Le Parisien publie une information dans ces colonnes indiquant que Laure Boulleau et Shirley Cruz seraient approchées par l’Olympique Lyonnais avec une proposition d’un doublement de salaires.

Lesfeminines.fr : Je viens vers toi après l’information parue sur le Parisien qui dit que Shirley Cruz et Laure Boulleau auraient d’excellentes propositions de l’Olympique Lyonnais, notamment de doubler leurs salaires. (les deux joueuses sont en fin de contrat et en discussion pour renouveler). Es-tu au courant ?

Farid Benstiti parait surpris au téléphone. 

je ne suis pas au courant de l’information du Parisien.
Farid Benstiti : Non, je ne le suis pas. Après un moment de réflexion : “On ne rentrera pas dans la folie de ce que prétends l’Olympique Lyonnais si c’était le cas.”

Il y a une recherche d’inflation par des tiers ou des agents qu’en penses-tu ?

Je connais bien Jean-Michel Aulas, la façon dont il pratique. Nous, il n’y aura pas d’inflation. C’est pas compliqué. Nos joueuses resteront car on leur proposera quelque chose de relatif qui correspond à ce que représente le football féminin.

Avec un projet sportif et de carrière certainement ?

On a des joueuses, Shirley Cruz et laure Boulleau qui sont des joueuses avec qui j’ai un attachement particulier et véritable car ce sont des joueuses à qui j’ai énormément donné de confiance. Ce sont des joueuses intelligentes et ce sont des joueuses clubs. Je ne pense pas qu’elles soient mal loties chez nous, bien au contraire. Elles font partie des joueuses les mieux loties. Le projet du Paris Saint Germain ne sera pas basé sur l’argent.

Le marché ne le permet pas. 

Il n’y a que l’Olympique Lyonnais qui joue à ce jeu. Si ils veulent doubler le salaire de ces joueuses là, et bien qu’ils le fassent.

Où en est-tu de ta construction pour l’année prochaine ? 

Ces joueuses sont des joueuses attachées au Paris Saint Germain. Ce sont des filles intelligentes et on saura trouver de toute façon un terrain d’entente pour que ces joueuses là restent au Paris Saint Germain. Elles s’y sentent bien. Tout se passe bien. Je crois qu’il n’y a pas que l’argent qui doit attirer les gens aujourd’hui. Ce sont des filles en fin de carrière aussi. Elles ont beaucoup d’intérêt à rester au Paris Saint Germain.

Tu comptes certainement sur elles pour bâtir quelque chose d’intéressant en 2016.

Oui, mais elles comptent aussi sur moi et sur le club pour bien finir leur carrière. Il ne faut pas oublier que Shirley, on l’a rattrapé suite à la non reconduction de l’Olympique Lyonnais quand même. Il ne faut pas avoir la mémoire courte et je n’ai pas la mémoire courte. Je suis quelqu’un qui reste sur des positions d’éthiques importantes. Parler exclusivement de salaires et rester dans ce type de débat, uniquement sur le salaire, cela ne me va pas.

Il n’y a pas d’avenir à créer cette inflation ?

L’entraîneur que je suis ne va pas plier à la pression salariale. Je veux que mes joueuses soient bien traitées par le club et si on peut faire plus, on fera plus pour Shirley Cruz et Laure Boulleau mais on sera au juste prix.

Est-ce que tu penses qu’il y a des tiers qui interviennent pour créer une inflation et des rumeurs ?

On est pour la valorisation des joueuses. on est pas contre mais relatif à ce que représente la valeur économique du football féminin.
Oui, je suis en train de me battre pour expliquer que cela ne fonctionne pas comme cela. Et les agents veulent faire la même chose qu’ils ont fait avec les garçons. Tant que je suis à la tête de l’entité Paris Saint Germain avec Philippe Boindrieux, on a une vision des choses qui est complétement différente. On a un équilibre à respecter et le club qui nous impose, qui nous propose un budget, on le respectera et on fera une très bonne saison l’année prochaine mais on est pour la valorisation des joueuses, on n’est pas contre mais relatif à ce que représente la valeur économique du football féminin.

L’avenir est dans la durabilité de la professionnalisation du football féminin. Après l’Olympique Lyonnais, le Paris Saint Germain, Wolfsburg, le Bayern de Munich qui arrive, quand tous ces grands auront décidé que le football féminin soient comme cela, alors cela se fera naturellement.

Tu es toujours dans cette recherche d’internationales étrangères car tu as un regard mondialiste sur le football féminin. 

