenko, de passer Laura Georges comme Wendie Renard.
N’ayant ni de surprises d’un côté, ni de surprises de l’autre, la première mi-temps sera soporifique et ce sont des actions individuelles qui donneront un peu d’éclat à ces 45′, avec notamment le but de Marie-Laure Delie, qu’elle obtiendra, seule, comme une avant-centre, dans la surface avec un dribble pour s’ouvrir le pied gauche et le placer côté opposé. Imparable. (43′, Marie Laure Delie 0-1).
La seconde mi-temps donnera le résultat attendu : les ukrainiennes craquent.
La tactique mise en place donnera ses fruits, et après une énième tentative sur le côté gauche, enfin, l’action donnera bien l’erreur attendue, puisque la défense centrale ratera le ballon centrée par Aurélie Kaci qui tombera sur Elise Bussaglia, en embuscade, pour qu’elle place un superbe tir qui finira au fond des filets (0-2, 58′, Elise Bussaglia).
Juste avant, Eugénie Le Sommer, malheureuse sur ses actions de tirs qui sont pourtant cadrées et puissantes, verra encore les mains de Samson, capter le ballon à la 54′ et c’est Amel Majri qui finira la note française avec un but de son pied contraire. Placée au centre, elle ramène la balle sur son droit et fait une frappe enroulée qui va tourner sur les réseaux sociaux. (68′, Amel Majri, 0-3).
Un 4ème but aurait pu faire le bonheur de la tactique de Philippe Bergerôo avec une superbe initiative du gauche de Marie Laure Delie qui ira trouver la transversale (89′).
Bilan : une seule question. 
On aura beaucoup de sollicitations d’Amel Majri et donc, ses maladresses ont été plus visibles que d’autres alors qu’elle a mis un superbe but au centre et on se demande ce que ferait un tel “Maradona” dans un poste au milieu de terrain. Une Viviane Asseyi moins en vue. Un milieu de terrain qui a manqué de créativité pour déstabiliser la défense adverses mais a assuré une sécurité dans les transmissions. Une Marie Laure Delie qui a joué comme une attaquante. Cherchant la solution individuelle et le risque avec une grande réussite et beaucoup de talents. Une Eugénie Le sommer, concentrée à cadrer ce qu’elle a superbement réussi mais peut-être avec des frappes trop nettes et rectilignes. Une Laura Georges qui n’a jamais permis aux ukrainiennes de croire en leurs chances et une Wendie Renard qui s’améliore de plus en plus dans ses volontés de monter d’un cran.
Le tout a donné un jeu lent et des difficultés dans les transmissions, en jouant beaucoup latéralement et sur les côtés.
Si la tactique est payante, l’ennui est quand même au rendez-vous avec ce type de jeu car il montre à tous et à toutes, la lenteur du football féminin ce qui permet aux défenseurs de se replacer. A l’inverse, il assure des résultats car les équipes craquent et on ne sait jamais si étant acquits face à plus faibles (23è FIFA), ils le seraient face à plus forts.
C’est la seule question à se poser. Ce type de jeu va-t-il permettre de donner une stabilité dans les temps faibles de la France face aux grosses nations que sont l’Allemagne, les USA et le Japon. Et les joueuses pourront-elles pratiquer un jeu en profondeur et un placé dans le même match face à de telles nations ?
La France est quasiment qualifiée pour l’Euro 2017
La France prend les trois points de la victoire et par la-même, celle du groupe 3. Le chemin de l’Euro est très favorablement ouvert, voire même acquit, car on voit mal les bleues perdre face à l’Ukraine sur un score supérieur à 3-0 voire l’Albanie, la Grèce et la Roumanie.
Reste la question qui est une bonne question. Espérons qu’il y ait une réponse favorable dans les deux compétitions à venir (2016 et 2017) car il est évident que le style de la France est un style pensé et réfléchi. Il a donc un objectif.
Sinon, le football féminin risque bien de descendre de l’univers médiatique dans lequel on l’a placé. Il est vrai que l’audience ne fait pas partie d’un des objectifs demandés à Philippe Bergerôo.
William Commegrain lesfeminines.fr
PS : à noter la blessure de Wendie Renard, une des premières de la capitaine française. Espérons qu’elle ne soit pas grave.
UEFA – EURO 2017 – Groupe 3 – Ukraine (0-3) France – Pelouse excellente – temps 1° – Lviv UKR. 500 spectateurs. Arbitres : Esther Staubli (SUI).  Susann Küng (SUI). Emilie Aubry (SUI). Jaune (20 Kozyrenko)
But :  43′ Marie Laure Delie, 58′ Elise Bussaglia, 68′ Majri.
Ukraine : 23 Samson(GA) – 2 Basanska 4 Filenko 18 Vasylyuk 22 Kravets  – 3 Chorna  – 8 Boychenko 17

Apanaschenko(C) 6 Pekur (57′, 15 Andrushchak) 11 Romanenko   20 Kozyrenko (65′, 19 Ieromenko). Ent. : Volodymyr Reva (UKR). Banc : 1 Zvarich(GA) 14 Khavanska Kalinina 10 Kochnyeva 16 Ovdiychuk

France : 21-Méline Gérard ; 19-Griedge Mbock Bathy Nka, 4-Laura Georges, 2-Wendie Renard (cap) (5-Sabrina Delannoy), 22-Amel Majri ; 3-Viviane Asseyi, 10-Camille Abily, (23-Kheira Hamraoui) 15-Elise Bussaglia, 7-Aurélie Kaci ; 9-Eugénie Le Sommer, (17-Clarisse Le Bihan) 18-Marie-Laure Delie. Entr.: Philippe Bergerôo
Banc : 1-Laëtitia Philippe, , 6-Charlotte Bilbault, 11-Marie-Charlotte Léger, 13-Kadidiatou Diani, ,