Quelle surprise cette première convocation en Equipe de France B alors qu’elle débarque en France seulement en début de saison ! Danielle Tolmais, franco-américaine par son père, normand né à Deauville, a vécu toute sa vie à Saint-Louis dans l’état du Missouri “pas très connu mais une grande ville !” dira-t-elle dans un excellent français avec la pointe d’accent américain si agréable à nos oreilles.

A vingt deux ans, cette jeune joueuse qui adore “le football européen, la Ligue 1 et la Liga” vit sa vie comme une superbe aventure dont elle se veut être l’actrice, pas décontenancée par les décisions prises et déjà, avec l’esprit de se mesurer au football européen après une tentative au FFC Frankfurt quand elle avait dix huit ans !

Mais la France est pour elle, “le pays où il faut être en football féminin actuellement” et après avoir répondu aux injonctions de sa mère, pour lui demander de revenir à la maison finir ses études et diplômes et mettre un terme à l’Allemagne ; là voilà avec un démarrage au Havre en début de saison, une signature à Saint Malo, un transfert à Soyaux en Charente Maritime depuis Janvier, ses deux buts en trois matches, et pour finir par une sélection en B quarante cinq jours plus tard !

Pour Danielle, “l’Amérique ?! C’est la France !”. Interview !

Lesféminines.fr Bonjour Danielle, pouvez-vous vous présenter ? 

Danielle Tolmais. “Me présenter moi, c’est à dire qui je suis ? Alors je viens des Etats-Unis. Ma ville c’est Saint Louis dans le Missouri. ce n’est pas très connu mais c’est une grande ville. Mon père vient de France. De Normandie, il est né à Deauville et ma mère est née à Saint-Louis!”.

Lesféminines.fr Quel a été votre parcours ? 

Danielle : “Avec ma famille, le football est une grande chose. Mon frère a joué aussi. Pour mon père, le football était important. J’ai commencé petite, vers cinq ans et plus sérieusement à l’âge de huit ans dans un club. J’ai joué dans beaucoup de clubs au sein de ma ville et j’ai trouvé un excellent club où je suis restée quatre ans. A dix huit ans, j’ai tenté ma chance au FFC Frankfurt en Allemagne pendant six mois. Ma mère m’a demandé de revenir aux USA pour obtenir mes diplômes et je suis allée à l’Université de Saint Louis faire des études de communication et Marketing. En même temps, je jouais avec l’équipe universitaire de Saint Louis qui joue en D1 universitaire.

Lesféminines.fr Comment êtes vous venue à Soyaux ? 

Danielle : Je sais que la France est l’endroit où il faut être pour le football féminin. De plus, ce n’est pas trop difficile pour moi car je parle le français. Dès l’année dernière, j’ai contacté toutes les équipes et discuté avec les coaches. Sébastien Joseph m’a dit qu’il était très intéressé mais qu’il ne pouvait rien faire maintenant et qu’il essayerait plus tard. Alors je suis allée au Havre (DH) car j’avais ma famille à proximité. Mais Saint Malo m’a contacté et son Président m’a dit que je n’avais rien à faire en DH et qu’il fallait que je joue plus haut. A Saint-Malo. Alors j’ai signé à Saint-Malo où j’ai joué quatre mois (10 matches, 3 buts). Sébastien m’a recontacté et j’ai fait un essai d’une semaine et maintenant à la trêve de Janvier, me voilà à Soyaux !

Maintenant, j’apprends que je suis sélectionnée en Equipe de France B. C’est vraiment très bien pour moi.

Lesféminines.fr J’imagine que vous êtes contente ? 

Danielle : C’est incroyable ! Je suis montée très vite. Ce n’est pas si facile pour moi car j’avance sans repère. Je ne connaissais personne au niveau du football et il fallait que je fasse mes preuves, montrer mon niveau. C’est très bien et j’espère que ma première sélection va très bien se passer. Je vais m’entraîner et m’entraîner et j’espère que la suivante ou pour la prochaine saison, ce sera avec les A.

Lesfeminines.fr Ce serait incroyable ? 

Danielle : c’est sûr. C’est une aventure américaine ! Ma mère m’a dit de me préparer à écrire un livre ! Il n’y a personne qui a fait cela dans notre famille ! je suis très contente pour ma famille et pour mes amies.

Lesfeminines.fr Quel est votre avis sur le niveau du football français par rapport aux USA ?

Danielle : C’est très bien et c’est très nouveau pour moi. Aux USA, c’est beaucoup physique et un jeu plus direct. Ici, c’est tactique et technique et j’adore cela. C’est d’ailleurs pour cela que je suis là car dans la vie de footballeuse, je préfère la technique et le tactique mais j’ai aussi beaucoup de qualités physiques. Mon coach aime bien mon style car je peux jouer physique, battre et ce n’est pas toutes les attaquantes qui peuvent faire cela. Cela m’a donné un petit avantage.

Lesféminines.fr Vous pourriez avoir le même parcours que Lindsey Horan ? Sauf que là, ce sera avec l’équipe de France ! Ce n’est pas plus mal !

Danielle : Rires. Oui, c’est vrai. je suis très contente. Incroyable d’avoir vécu tout cela depuis six mois mais je veux monter. je ne suis pas du tout fini. Quand j’ai appris que j’étais en B, j’étais très contente. Mais je ne suis pas satisfaite. Je veux continuer de monter en A. J’ai des objectifs qui sont très grands et je veux continuer car je ne suis pas fini.

William Commegrain lesfeminines.fr

crédit photo : Maëlle Fonteneau