Le recrutement que l’on fera ne s’arrête pas à l’hexagone car les meilleures sont plus abordables à l’étranger que nos propres françaises. Je suis assez réaliste et j’essaye d’être très efficace sur ce que je fais. Quand je peux avoir Mittag au niveau d’une Laura Georges ou d’une Seger, alors je suis content, tout simplement.

Pourquoi les allemandes sont aussi peu chères ? 

Les allemandes comme les meilleures françaises chez nous sont relativement chers par rapport au marché. A quelques euros près, on est pas loin de la vérité. On n’est pas contre de servir les joueuses dans les meilleures conditions mais je pense que l’on est dans la bonne tranche. Les allemandes ne sont pas moins chères. Elles sont justes comme il faut et elles ne reviennent pas et ne discutent pas.

Est-ce que le marché va aller sur cette notion de transfert car la joueuse est rare.

Non les joueuses ne sont pas rares. Non, Non. On va voir que le Paris Saint Germain aura une très bonne équipe l’année prochaine sans avoir mis, pour une jeune joueuse plus de 100.000 € de transfert. C’est impossible. Cela s’est fait pour Marie Laure Delie mais elle a été très professionnelle. Elle a été très intelligente et si Marie-Laure continue avec le Paris Saint Germain encore quelques années, Marie Laure aura tout gagné et tout compris.

Elle voulait revenir sur Paris, c’est une parisienne. Cela se passe très bien et s’il y aura une prolongation de contrat pour Marie Laure, elle sera sur le long terme, gagnante. Et nous, on aura été dans la vérité là. Si on fait un transfert sur une joueuse, il se fera de manière intelligente.

Mais Mittag a été transférée. 

Oui mais cela a été très peu. La joueuse était potentiellement libre, ce n’était pas un souci. Pour nous, elle était libre.

Nous notre idée c’est vraiment faire durer nos joueuses au Paris Saint Germain le plus longtemps possible pour que de tout façon, même si elles ont atteint un certain âge, elles soient tranquillisées. C’est important quand même quand tu as un certain âge. Puis, c’est d’emmener nos jeunes joueuses le plus haut possible et c’est ce que je vais faire avec la nouvelle génération. On a fait signer cinq à six contrats fédéraux chez nos jeunes quand même : Anissa Lahmari, Cathy Couturier, Grace Geyero, Marie Antoinette Katoto, Perle Morroni, Hawa Sissoko, Gouthia Karchouni revient à son top niveau, on va la prolonger, Ouley Sarr aussi.

On est parisien d’abord avant tout. Ce sont des joueuses qui vont confirmer et à côté de cela on va récupérer des joueuses d’exception au prix des joueuses que l’on a chez nous. On ne sait pas faire autrement, voilà.

Tu vas garder l’essentiel de ton effectif et on peut dire que la plupart des parisiennes qui ont joué avec toi sont en équipe de France. C’est plutôt favorable. 

Moi quand je suis arrivé au club, pas une d’entre elles n’étaient encore internationales. Laure Boulleau n’était pas titulaire du tout. Aujourd’hui, on a Kheira Hamraoui, on a Kenza Dali, Laure Boulleau qui est devenu titulaire, Jessica Houara, Sabrina, c’est vraiment une vraie réussite. Pour nous, le travail de fond dans le football féminin est là. On est dans la réalité. Après, on a l’Olympique Lyonnais qui est un ours en face de nous. On ne tombera pas dans la facilité de payer, même si on en a les moyens, des sommes astronomiques.

Et on peut véritablement le faire.

On sait que vous pouvez le faire. On ne parle pas de moyens. On parle de vision des choses à court, moyen et long terme.

On parle de stratégies et de respect de ce qu’attendent de nous nos investisseurs.

Tu es le seul à utiliser ce mot là “investisseurs”. J’adore l’entendre, c’est un mot dont on entend jamais parler. je crois que c’est l’expérience qui te permet de le dire et tu sais que c’est une réalité et très très peu de gens dans le football parle comme cela. 

On a le respect des gens qui nous emploient. Pour moi, je ne vais pas faire croire n’importe quoi à mon Président et à ma direction pour dire que l’on va être champion du jour au lendemain car on aura recruté massivement et on aura dépouillé l’Olympique Lyonnais à coup de chéquiers. Je crois que ce n’est pas la vérité et je crois que si j’arrive à atteindre les objectifs de recrutement que je me suis fixé, avec les filles que je veux avoir au club, on aura une très très belle équipe.

Le reste est off.

William Commegrain lesfeminines.fr